‹ Le 19 janvier compte-rendu aux electeurs de la 3. circonscription de la SeineChapitre 4 sur 14 · CRITIQUE,. MAIS SURTOUT DES HOMMES DE JUSTICE · texte numérisé non relu

CRITIQUE,. MAIS SURTOUT DES HOMMES DE JUSTICE

Cette conduite à Textérieur ne pouvait pas être sans retentissement et sans conséquence à rintérieur. En effet, elle a amené des actes nombreux, que j'indique seulement, car ils sont récents. L^amnistie d^abord, puis une politique commerciale, libérale, progressive. Pour nous, la parole retrouvée avec la publicité de nos débats désormais reproduits dans leur intégrité, grâce à un système qui certainement a encore les imperfections des choses humaines, qui cependant, je n'hésite pas à le* déclarer, est un des meilleurs qui aient jamais été pratiqués dans les assemblées délibérantes. Enôn, le décret du 24 novembre, en nous donnant le droit de discu*

'.(0 I>émoeraHeet\Uàerfé,p. i5.

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ter une adresse^ en ramenant dans cette assemblée des ministres orateurs, opère une innovation

plus considérable et commence la responsabilité. Tous ces actes ont eu pour conséquence^ que les hommes qui aiment la* liberté et le pro* grès avant tout, et qui savent subordonner leurs désirs personnels au bien de la patrie, que tous ces hommes ont ressenti un mouvement d'espérance, et cette espérance nous l'avons ma- . nifestée publiquement. > (Séance du 4 février i863.)

« Oui, un gouvernement ne doit jamais suivre les partis extrêmes ; s'il les suivait, il cesserait d'être un gouvernement, il deviendrait une * aventure. On a comparé la société, avec raison, à une caravane en ifiarcbe : les uns vont trop vite, les autr£S s'attardent trop ; entre les deux est le gouvernement, retenant les uns et excitant les autres. Je concède même davantage, messieurs : toutes les fois qu'un dissentiment existe entre une opposition et un gouvernement sur la • * mesure des choses, sur l'opportunité des actes, eh bien 1 je le dis hardiment, moi, député de Topposition, il est supposable que c'est le gouver* nement qui a raison \ il a une responsabilité que nous n'avons pas, et qui peut lui faire trouver extrêmement difficile ce qui nous paraît aisé. Nous ne répondons que de paroles ^ il répond, lui, ce qui est beaucoup plus sérieux, de £aits auxquels sont attachées les destinées d'une na-

tion 1 C'est là, messieurs, le sens profond d'une parole de Mirabeau daiis laquelle on a eu tort de ne chercher qu'une épigramme, et qui contient une profonde vérité, c'est la vraie portée de la maxime connue :*< Un jacobin ministre ne "serait pas un ministre jacobin. » (Rires.) Aussi, messieurs^ chaque fois qu'entre le gouvernement et nous il n'y aura qu'une question d'opportunité et de mesure, je consens à avoir tort.

c Nous ne demandons pas au pays, après avoir tout supporté, de ne plus rien supporter du tout : une politique de cette nature ne servirait ni à la liberténi au progrès ;nous nele provoquons pas à une oeuvre de conspiration, mais à une œuvre d'émancipation constitutionnelle; nous l'engageons à bien se rappeler que, quand on a des moyens légaux à sa disposition, il y a qudque chose de plus sûr et de plus digne que d'attendre la liberté, c'est de la prendre; nous lui conseillons de ne pas oublier que si s'oppos£r

TOUJOURS* EST UN ACTE DE MAUVAISE FOI, ap^MTOUVet

quand même est une erreur, une Taiblesse, un mauvais calcul. Ainsi, ni opposition systématique, ni approbation systématique ; mais Tindépendancc et la justice pour être digne de la liberté. » (Séance du 4 février i863.)

* La conclusion de tout ceci, c'est que l'Angleterre n'a pas obtenu la liberté parce qu'elle a respecté la niaison de Hanovre; elle a respecté la maison de Hanovre, parce que ceiic-ci s est

manifestée à elle comme la meilleure sauvegardé de ses libertés. Donc vous déplacez la question, lorsque voiis venez offrir à la nation un contrat qui ne sexomprend pas et qui nous ramène aux pratiques du droit divin, au temps où un monarque traitait avec son peuple. Aujourd'hui rien de pareil. Les nations choisissent pour leurs représentants ceux qui peuvent le mieux les faire glorieuses, prospères et libres. La meilleure force pqur un gouvernement est dans la reconnaissance du peuple. Or ce ne sont pas des pa- .rôles, ce sont des bienfaits qui forcent Tadhésion, les sympathies et la reconnaissance du pays.

