Les nestoriens, disciples de tulé l'An
Nestorius, patriarche de Constanti- 5. Du roi de France, fils aîné
nople au V« siècle, ne reconnaissaient de l'Eglise.
JOSEPH DE MAlSTIiE 309
XVIIP siècle surpasse infiniment toutes les autres, parce qu'elle y a beaucoup ajouté, et ne ressemble aux persécutions anciennes que par les torrents de sang qu'elle a versés en finissant. Mais combien ses commencements furent plus dangereux ! L'arche sainte ^ fut soumise de nos jours à deux attaques inconnues jusqu'alors : elle essuya à la fois les coups de la science et ceux du ridicule. La chronologie, l'histoire naturelle, l'astronomie, la physique, furent, pour ainsi dire, ameutées contre la religion. Une honteuse coalition réunit contre elle tous les talents, toutes les connaissances, toutes les forces de l'esprit humain. Les femmes, qui peuvent tout pour le mal comme pour le bien, lui prêtèrent leur influence ; et, tandis que les talents et les passions se réunissaient pour faire en sa faveur le plus grand effort imaginable, une puissance d'un nouvel ordre s'armait contre la foi antique : c'était le ridicule. Un homme unique * à qui l'enfer avait remis ses pouvoirs se présenta dans cette nouvelle arène et combla les vœux de l'impiété. Jamais l'arme de la plaisanterie n'avait été maniée d'une manière aussi redoutable, et jamais on ne l'employa contre la vérité avec autant d'effronterie et de succès. Jusqu'à lui, le blasphème, circonscrit par le dégoût, ne tuait que le blasphémateur ; dans la bouche du plus coupable des hommes il devint contagieux en devenant charmant. Encore aujourd'hui l'homme sage qui parcourt les écrits de ce bouffon sacrilège pleure souvent d'avoir ri. Une vie d'un siècle lui fut donnée, afin que l'église sortît victorieuse de trois épreuves auxquelles nulle institution fausse ne résistera jamais : le syllogisme, l'échafaud et l'épigramme.
Les coups désespérés portés, dans les dernières années du dernier siècle, contre le sacerdoce catholique et contre le chef suprême de la religion, avaient ranimé les espérances des ennemis de la cfiaire éternelle ^. On sait qu'une maladie du protestantisme, aussi ancienne que lui, fut la manie de prédire la chute de la puissance pontificale. Les erreurs, les bévues les plus énormes, le ridicule le plus solennel, rien n'a