‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 105 sur 305 · C.f. dans Marion Delorme, les vers de Didier · texte numérisé non relu

C.f. dans Marion Delorme, les vers de Didier

Ai-je droit d'accepter ce don de -son amour Kt de mêler ma brume et ma nuit A son jour ?

(Acte I, scène m.)

2. Petite ville de la Vieille Qis- Madrid, une dans celle de Jaen, etja tille. troisième près de Sèville. f

3. Il y a en Iv>pagne trois villes 4. V choisir ou du sang oulites de ce nom, une dans la province de pleurs. Y faire choix entre l'un et

l'autre.

iU LE XIXe SIÈCLE PAR LES TEXTES

Epouse le vieillard, te dis-je, il te mérite !

Eh ! qui jamais croira que ma tête proscrite

Aille avec ton front pur ? qui, nous voyant tous deux,

Toi, calme et belle, moi, violent, hasardeux,

Toi, paisible et croissant comme une fleur à l'ombre,

Moi, heurté dans l'orage à des écueils sans nombre.

Qui dira que nos sorts suivent la même loi ?

Non, Dieu qui fait tout bien ne te fit pas pour moi.

Je n'ai nul droit d'en haut sur toi, je me résigne !

J'ai ton cœur, c'est un vol ! je le rends au plus digne.

Jamais à nos amours le Ciel n'a consenti.

Si j'ai dit que c'était ton destin, j'ai menti !

D'ailleurs, vengeance \ amour, adieu ! mon jour s'achève,

Je m'en vais, inutile, avec mon double rêve.

Honteux de n'avoir pu ni punir, ni charmer ^,

Qu'on m'ait fait pour haïr, moi qui n'ai su qu'aimer !

Pardonne-moi, fuis-moi ! ce sont mes deux prières.

Ne les rejette pas, car se sont les dernières !

Tu vis, et je suis mort. Je ne vois pas pourquoi

Tu te ferais murer dans ma tombe avec moi !

DONA SOL

Ingrat !

HERNANI

Monts d'Aragon ! Galice ! Estramadoure ! Oh ! je porte malheur à tout ce qui m'entoure ! — J'ai pris vos meilleurs fils ; pour mes droits, sans remords, Je les ai fait combattre, et voilà qu'ils sont morts. C'étaient les plus vaillants de la vaillante Espagne ! Ils sont morts ! Ils sont tous tombés dans la montagne, Tous sur le dos couchés, en braves, devant Dieu, Et, si leurs yeux s'ouvraient, ils verraient le ciel bleu ! Voilà ce que je fais de tout ce qui m'épouse ^ ! Est-ce une destinée à te rendre jalouse ?

1. Le bandit Hernani est en a été envoyé à i'échataud par celui réalité don Juan d'Aragon; son père de don Carlos. Cf. acte l, scène iv ;

Un poignard à la main, l'œil fixé sur ta trace, Je vais ! Ma race en moi poursuit en toi ta race!

2. Hernani a su charmer. Mais il 3. M'épouse. Ce mot qu'Herest maintenant dans un accès de nani emploi dans le sens figuré, sombre exaltation, et dona Sol va s'applique dans le sens propre à dofia lui reprocher justement son ingra- Sol.

lUude.

VICTOK HUGO Uj

I)(tna Sol, j)ronds le duc, prends l'enfer, prends le roi !

C'est bien. Tout ce qui n'est pas moi, vaut mieux que moi !

Je n'ai plus un ami qui de moi se souvienne,

Tout me quitte ; il est temps qu'à la fin ton tour vienne,

Car je dois être seul. Fuis ma contagion.

Ne te fais pas d'aimer une religion !

Oh ! par pitié pour toi, fuis ! — Tu me crois peut-être

Un homme comme sont tous les autres, un être

Intelligent, qui court droit au but qu'il rêva.

Détrompe-toi. Je suis une force qui va !

Agent aveugle et sourd de mystères funèbres !

Une âme de malheur faite avec des ténèbres !

Où vais-je ? je ne sais K Mais je me sens poussé

D'un souffle impétueux, d'un destin insensé.

Je descends, je descends, et jamais ne m'arrête.

Si parfois, haletant, j'ose tourner la tête,

Vue voix me dit : « Marche ! » et l'abîme est profond.

Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond !

Ce|>endant, à l'entour de ma course farouche.

Tout se brise, tout meurt. Malheur à qui me touche !

Oh ! fuis ! détourne-toi de mon chemin fatal.

Hélas ! sans le vouloir, je te ferais du mal ^ !

DONA SOL

Grand Dieu !

HERNANI

C'est un démon ^ redoutable, te dis-je, Que le mien. Mon bonheur, voilà le seul prodige Qui lui soit impossible. Et toi, c'est le bonheur î Tu n'es donc pas pour moi ! cherche un autre seigneur !

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