‹ Le 20 juin 1792Chapitre 3 sur 47 · Beaucoup de gens , avides des feveurs de la fortune et · texte numérisé non relu

Beaucoup de gens , avides des feveurs de la fortune et

cherchant k les extorquer à tout prix, s'étaient jetés dans le parti populaire contre la cour, prêts à servir celle-ci pour son argent, prêts à la trahir si elle devenait la plus faible. « i Mémoires de Madame Roland, p. 56 de ia V* partie, 4" édition.)

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A la même époque, Manuel, homme de lettres plus que médiocre, avait été élu procureur-syndic de la Commune ; près de lui était venu siéger Danton qui, appelé, quelques mois auparavant, au conseil général du département, préféra la place plus lucrative et plus influente de subsliLut du procureur-syndic de la Commune ^. La loi avait fixé aux derniers joiurs de 1791 le renouvellement de la moitié de la municipalité parisienne, et ce renouvellement y avait amené des individus pris dans d'autres classes, dans d'autres conditions sociales , et imbus naturellement d^autres idées que ceux qui composaient le corps municipal au moment de sa première formation, en

4 » Danton avait été élu au commencement de septembre 1790, par la section du Théâtre-Français, membre du conseil général "

de la Commune. Sur les 144 membres élus à cette époque, il fut le seul écarté par la majorité des sériions, en vertu d'un droit d'ostracisme que la loi leur conférait sur leurs choix réciproques; trois sections se déclarèrent pour lui : celles du Théâtre-Français, «du Luxembourg et de Mauconseil. Ce furent, pendant tout le temps de la Révolution, ces sections qui professèrent les principes et souiinrenL les hommes les plus exagérés. Danton prit bientôt sa revanche, et, par un revirement singulier d'opinion, celui dont la majorité des électeurs primaires n'avait pas voulu comme simple membre du conseil général de la Commune fut élu, cinq mois plus tard , par les électeurs du deuxième degré , ay conseil général du département (février 179t ). Il y formait à peu près à lui seul la minorité. L'année suivante (janvier 1792), il fut présenté en concurrence avec Manuel pour être procureur-syndic de la Commune. Manuel ayant été élu, il se conlenta de la place de

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1790« Le niveau de T intelligence et du savoir s'était

abaissé dans ce conseil, que la force tles circonstances allait appeler à jouer un si grand rôle dans les événements qui se préparaient. Les élections faites dans le sein du corps municipal avaient placé à la tète de la police deux hommes nouveaux, Vîuus et Sergent, Tun avocat sans causes « Tautre artiste sans talent. Leurs noms , aujourd'hui entourés d'une eliroyable célébrité, étaient alors inconnus et n excitaient aucun ombrage. Ces deux hommes ne tardèrent pas à s'emparer de rimuieuse iniluence que doiiiie le maniement de la police dans une ville comme Paris, et tini;ent à Técart leurs deux collègues plus anciens,

substitut. 11 y fut nommé au deuxième tour do scrutin par 4,462 voix sur 80,000 électeurs inscrits t Nouvelle preuve du funeste système d'abstention que les modérés praiiqtiaient à

ceUe époque, au ^rand détriment de la chose publique. Au début de >a carrière polilique, c o uilmn ( t liHjre avait, seinblet-il, des velléités aristocratiques assez prononcées. Nous av(<ns entre les mains un recueil de pièces imprimées par ordre du district des Gordeliers, au sujet du décret de prise de corps lancé contre Marat par le Châtelet, le S novembre 4789; le nom et la signature do Diialon reviennent à cliaque instant dans ces pièces et sont toujours écrits avec une apostrophe qui sépare la première de la seconde lettre de ce nom fameux dans les fastes démagogiques. L'écrit sort des presses de Momoro, qui s'intitulait premier imprimeur de la Liberté nationale et qui était alors Tami intime de Danton; il est imprimé par ordre du district des Gordeliers, où Danton régnait déjà presque en maître; le consentement du tribun à cette manière d'orthographier son nom n'est donc pas douteux.

Vigner et Perron, en attendant qu'ils fissent destituer

Fun et égorger l'autre*.

De toutes les autorités qui siégeaient dans la capitale, une seule était franchement constitutionnelle : c'était le conseil général du département, que Ton appehût alors le département de Paris.

