Aux enfers. 2. .Jurisconsulte célèbre
FEXELOX 531
principale de celui qui gouverne les peuples est de leur donner des lois qui règlent tout ensemble le roi et les peuples, pour les rendre bons et heureux. Commander des armées et remporter des victoires n'est rien en comparaison de la gloire d'un législateur. Mais, pour revenir à votre Tribonien, il n'a fait qu'une compilation des lois de divers temps qui ont souvent varié, et vous n'avez jamais eu un vrai corps des lois faites ensemble par un même dessein, pour former les mœurs et le gouvenement entier d'une nation : c'est un recueil de lois particulières pour décider sur les prétentions réciproques des particuliers. Mais les Grecs ont seuls la gloire d'avoir fait des lois fondamentales pour conduire un peuple sur ^ des principes philosophiques et pour régler toute sa politique et tout son gouvernement. Pour la multitude de vos lois que vous vantez tant, c'est ce qui me fait croire - que vous n'en av^ez pas eu de bonnes ou que vous n'avez pas su les conserver dans leur simplicité. Pour bien gouverner un peuple, il faut peu de juges et peu de lois. Il y a peu d'hommes capables d'être juges ; la multitude des juges corrompt tout. La multitude des lois n'est pas moins pernicieuse ; on ne les entend plus, on ne les garde ^ plus. Dès qu'il y en a tant, on s'accoutume à les révérer en apparence, et à les violer sous de beaux prétextes. La vanité les fait faire avec faste ; l'avarice ^ et les autres passions les font mépriser. On s'en joue par la subtilité des sophismes, qui les expliquent comme chacun le demande pour son argent ; de là naît la chicane, qui est un monstre né pour dévorer le genre humain. Je juge les causes par leurs effets. Les lois ne me paraissent bonnes que dans les pays où l'on ne plaide point et où des lois simples et courtes ont évité toutes les questions. Je ne voudi^ais ni dispositions par testament, ni adoptions, ni exhérédations, ni substitutions, ni emprunts, ni ventes, ni échanges. Je ne voudrais qu'une étendue très bornée de terre dans chaque famille ; que ^ ce bien fût inalié-
1. Sur. D'après. Cf. p. 125, n. 7. 5. Que. dépend de je voudrais.
2. Pour la multitude... c'est ce qui, qu'il faut tirer de je ne voudrais que. Quant à la multitude..., c'est cette La construction est irréguliére. — multitude même qui. Sur le verbe construit avecdeux com-
3. Garde. Observe. Cf. p. 318, n. 1. pléments de diverse nature, cf. p.