Voilà ce qui s'est passé en Angleterre. Voilà ce qu'aucun gouvernement n'a compris en France. Tous les souverains se sont préoccupés de fonder leur d3-nastie, et leur dynastie a été emportée; s'ils s'étaient préoccupés de fonder la liberté, la liberté les eût grandis et affermis. > (Même séance.)

En présence de ces citations, il est impossible à la prévention la plus obstinée de nier que ma conduite, lors de la loi des coalitions et au 19 janvier, n'ait été i:onforme à ces déclarations si nettes et multipliées jusqu'au superflu. Aussi, quoique ce volume de Démocratie et Liberté soit publié depuis le 21 mai 1867, personne n'a encore relevé le défi qu'il contient et que je renouvelle : « Si quelqu'un, après la publication des documents que je vous soumets, persistait

à vous dire que je n'ai pas été invariablement attaché à la même cause, infatigablement dévoué à la même idée, demandez-lui de préciser le jour, rheure, roccasion où Ton m'a vu fléchir. Je provoque à voix haute toutes les contradictions, même celles de la mauvdse foi et de la haine^i et je les attends sans crainte. » L'objection unique qu'on m'ait adressée a été celle<i : c La finesse de M. OUivier a consisté à supprimer de son livre toutes ses manifestations politiques antérieures au<lécret du 24 novembre 1860. Avec ce point de départ, la décadence politique de M. OUivier est en effet moins apparente. Pour la vérité de T histoire, il faut reprendre les choses d'un peu plus haut. » En fût-il ainsi, en quoi cela m'atteindrait-il î fut-il vrai qu'à partir du 14. mars 1861 ma politique ait été différente de celle que j'avais suivie jusqu'alors, qu'en conclure contre moi ? Mes électeurs n'étâient-ils pas avertis? S'ils m'ont renommé en 1 86 3, malgré le changement que j'avais opéré en 1861, et que

. je n^avais cessé d^accentuer depuis, n^est-ce pas parce qu'ils ont approuvé ce changement et qu^ils m'ont autorisé à y persister? Je ne dis ceci, que par dilettantisme logique, car je viens

. de prouver que, loin de redouter qu'on remontât plus haut, j^y étais le premier intéressé, et que^ le 14 mars 1861*, il n'y a pas eu transformation mais développement de mes idées antérieures.

Aussi aurais-je été empressé de joindre à mon

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volume tous mes discours, depuis mon eatrée au corps législatif, sans Pobstacle que j^ai trouVé daûs Tarticle 80 du décret organique : « Tout membre peut faire imprimer et distribuer, à ses frais, lè discours qu'il aura prononcé et qui aura été reproduit par la sténographie officielle, après en avoir obtenu Tautorisation d'une cpmmissicm composée du président du corps législatif et des présidems de chaque bureau. Cette autorisation doit être approuvée par le corps législatif. » Or, rautorisation d'imprimer mes discours m'a été constamment refusée jusqu^au 14 mars 1861.

Cela m'est encore arrivé depuis : ainsi je préviens mes critiques qu'ils ne trouveront pas dans mon prochain recueil le discours que j'ai prononcé, dans la session de 1868, sur l'antagonisme de M. Pinard et de M. de Saint-Paul; l'autorisation de le publier m'a été refusée.

Le côté ma conduite politique que je viens d'exposer a été systématiquement omis par ceux qui m'ont attaqué, soit du côté du gouvernement, soit du côté de l'opposition. Comment aurait-on pu, en effet, sans cet artifice, parler de ma mobilité? J^ai dû remettre en pleine lumière ce qui avait été rejeté dans Foo^bre. Qu'on ne suppose pas pourtant que je désavoue, dans ma conduite de cette époque, la partie de Tattaque, celle qui a été davantage laissée en relief. Je la réclame au contraire comme un de mes meilleurs' titres à la bienveillance de mes concitoyens.

Moiî approbation n'est loyale que parce qu'elle n'est pas constante, elle n'est honorable que parce qu'elle n'a jamais amolli Tardeur de mes revendications libérales.