Le département ayait déjà , dans plusieurs circonstances mémorables, résisté à Tentraînement de la municipalité parisienne. Il avait notamment élevé ia voix en faveur de la liberté religieuse et contre la surveillance inquisitoriale exercée sur la famille royale. Le directoire , pris dans le conseil et saisi de

4 . Perron, qui siégeait au département de police depuis 4790, et qui n'avait pas su toujoui s résister, dans les derniers temps, aux exigences de ses collègues Panis et Sergent, fut sacrifié par eux aussitôt qu'il marqua quelque hésitation à les suivre dans la route qu'ils s'étaient tracée. Conservé dans sa place d'administrateur le 40 aoiit, jour ou on avait encore besoin de sa sif^nature pour l'expédition de certains ordres et surtout pour la délivrance des poudres, il fut arrêté le 21 par les ordres du nouveau Comité do surveillance et de salut public, conduit à l'Abbaye et égorgé le 4 septembre. Voici le texte de l'écroa et de t'arrèt de mort du malheureux Perron.

Extrait du registre d'écrous de la prison de VAhba'^e*

On fit ao&t Vm* Da 4 an 5 •eptembi» 119fi.

Le sieur Perron a été écroué par Mort. Le sieur Perron a ordre des membre> du Comité de été jup:6 par le y)ouj)!e et surveillance et de salut. exécuté sur-le-champ*.

* CeUe mention est entièrement de la main de Maillard.

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toutes les mesures d'administration, était présidé par le vénérable duc de La Rochefoucauld-d'Amville« et comptait dans ses rangs Anson, Talleyrand, Desmeuûiers, Beaumetz, quatie ancienâ coustituauts. Le procureur général syndic était Rœderer. Celui-ci prêchait la tolérance, la conciliation même, lorsque déjà elles n'étaient plus possibles.

A mesure que Tannée 1792 s'avançait, les démagogues redoublaient d'audace dans leurs essais de destruction . Uien ne servit mieux leurs desseins que le triomphe des Suisses de Cbâteauvieux , promenés dans Paris comme des martyrs de la liberté (15 avril), et l'envahissemeut du château des Tuileries par les émeutiers des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau (20 juin).

Dans la journée du 15 avril , on vit la démago^e célébrer le mépris des lois , la violation de la discipline militaire comme des vertus civiques, dignes de l'admiration universelle, déifier, sous les yeux d'une foule ignorante, ce que jusqu'alors tout le monde avait considéré comme infamant : le bonnet et la rame du galérien !

Dans la journée du 20 juin, la démagogie, *de plus en plus audacieuse, osa envahir l'asile inviolable du représentant héréditaire de la nation, se mesurer face à lace avec la royauté, et coiffer du bonnet rouge la tète de Louis XVI, cet infortuné monarque qu'elle devait, sept mois plus tard, conduire de la prison du Temple à Téchafaud.

li LE 20 JUIN 1792.

Ces deux journées se tiennent; la première n est que le prologue de la seconde.

Les ennemis du roi et de la liberté constitutionnelle avaient compris quMls devaient avant tout détruire la discipline de Tarmée» déjà très-fortement ébranlée depuis trois ans. Pour réaliser le plan secret de leur politique désorganisatrice, il fallait que l'alliance « de la soldatesque et de la populace fut cimentée à ia face du pay s par une grande démonstration » que les pouvoirs constitués parussent y donner leur assentiment, que la nation entière eût Tair d'en être la complice ; il fallait habituer aux fêtes patriotiques et aux processions séditieuses les masses qui adorent tout ce qui est théâtral et emphatique , les y faire intervenir juste assez pour les mettre en goût d'émeute et d'agitation , et de manière cependant à ne pas trop efTrayer les gens à courte vue qui ne croient au danger que lorsqu'il n'est plus temps de le conjurer.

On inventa donc» comme machine de guerre, la grande infortune des Suisses de Château vieux, et Fon fit passer pour des iiéros quarante malheureux soldats qui avaient été envoyés aux galères pour des

faits patents de révolte, de meurtre et de pillage. k&n de mettre nos lectears à même de juger si

ces héros méritaient l'admaation publique, nous rappellerons en peu de mots leur histoire*

Sous Fancien régime, les régiments français et étrangers se recrutaient à prix d'argent dans les tavernes et les bouges des grandes villes. Cet ignoble trafic se faisait non-seulement par des sous-officiers qui , pour arriver à leurs fins , employaient souvent la fraude et la violence, mais encore par les oflTiciers eux-mêmes , qui ne pouvaient obtenir de congés de semestre que sous la condition de ramener au moins deux hommes de recrue avec eux. Les officiers,

qui avaieiu acheté leurs brevets à prix d'argent, spéculaient parfois, il faut le reconnaître, sur la paye et les menues dépenses de leurs subordonnés. Dans une organisation pareille, que de motifs de récriminations , que de causes de conflits !

Le mouvement qui agitait tous les esprits en 1 789 devait avoir et eut, en effet, un contre -coup inévitable dans l'armée; des symptômes effrayants d'insubordination se manifestèrent parmi un grand nombre de régiments. Les gardes françaises donnèrent Texemple à Paris; il fut suivi par d'autres corps à Marseille , à Grenoble , à Metz. Bientôt , dans la plupart des régiments, se formèrent des comités composés de sous-officiers et de soldats qui , après avoir discuté sur leurs droits, mirent bientôt en question ceux de leurs supérieurs.

