Quelques lignes plus bas, cupe
ALFRED DE VIG.W Vu
» Ne m'attachaiit, pour cette première fois, qu'à la question du style, j'ai voulu choisir une composition consacrée l)ar plusieurs siècles et chez tous les peuples.
» Je la donne, non comme un modèle pour notre temps, mais comme la représentation d'un monument étranger, élevé autrefois par la main la plus puissante qui ait jamais créé pour la scène, et selon le système que je crois convenable à notre époque, à cela près des différences que les progrès do l'esprit général ont apportées dans la philosophie et les sciences de notre âge, dans quelques usages de la scène et dans la ciiasteté du discours.
Ecoutez ce soir le langage que je pense devoir être celui de la tragédie moderne ; dans lequel chaque personnage parlera selon son caractère, et. dans l'art comme dans la vie, passera de la simplicité habituelle à l'exaltation passionnée, du récitatif au chant... »
... Grâce au ciel, le vieux trépied des unités sur lequel s'asseyait Melpomène *, assez gauchement quelquefois, n'a plus aujourd'hui que la seule base solide que l'on ne puisse lui ôter : l'unité d'intérêt dans l'action. On sourit de pitié quand on lit dans un nos écrivains : Le spectateur n'est que trois heures à la comédie ; il ne faut donc pas que faction dure plus de trois heures ^ Car autant eût valu dire « Le lecteur ne met que quatre heures à lire tel poème ou tel roman ; il ne faut donc pas que son action dure plus de quatre heures '. »
Cette phrase résume toutes les erreurs qui naquirent de la première. Mais il ne suffit pas de s'être affranchi de ces entraves pesantes; il faut encore effacer l'esprit étroit qui les a créées.
Venez et qu'un sang pur, par mes mains épanché. Lave jusques au marbre où ses pas ont touché *.