‹ Le 20 juin 1792Chapitre 22 sur 47 · Déclaration Desmousseaux · texte numérisé non relu

Déclaration Desmousseaux

S. Rapprt Ramainvilliers.

lUU . LE 20 JUIN 171)2.

des administrateurs de police. Après cette communication se produisent^ d'abord avec timidité, puis avec un peu plus d'audace, les raisonnements usités en pareille circonstance pour entraîner les gens faibles et indécis : « Il est impossible d'arrêter deux faubourgs tout entiers; il faut dès lors rendre régulière la marche du rassemblement, rallier au milieu de la garde nationale et sous le commandement de ses chefs les citoyens de toutes armes. » Grftce à de pareils ar^^uments, la réunion semi-légale qui fflége à l'Hôtel de Ville prend l'arrêté suivant :

« Le corps municipal étant informé qu*un grand

nombre de citoyens de tous uniformes et de toutes armes se proposent de se présenter aujourd'hui à l'Assemblée nationale et chez le roi, pour remettre une adresse et célébrer en même temps l'anniversaire du Serment du Jeu de Paume;

<i Le procureur de la commune entendu;

« Arrête :

« Que le chef de légion, commandant générai de la garde nationale, donnera à l'instant les ordres nécessaires pour rassembler sous les drapeaux les citoyens de tous uniformes et de toutes armes, lesquels marcheront ainsi réunis sous le commandement des officiers des bataillons.

« Sigiié : POTION, maire.

DfiJOLY, secrétûre-greffier. »

iOi

Au moment où cet arrêté vient d'être adopté, plusieurs des officiers municipaux avertis tardivement entrent dans la salie; mais on se contente de leur faire part de la mesure qui vient d'être prise, et on lève la séance. A 1 un d'eux ^ Borie, qui témoignait son mécontentement « de voir la loi ainsi lâolée, » on répond : « Il fallait bien agir de la sorte, puisque les circonstances ne permettaient pas d'agir autrement. » La décision prise, le maire paraît croire la patrie sauvée, ne maintient pas son corps municipal en permanence, et se retire dans une salle particulière avec quelques intimes, se contentant d'envoyer du côté des Tuileries ses aiïidés les plus sûrs^

Le commandant général reçoit l'ampliation de l'arrêté qui vient d'être pris et rentre à Fétat-major de la garde nationale ; il y trouve plusieurs ordres émanés du ministère de l'intérieur et du directoire du département qui sont en contradiction formelle avec ceux qu'il tient de la main de Pétion. Naturellement ses hésitations redoublent, son inertie augmente.

Pendant ce temps le directoire du département siégeait en permanence rue du Daupiiin et restait en communication incessante avec le ministère de l'intérieur, l'Assemblée et le Château.

L'Assemblée nationale venût d'ouvrir sa séance; Rœderer, procureur général syndic, s'y rend et lui expose les faits qui sont à sa connaissance.

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