Rapport Perrou
3. Compte rendu de la séance du 20 juin (Journal des Uébals et Décrets, n° 367, p. ^64).
96 L6 tO JUIN 1792.
Le maire, presque aussitôt après le départ des adiuiuistrateurs de police, avait dépêché vers le faubourg Saint-Marcel trois antres officiers mtinictpaax. Ceux-ci rencontrent, près de la rue des Fossés-Saint- * Bernard, le rassemblement précédé de deux canons. Ils déploient leurs écliarpes, la foule s'arrête et les entoure ; on les écoute un instant» mais on leur répond par le même mot d'ordre: « Nos motifs sont purs, nos desseins pacifiques ; nous voulons saluer l'Assemblée nationale, célébrer 1 anniversaire du Serment du Jeu de Paume et planter un mai pour fêter ce grand événement. » Les officiers municipaux font timidement observer que, pour tout cela, il n'est pas
besoin d'armes. « iNous ne nous désarmerons pas, leur répond-on, et si Ton envoie des canons contre nous, eh bien ! nous aurons les nôtres. » Les municipaux veulent encore parler, mais l'attroupement les interrompt en criant : « En voilà bien assez ; H. le commandant, en avant I » Ët Alexandre de répéter : « Bn avant! en avant^ I »
Au même moment (midi environ), le faubourg Saint-Antoine s'ébranlait aussi. Santerre sortait de sa brasserie et prenait la tête du cortège. Il était suivi par les canons, le drapeau du bataillon et le char qui portait le peuplier. Le brasseur-commandant était le héros et le triomphateur du jour.
4. Rapport Alexandre et procès-verbal Moucbet, Guiard et thomas.
LU 20 JUIN m
Pendant que les amis de Pétion, administrateurs
de police ou simples oiiiciers municipaux, dépensaient de vaines paroles pour ne rien empêcher, que
faisait le maire de Paris lui-même ? H refusait tout ordre écrit au commandant de la garde nationale *
qui n'osait pas agir sans cela, et, comme nous l'avons déjà dit plus haut, le retenait à l'Hôtel de Ville depuis huit heures du matin jusqu'à onze heures et demie \ pour le faire assister à la séance du corps municipal.
Celui-ci se réunissait très-lentement et était loin d'être au complet longtemps après l'heure indiquée dans les billets de convocation. 11 est vrai que ces billets n'avaient été portés que très-tard, ou ne l'avaient pas été du tout, aux membres de la part desquels Pétion pouvait craindre quelque opposition.
Enfin la séance est ouverte et le maire donne au corps municipal, ou plutôt à ses amis, seuls encore présents, lecture des rapports qu il vient de recevoir