Sfrafford était coupable de condamné
tous les actes criminels qui avaient 4. La science Juridique.
LE XI\* SIÈCLE PaB les TCXTSS. — t9
traître et un coupable. Comme il y avait dans sa conduite des crimes que les lois n'atteignent point, de même il y avait dans son caractère des qualités que n'atteignent ^ point ses crimes. Fier et passionné, il s'égara sans jamais s'abaisser ; infidèle à la cause de son pays, il se dévoua sans réserve, quel que fût le péril, à la cause de son maître ; ambitieux, capricieux, déréglé, il savait pourtant aimer, estimer, résister, et servir le roi contre la cour, et, tout en poussant avec ardeur sa fortune, braver de puissantes défaveurs. Sans doute, il portait sur les droits et les intérêts de l'Angleterre un jugement bien moins pur, bien moins juste que Falkland et Hampden ^ ; cependant il ne faut pas croire que tout fût erreur dans sa pensée politique : bien des choses, et de très importantes, le frappaient, qui échappaient à ses rivaux ; il connaissait des besoins publics, des conditions de liberté publique dont Hollis et Pym ^ avaient tort de ne point tenir compte ; il prévoyait, au train de la révolution, mille conséquences dont ils ne voulaient pas plus que lui, mais qu'ils ne savaient point démêler.
Enfin c'était non seulement un esprit supérieur, mais une âme élevée, en proie, il est vrai, au tumulte des passions mondaines, dépourvue de moralité patriotique, et pourtant capable de conviction, d'affection, de désintéressement. Je comprends que Hampden l'ait condamné ; je ne comprends pas que l'histoire, en le chargeant de ce qui fit sa ruine, ne prenne pas plaisir à lui rendre ce qui faisait sa grandeur ; et, pour mon compte, je suis sûr qu'en assistant à sa glorieuse défense, à son tranquille départ pour l'échafaud, en le voyant ne baisser la tête que pour recevoir sur son passage la bénédiction d'un vieil ami de prison, j'aurais senti le besoin de lui tendre la main, de serrer la sienne, et, au dernier moment, de sympathiser avec ce grand cœur.
{Histoire de la Révolution d: Angleterre ; Didier, édit.)
1 . Le mot atteignent a ici un autre second fut un des plus redoutables sens que dans la première partie de adversaires du roi, mais il ne conila phrase ; les crimes de StralTord ne battait que son absolutisme et n'asauraient porter atteinte à ses qua- vait en vue que « les droits et les lités, y faire tort, les eflacer. intérêts de IWngleterre ».
2. Le premier, ministre après 3. Membres du Parlement hos- Strafford, voulut concilier la cause tiles au roi.
royale et la cause populaire ; le