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LE ^0 JUIN i70ï.

Pent-étre serait-on pairenu à couper par la racine

toutes les causes, sans cesse renaissantes, de récriminations, à éteindre d'un seul coup tous les ressentiments, toutes les rancunes, si Ton avait suivi le conseil donné par Mirabeau, lorsqu'il proposait d'opérer une refonte générale de tous les régiments. Msds le ministre de la guerre, obéissant à certaines arrière-pensées, ne voulut point entendre parler de ce projet; les événements se chargèrent de démontrer combien était profond le mal auquel on avait hésité à porter un remède héroïque.

Ce fut à Nancy, dans les premiers jours d'août 1790, qu'éclatèrent les désordres dont tous les actes d'indiscipline antérieurs n'avaient été que le prélude* La garnison de l'ancienne capitale de la Lorraine se composait d'un régiment de cavalerie (mestre de

camp), de deux régiments d'infanterie, ïiin français (le régiment du roi) , l'autre suisse (celui de Châteauvieux). Le 2 août, le régiment du roi se soulève en prenant lait et cause pour un soldat que l'on veut envoyer en prison. A la prière de la municipalité, le commandant militaire révoque les ordres sévères qu'il a donnés. Hais la faiblesse encourage l'indiscipline*; quelques jours après, le régiment formule de nouvelles exigences , et l'insubordination reste impunie.

1. (( Faiblesse imprudente, dit lui-môme à cette occasion M. Lnii Blanc {Histoire de ïa Hovolntion) , premier ébranlement donné à la discipline, qui meurt si elle cesse un instant d'être écrasante et inexorable. »

Pendant ce temps, TAssemblée constituante, avertie par le ministre des tristes faits d'indiscipline qui éclataient de toutes parts, s'empresse, sur la proposition d'Emmery, rapporteur ordinaire du comité de la guerre, de décréter que toute association établie dans les régiments devra cesser à Tinstant même ; que le roi sera supplié de nommer des oflTiciers généraux pour apurer, en présence des officiers responsables et d'un certain nombre de soldats, les comptes des régiments depuis six années; qu'il est libre à tout officier, sous-officier et soldat de laire parvenir directement ses plaintes aux officiers supérieurs, au ministre et à TAssemblée nationale; mais que toute nouvelle sédition, tout mouvement concerté entre les divers régiments au préjudice de la discipline militaire, sera poursuivi arec la dernière sévérité.

Ce décret, rendu le 6 août, est bientôt connu en

substance à Nancy, mais il ne satisfait pas les soldats indisciplinés de cette garnison. Le 10 , le régi* ment du roi réclame ses comptes, et parvient à arracher un premier payement de 150,000 livres. Le 1 1« Chftteauvieux délègue deux soldats vers le major pour exiger l'argent qu'il prétend lui être dû. Les deux pétitionnaires sont emprisonnés et passés par les courroies. A cette nouvelle , les régiments du roi et mestre de camp prennent les armes, délivrent les prisonniers, et, l'épée au poing, obligent le colonel à les réhabiliter. Le lendemain, devait être solennelle-

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ment proclamé le décret de l'Assemblée nationale;

mais, en raison des événements intervenus, le commandant de place remet la cérémonie et consigne les régiments dans leurs casernes. Les deux régiments ne tiennent compte de cet ordre, et viennent se ranger en bataille sur la place Royale, ayant chacun dans ses rangs un des deux prisonniers suisses. Le commandant a la faiblesse de céder aux vœux des rebelles ; il proclame le décret du d août, à la face de la révolte S et fait accorder cent louis de dédom* magement à chacun des deux soldats qui avaient été passés par les courroies; bien plus» 27,000 livres sont payées au régiment de Châteauvieux et dépensées le soir même dans un grand banquet offert par lui aux deux autres régiments, qui Tavaient soutenu fraternellement contre ses cbe&.

En apprenant ces faits déplorables, TAsseinblée nationale comprend les conséquences terribles qu'ils peuvent entraîner. Sur la proposition d*Emmery, paiiant au nom des comités de la guerre, des recber* ches et des rapports, elle décrète unanimement (16 août) : que la violation à main armée des décrets de l'Assemblée, sanctionnés par le roi, est un crime de lèse-nation au premier chef; que ceux qui ont pris pai*t à la révolte devront, dans les vingt-quatre beures, confesser, môme par écrit si leurs chefs l'exigent,

1. « Le décret du 6 fut proclamé, dit M. Louis Blanc, mais la discipline était irrévocablement anéantie. »

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leur -erreur et leur repentir^ sinon être punis avec

toute la rigueur des lois militaires.

