‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 480 sur 511 · Communautés. Nous disons corn- tique des lois · texte numérisé non relu

Communautés. Nous disons corn- tique des lois

mîmes. 4. La Motte, auquel écrit Fénelon,

était partisan des modernes.

propre, et je vous conjure de m'épargner. De mon côté, je vais vous répondre sur l'affaire du temps présent ^ d'une manière qui vous montrera, si je ne me trompe, ma sincérité.

Je n'admire point aveuglément tout ce qui \âent des anciens. Je les trouve fort inégaux entre eux. Il y en a d'excellents ; ceux mêmes qui le sont ont la marque de l'humanité, qui est de n'être pas sans quelque reste d'imperfection. Je m'imagine même que, si nous avions été de leur temps, la connaissance exacte des mœurs et des idées des divers siècles, et des dernières finesses de leurs langues, nous aurait fait sentir des fautes que nous ne pouvons plus discerner avec certitude. La Grèce, parmi tant d'auteurs qui ont eu leurs beautés, ne nous montre au-dessus des autres qu'un Homère, qu'un Pindare, qu'un Théocrite, qu'un Sophocle, qu'un Démosthène. Rome, qui a eu tant d'écrivains très estimables, ne nous présente qu'un Virgile, qu'un Horace, qu'un Térence, qu'un Catulle, qu'un Cicéron. Nous pouvons croire Horace sur sa parole, quand il avoue qu'Homère se néglige un peu en quelques endroits. Je ne saurais douter que la religion et les mœurs des héros d'Homère n'eussent des défauts; il est naturel qu'ils nous choquent dans les peintures de ce poète. Mais j'en excepte l'aimable simphcité du monde naissant : cette simphcitè de mœurs, si éloignée de notre luxe, n'est point un défaut, et c'est notre luxe qui en est un très grand. D'ailleurs, un poète est un peintre qui doit peindre d'après nature et observer tous les caractères.

Je crois que les hommes de tous les siècles ont eu à peu près le même fond d'esprit et les mêmes talents, comme les plantes ont eu le même suc et la même vertu ; mais j'estime que les Siciliens, par exemple, sont plus propres à être poètes que les Lapons. De plus, il y a eu des pays où les mœurs, la forme du gouvernement et les études ont été plus convenables que celles des autres pays pour faciliter le progrès de la poésie. Par exemple, les mœurs des Grecs formaient bien mieux des poètes que celles des Cimbres et des Teutons. Xous sortons à peine d'une étonnante barba-

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