Cf., dans Marion Delorme, le vers de Didier
J'ignore d'où je viens et j'ignore où je vais.
(Acte III, scène vi.)
2. Pour tout ce couplet, cf., dans Andromaque, les vers d'Orcste :
(Irâce aux <lieux. mon malheur passe mon espérance. Oui, je te loue, ô ciel, de ta persévérance. .Appliqué sans relâche au soin de nie punir, Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir. Ta haine a pris plaisir à former ma misère, etc.
(Acte V, scène v.)
,3. Démon. Génie qui préside aux il y a aussi quelque chose d'infernal destinées de chaque homme ; mais dans le sort d'Memani. Cf. la suite.
Va, si jamais le ciel à mon sort qu'il renie ^ Souriait... n'y crois pas ! ce serait ironie. Epouse le duc !
DONA SOL
Donc ce n'était pas assez !
Vous aviez déchiré mon cœur, vous le brisez. Ah ! vous ne m aimez plus !
HERNANI
Oh ! mon cœur et mon âme, C'est toi ! l'ardent foyer d'où me vient toute flamme, C'est toi ! ne m'en veux pas de fuir, être adoré !
DONA SOL
Je ne vous en veux pas. Seulement, j'en mourrai.
HERNANI
Mourir ! pour qui ? pour moi ? se peut-il que tu meures Pour si peu ?
DONA SOL, laissant éclater ses larmes.
Voilà tout.
{Elle tombe sur un fauteuil.)
HERNANI, s'' asseyant prés décile.)
Oh ! tu pleures ! tu pleures !
Et c'est encor ma faute ! et qui me punira ? Car tu pardonneras encor ! Qui te dira Ce que je souffre au moins, lorsqu'une larme noie La flamme de tes yeux dont l'éclair est ma joie . Oh ! mes amis sont morts ! Oh ! je suis insensé ! Pardonne. Je voudrais aimer, je ne le sai - ! Hélas ! j'aime pourtant d'une amour ^ bien profonde ! — Ne pleure pas, mourons plutôt ! — Que n'ai-je un monde ? Je te le donnerais ! Je suis bien malheureux !
1. Renie. Cf. la note précédente. 3. D'une amour. Archaïsme ; en- C'est l'enfer, non le ciel qui lui a core au XVII« siècle, le mot s'emfait son sort et le ciel ne reconnaît ployait très souvent comme fémipas ce sort pour son œuvre. nin ; il est resté de ce genre au
2. Sai. Vieille orthographe, con- pluriel, servée par « licence poétique ».
VICTOR nuc.o U7
DONA SOL 8e jettant, à son cou.
Vous êtes mon lion superbe et généreux ' ! Je vous aime.
HERNANI
Oh ! l'amour serait un bien suprême, Si l'on pouvait mourir de trop aimer !
DONA SOL
Je t'aime !
Monseigneur, je vous aime et je suis toute à vous.
HERNANI, laissant tomber sa tête sur son épavZé. Oli ! qu'un coup de poignard de toi me serait doux !
DONA SOL, suppliante.
Ah ! ne craignez- vous pas que Dieu ne vous punisse De parler de la sorte ?
HERNANI, toujours appuyé sur son sein.
Eh bien ! qu'il nous unisse !
Tu le veux. Qu'il en soit ainsi ! — J'ai résisté !
{Tous deu^, dans les bras Vun de Vavire, se regardent avec extase, sans voir, sans entendre et comme absorbés dans leur regard. — Entre Don Ruy Gomez par la porte du fond. Il regarde, et s'arrête comme pétrifié sur le seuil.)
{Hemani, acte III, scène IV; Hetzel, éditeur.)
1. /,«•« A/t'rnoire.s d'Alexandre Du- vers? — Si fait. Madame; seule-
nias. cités d'ailleurs dans Victor ment, mon lion relève le vers et mon
}Iiigo raconté par un témoin de sa seigneur l'aplatit. — - C'est bien, c'est
iiir, nous apprennent quelles dif- bien... Ne nous fâchons pas... On
llcultés M"' Mars lit au poète pour dira votre vers sans y rien changer !
ce vers. « ICn vérité, tlisnit-elle, cela — Allons, Firniin, mon ami, con-
me semble si drôle d'appeler M. l'Ir- tinuons...
nnn (^l'auteur qui jouait Hernani) Le jour de la représentation,
mon lion I » Et elle proposait de rem- M'" Mars n'en substitua pas raoin&
placer lion par seigneur. — « Est-ce seigneur à lion. que mon seigneur ne fuit pas le