Pour avoir effacé. Parce que p. 136, n
puisqu'ils vous ont donné les places conquises ; mais une guerre injuste n'en est pas moins injuste pour être heureuse. Les traités de paix signés par les vaincus ne sont point signés librement. On signe le couteau sur la gorge ; on signe malgré soi, jDOur éviter de plus grandes pertes ; on signe comme on domie sa bourse, quand il faut la donner ou mourir. Il faut donc, sire, remonter jusqu'à cette origine de la guerre de Hollande pour examiner devant Dieu toutes vos conquêtes. Il est inutile de dire qu'elles étaient nécessaires à votre Etat : le bien d'autrui ne nous est jamais nécessaire. Ce qui nous est véritablement nécessaire, c'est d'observer une exacte justice...
Vous Cj[ui pouviez, sire, acquérir tant de gloire solide et paisible à être ' le père de tous vos sujets et l'arbitre de vos voisins, on vous a rendu l'ennemi commun de vos voisins, et on vous expose à passer pour un maître dur dans votre royaume. . .
Les alliés aiment mieux faire la guerre avec perte que de conclure la paix avec vous . . . Ainsi, plus vous êtes victorieux, plus ils vous craignent et -se réunissent pour éviter l'esclavage dont ils se croient menacés. Xe pouvant vous vaincre, ils prétendent du moins vous épuiser à la longue. Enfin ils n'espèrent plus de sûreté avec vous qu'en vous mettant dans l'impuissance de leur nuire. Mettez-vous, sire, un moment en leur place -, et voyez ce que c'est que d'avoir préféré son avantage à la justice et à la bonne foi.
Cependant ^ vos peuples, que vous devriez aimer comme vos enfants, et qui ont été jusqu'ici si passionnés pour vous, meurent de faim. La culture des terres est presque abandonnée ; les villes et la campagne se dépeuplent ; tous les métiers languissent, et ne nomTissent plus les ouvriers. Tout commerce est anéanti. Par conséquent, vous avez détruit la moitié des forces réelles du dedans de votre Etat pour faire et pour défendre de vaines conquêtes au dehors. Au heu de tirer de l'argent de ce pauvre peuple, il faudrait lu' faire l'aumône et le nourrir. La France entière n'est plus qu'un grand hôpital désolé et sans provisions. Les magistrats sont avihs
1. A être. En étant. Cf. p. 22, 2. En leur place. A leur place. Cf.