Après comme avant 1861, je n'ai cesse de tenir Taiguillon en main et d'en user avec rudesse; je n'ai cessé de réclamer la liberté des élections, la liberté de la presse, la liberté municipale, la liberté sans épithète, suivant une expre^ion qu'on m'a souvent empruntée depuis; la responsabilité des agents du pouvoir, la paix, Tordre dansles finances, la moralité dans les affaires, Tamélioration matérielle et morale du sort du plus grand nombre ; la liberté sans le désordre, mais l'ordre sans le diespotisme.

(Séances des 17 février, 28 février iSdq, 10 juillet i6bOy 3 et 4 février i863). J'ai attaqué la conversion de M. Fould au nom de l'article 4 1 q du code pénal (Séances du 8 février, 21 juin 1862); les conventions avec* la compagnie du Midi (Séance -du 6 mai 1 863)^ et celles avec le Grand-Central (17 mai 1859) au nom de la probité publique. * J 'ai défendu la spécialité financière (26 juin 1860), réclamé le contrôle des citoyens dans Fadministration de la ville de Paris (ig juillet 1860). J'ai signalé le défaut d'équilibre de nos budgets, établi qu'ils étaient à la fois en découvert et en déficit. J'ai révélé la contradiction qui existait entre M. Magne, le ministre TaïU-Mieux^QtM,. Vou\dy\Q minislre

Tant-Pis^ et indiqué la véritable cause de notre malaise financier : « Cette paix indécise et sans sécurité, d'où Ton craint de voir sortir la guerre et qui cependant n'est pas la guerre ; cette paix qui ressemblé aux temps orageux où les nuages, chargés de tempêtes et d'électricité, passent audessus de nos têtes sans éclater, mais en énervant, en fatiguant, en ôtant les forces (6 juin i86i), » J'ai attaqué la manie funeste de faire suivre les dépenses improductives de la guerre par les 'dépenses improductives de la paix, et d'imiter cet agriculteur qui, au lieu de faire succéder sur un même sillon une récolte à une autre, ou de * laisser reposer sa terre, y sèmerait du blé sans interruption. (Séance du 8 février i8Ô2.) Avant qu'un membre nouveau de Topposition prononçât le mot de vie à outrance, j'avais supplié le gouvernement de cesser,, c de bâtir à ou* trance, de dépenser k dhtrance, dVmprunter à outrance. » (Séance du 8 février 1862.) Je disais à ceue occasion : c Faire passer dans on pays un chemin de fer, c'est comme si dans le désert de Sahara on faisait subitement couler un beau fleuve ; lorsqu'au contraire *animé par le fanatisme sans mesure de la ligne droite (rires), on ne songe qu'à élever des constructions que les motifs d'hygiène publique ne justifient même plus, alors on crée un danger sérieux pour les finances d'un pays. » Et je rappelais les dernières paroles adressées par Louis XIV mourant

à son successeur : « Ne mUmitez pas dans le goût que j'ai eu' pour les bâtiments^ ni dans celui qué j'ai eu pour la guerre; tâchez de soulager vos peuples^ ce que j'ai été assez malheureux pour n^ayoir pu fiâire. » (Séances des 6 juin 1861 et 26 mai 1859). Retranché derrière l'autorité de Turgot, je me suis opposé à la création de nouveaux impôts, aux emprunts, et à cett?e espèce de banqueroute qui consiste à imposer la rente.

(Séances des 8 février et 2t juin 1862.) Je n'ai négligé aucune occa^on de signaler Tmcertitude et la mobilité qui caractérisaient la conduite, financière du gouvernement aussi bien que sa conduite politique: « L'empire a été d'abord un gouvernement absolu ; il est aujourd'hui un gouvernaient contradictoire. Je lui demande de devenir un gouvernement régulier, un gouvernement constitutionnel. » (Séance du 4 févriep 186S.) Prévoyant lés conséqiiences d^une résistance prolongée aux vœux progressifs du pàys, j^en ai rendu responsable le gouverne»

ment, et malgré les murmures, j'ai maintenu la maxime suivante ; « Une révolution est un mal, parce qù^elle est un désordre^ parce qu'elle entraîne une interruption de travail, et surtout parce qu'elle lance dans un redoutable inconnu* Mais, retenez-le bien, messieurs, les véritables coupables d'une révolution, ce ne sont pas ceux qiiî Taccomi^issent (bruit) : ce sont ceux qui; par leur résistance obstinée, l'ont rendue nécessaire ! *

