‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 26 sur 305 · Personnification du maliieur · texte numérisé non relu

Personnification du maliieur

Quand cela fut fait, on entra dans la maison, où se préparait le repas de l'hospitalité. Un homme et une femme parurent, portant deux grands vases d'airain pleins d'une eau échaufifée par la flamme. Le serviteur lava les pieds de Démodocus ; la servante, ceux de la fille de Démodocus ; et, après les avoir oints d'une huile de parfums d'un grand prix, elle les essuya avec un lin blanc. La fille aînée de Lasthénès, du même âge que Cymodocée, descendit dans un souterrain frais et voûté. On conservait dans ce lieu toutes sortes de choses pour la vie de l'homme. Sur des planches de chêne attachées aux parois du mur, on voyait des outres remplies d'une huile aussi douce que celle de l' Attique ; des mesures de pierre en forme d'autel, ornées de têtes de lion, et qui contenaient la fine fleur du froment ; des vases de miel de Crète, moins blanc, mais plus parfumé que celui d'Hybla ^, et des amphores pleines d'un vin de Chio devenu comme un baume par le long travail des ans. La fille de Lasthénès remplit une urne de cette liqueur bienfaisante, propre à réjouir le cœur de l'homme ^ dans l'aimable familiarité d'un repas.

Cependant les serviteurs ne savaient s'ils devaient apprêter le festin sous la vigne ou sous le figuier comme dans un jour de réjouissance. Ils vont consulter leur maître : Lasthénès leur ordonne de dresser dans la salle des Agapes ^ une table d'un buis éclatant. Ils la lavent avec une éponge, et la couvrent de corbeilles d'osier, pleines d'un pain sans levain, cuit sous la cendre. Ils apportent ensuite, dans des plats d'une simple argile, des racines, quelques volatiles et des poissons du lac Stymphale *, nourriture destinée à la famille ; mais on servit pour les étrangers un chevreau qui avait à peine goûté l'arbousier du mont Aliphère et le cytise du vallon de Mélénée ^

{Les Martyrs.)

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