PERORAISON DE L'ORALSON FUNEBRE DU GENERAL DROUOT
Et maintenant. Messieurs, que nous avons achevé l'éloge du général Drouot en rendant grâce à Dieu qui nous l'avait donné, que reste-t-il, sinon de lui dire cette parole suprême, par où doivent se clore ici-bas toute vie, toute amitié, toute admiration ? Recevez-la, général ; recevez ce second adieu que nous avons voulu vous faire en présence des autels du Dieu véritable, devant les images et les réalités d'une foi qui vous fut commune avec nous. Il nous eût été facile d'appeler autour de votre tombeau les mânes chrétiens de vos anciens frères d'armes, et de mêler votre gloire avec la leur dans un spectacle solennel ^. Même, nous eussions appelé le héros dont vous fûtes l'ami ; il n'eût pas dédaigné de venir à vos funérailles comme vous étiez venu à ses malheurs ^. Mais tant de pompe eût alarmé la chaste modestie de votre âme ; vous nous eussiez reproché de troubler pour vous la paix des morts et des grands souvenirs. Nous ne le ferons pas ; nous voulons obéir à vos vertus jusque dans la tombe qui les recouvre, et
1. Général du premier Empire, funèbre de Condé par Bossuet. 1774-1847. 3. Drouot avait accompagné Na-