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Jè suis convaincu, c^est Tinspiradon ar« dente de mes convictions politiques, qu'il n'y a de vrai en ce monde qm ce qui peut subir la contradiction, c'est pour cela que j^aîme la liberté. Si votre gouvernement est aussi fort que vous le prétendez, s'il est soutenu par une adhé^ sion unanime, vous n'avez qu'une preuve à en donner; ^permettez à la liberté une contradiction réelle. » (Séance du 5 février i863.) -

On a défendu peut-être et exalté la liberté avec des accents plus éloquents, on ne Ta jamais fait avec, des accents plus convaincus que lorsque je répondis à M. Baroche, dans la séance du 5 février 1 863 : « Les excès de là liberté^ m(oi aussi je les connais comme lui, et je les déteste. (Très-bien !) Mais je crois de plus que lui que, de même qu^on ne proscrit pas le feu parce qu'il brûle en même temps qu'il réchauffe, de même qu'on ne repousse pas la religion parce qu^elie a de mauvais prêtres, et la justice^ parce quVUe rend de mauvais arrêts ^ de même qu'on ne condamne pas le mariage parce qu'il y a des adultères; de même qu'on ne refuse pas de commencer une navigation parce que, sur la mer. Ton peut trouver les tempêtes au lieu des vents propices et des nuits étoilées... (Interruption.) Oh ! jnessieurs, vous ne m'empêcherez pas de poursuivre. (Parlez! parlez!) De même on ne doit pas proscrire la liberté parce qu'elle a ses excès ! Dans toutes les cl^osea qui sont de ce monde,

messieurs, à côté du bien se trouve le mal. Il faut avoir le courage viril, quand on poursuit le

bien, d'accepter les conditions difticiles de luttes, d'eiibrts, qui sont la beauté, la gloire, la dignité des hautes entreprises. — D ailleurs, je vous le demande, à vous qui nous contestez la liberté, à vous qui prétendez que les bienfaits peuvent en être rd uses aux nations, à qui donc, je vous }e demande, conâez-vousla direction dés gouver* nements? Ne la confiez-vous pas à des hommes? Est-ce que ces hommes ont été créés d'une autre manière que nous ? Est-ce que dans la Genèse il est écrit que Dieu, après avoir créé les sujets, a créé ceux: qui les gouverneraient ? Est-ce que^ comme nous. Us . ne sont pas exposés à Terreur, aux défaillances, à Tégarement, à toutes les causes qui entraînent nos volontés^ qui cor* rompent notre jugement, qui nous empêchent ou de poursuivre la vérité ou de la voir, ou de rappliquer intrépidement? £st«ce que vous, vous qui avez le redoutable honneur, la périlleuse mission de diriger les autres, est-<e que vous ne trouvez pas^ dans votre élévation même, une cause plus dangereuse de faiblesse? Est-ce que vous n'avez pas lu, entendu les avertisse» ments qui circulent à travers les siècles, dans les écrits de tous les politiques et de tous les moralistes ï Est-ce que vous n'avez pas appris que plus on est élevé au-dessus des autres, plus on est trompé, parce que plus que les autres

on est entouré d'ambitions personnelles, de itatteurs, d'homintes .intéressés à ce que la vérité ne soit ni confiue ni aceoeiHie? Est-ce que vous ne s^vez pas ce qu'il y a de terrible et de fasr cinateor à la fois dans la solitude de la toutepuissance? Est-ce que vous pouvez ignorer qu'il n'y a qu'un remède à un tel mal, et que ce remède c^est la liberté? La liberté non pas sans frein, comme vous l'avez dit, non pas la liberté absolue , mais la, liberté comme l'a dit, l'Empereur, dont vous avez pour mandat de nous porter la parole, la liberté sans restriction^ la liberté réelle, la liberté entière, non la liberté anglaise, mais la liberté française, celle de nos pères, celle de 89, la liberté source de maux, mais aussi source intarissable de grandeur, de prospcritc et de biens. (Séance du 5 février 186 3.) . *

A^la veille du 24 novembre, je reconquis le droit parlementaire d'examiner à propos du budget toutes les questions de politique intérieure et extérieure. M. de Morny me le contesta avec insistance ; je fus plus insistant que lui, )e l'emportai (séance du 16 juillet 1860), et la conquête a été définitive.

Après le décret, je compris le parti que nous pouvÎQifô tirer des droits d^amendement, et je ,

proposai à mes amis décondenser chaque année nos principes en quelques formules saisissantes. Quand nous l'eûmes fait, M. Dupin, qui ine

portait quelque intérêt, me rencontrant dans

1 hémicycle, me dit : Pourquoi donner au public le moyen de vous compter? Après un discoursqui aura produit de Tcffct, il peut croire que vos adhérents dans la chambre sont nombreux; pourquoi le détromper et lui révéler votre petit nombre? — Pourquoi! lui répondis- je ; parce que nous voulons qu'on dise maintenant et toujours les Cinq \ parce que nous voulons qu'on ne puisse plus écrire une histoire de Tempire sans nommer les Cinq ; parce que nous voulons créer une légende.

Chaque année, à Touverture da la session, nous renouvelions notre programme. Les idées étaient les mêmes, la forme variait suivant les circonstances; elle était toujours très»incisiv«, et je n'étais pas celui qui y contribuât le moins. J'ai toujours estimé qu'on devait relever la modération des doctrines par la vivacité de la forme et ne pas laisser aux idées déraisonnables le bénéfice de Timpétuosité et de la passion. Je ne saurais exprimer la satisfaction que je viens d'éprouver à relire cette série d'amendenfients. Alors, ils étaient des hardiesses ; en quelques points ils sont devenus des réalités ; ils le deviendront sur tout le reste. J'entends sans cesse demander un programme : le vrai programme démocratique et libéral existe, il a été • formulé par les Gnq ; l'introduire dans les faits a été mon uni({ue visée^ il a été toujours pour

moi la loi et les prophètes. Je ne m'en suis écarté à propos de la presse que pour l'élargir par la suppression des délits de la pensée et rétablissement du droit commun, et je ne doute pas que, si nous avions pu en délibérer coonmie autrefois, cet agrandissement de la doctrine primitive n'eût été admis par mes amis, comme il vient de Tètre par les hommes ^d'État de l'Espagne.

LES Élections oti i863. — Ma profession de foi. — Une lettre à M. Gabriel Picard. — Je suis nommé. — L'attitude que je prends dans hi nouvelle chambre n*est que la continuation de celle que j'avais dans Tancienne. — En quoi l'opposition' de i863 diffère de l'opposition des Cinq.

Devant les électeurs, je ne me montrai pas

différent de ce que j'avais été devant mes collègues: mes. professions de foi en témoignent. Le i5 mai ï863, f écrivais aux électeurs du Var : « Si Ton vous demande ce que vous voulez, répondez : la liber U par les moyens conslitutionnels et légaux^ le couronnement de r édifice jStlon les paroles mêmes de l'Empereur.* Le 22 mai, je disais aux électeurs du 'Havre: <( J'ai cté l'un des Cinq. Ces simples mots vous disent quels ont été mes principes. J'ai été l'un des Cinq : c'est-à-dire qu'également éloigné de

toutes les exagérations^ ferme mais modéréy j'ai poursuivi infatigablement, pendant six années, l'alliance de la démocratie et de la liberté. » Enfin voici la circulaire que, le 25 mai i863, l'adressai aux électeurs de Paris :

« Electeurs, je n^ai plus à vous raconter mes actes et à vous exposer mes doctrines. — Vous connaissez notre but : l'alliance de la démocratie et de la liberté. — Vous n'avez pas oublié notre moyen: la justice. — Sans la démocratie, la liberté n'est que le privilège pour quelques-uns^ sans la liberté, la démocratie n'est que Poppression pour tous ; je ne veux ni le privilège ni l'oppression. — Admirer toujours est servile ; blâmer quand même est injuste : je ne veux ni l'approbation systématique, ni Topposition systématique. — Qui oserait nier maintenant les succès de cette politique ? Nous sommes entrés trois au corps législatif; l'année suivante nous étions cinq \ aujourd'hui qui ne désire imiter notre exemple ? — Depuis i852^ l'abstention nous énervait; l'action nous a rendu des forces. Aujourd'hui la France se réveille, se cherche et se retrouve. — A vous, électeurs de Paris, l'honneur d'avoir commencé ce mouvement ! A vous le devoir de le continuer ! — Pour cela, il faut de la fermeté et .de Punion. La fermeté, je suis certain que vous l'avez; sachez aussi être unis. On recherche ce qui nous sépare, ne voyez que ce quinous rapproche. — Oublions nos divisions'

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