Au mépris de ce décret « la rébellion continue. On poursuit, ou menace de mort le commandant Dénoue et roflficier général de Malseigne, envoyés pour examiner les réclamations des soldats et rétablir Tordre. Les scènes de violence se succèdent à iNancy et à Lunévitle.

Cependant Bouille avait été cliaigé d'exécuter le décret du 6 août , en sa qualité de commandant de toute la frontière de TEst. Il prend avec lui des gardes nationaux de Metz et de Toul et plusieurs régiments sur lesquels il croit pouvoir compter. Il airive aux portes de Nancy dans la matinée du $i et reçoit une députation des révoltés qu'il renvoie aussitôt avec une sommation de reconnaître immédiatement et sans condition Tautorité légitime.

Les deux régiments français « celui du roi et mestre de camp, obéissent, quittent la ville et se retirent dans une plaine située près de Nancy, où ils se rangent, armes au repos. Les deux officiers généraux Dénoue et Malseigne, retenus prisonniers depuis quelques jours et accablés de mauvais traitements, sont délivrés.

On pouvait espérer que la rébellion s'éteindrait sans effusion de sang. Mais les Suisses de Chàteauvieux gai*dent encore la porte par laquelle doivent entrer les troupes de Bouillé, et braquent contre son avant -garde un canon chargé à mi-

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traille. Un jeune officier du régiment du roi, Résilies, se précipite à la gueule de la pièce et crie aux Suisses : a Non, vous ne tirerez pas! n On se jette sur lui, on parvient à l'arracher de ce poste où il veut mourir. Mais bientôt il revient, se jette à genoux entre ceux c(ui vont combattre, supplie les soldats révoltés d'obéir à la loi ; tout à coup le canon tonne, la fusillade retentit, et l'héroïque officier tombe avec trente-cinq gardes nationaux de Metz et de foui. Les troupes de Bouillé se précipitent sur les défenseurs de la porte, pénètrent dans la ville et sont accueillis par des coups de fusil qui partent des toits, des fenêtres et des caves ; car aux Suisses de Gbâteauvieux s'étaient joints un grand nombre d'émeutiers et quelques soldats des autres régiments.

Cependant, après une très-vive résistance, force reste à la loi ; mats, dans l'armée de Bouillé, quarante officiers et quatre cents soldats avaient été tués ou blessés. Les insurgés avaient fnit des pertes encore plus considérables; les rues de i\ancy étaient inondées de sang.

Un conseil de guerre est immédiatement formé pour juger les rebelles : conformément aux capitulations suisses, il était composé entièrement d'officiers et de soldats de leur nation. Neuf soldats sont condamnés à mort, quarante à trente ans de galères. L'exécution des premiers eut lieu dans les vingtquatre heures, les seconds furent dirigés sur le bagne de Brest. La punition fut sévère peut-étie, mais ceux

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qui ravalent attirée sur leurs tètes u etaieiit certes pas des innocents^ ils étaient encore moins des héros^

Aussitôt après l'acceptation de la Constitution par le rot (1& septembre 1791), une amnistie générale avait été accordée pour tous les faits relatits à la révolution. La question s'éleva de savoir si les Suisses de Châteauvieux étaient ou non coiupns dans cette amnistie. D'une part, on alléguait que ces soldats avaient été condamnés cuuiiae rebelles à la dis-

4. Le rapport fait par Mailhe, le tt décembre 4791 , k l'Assembléo législative, dix-huit mois apivs los événements de Nancy, reconnaît que les Suisses de GUàteauvieux étaient rebeJles à la loi, qu'ils étaient coupables, mais qu ils avaient été entratnéà, et conclut à ce que rÂssemblée sollicite leur grâce auprès des officiers des régiments de Gastella et de Yigier qui les avaient condamnés (Moniteur de 4791, p* 4505). Mailbe ne peut être suspect en cette occasion, puisqu*îl était membre de la société des Jacobins, siéi^eaiL à l'extrême gauche de l'Assemblée législative et fut pluh lard conventionnel et régicide.

En quelques mois le langage des démagogues changea complètement. Âu mois de décembre 1794, les Suisses de Châteauvieux étaient des coupables égarés; au mois de mars 4792, ils étaient des héros et des martyrs. Hais, le lendemain de leur triomphe, on ne s'occupa plus d'eux. La comédie était jouée 1

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cipUne française et qu'ils subissaient leur peine sur le territoire français. D*autre part, on répondait qu'ils avaient été condamnés en vertu d'une capitulation étrangère par des juges étrangers, et que les cantons suiases pouvaient seuls prononcer sur leur sort. Or, les cantons, par Torgane du grand conseil, deuian-^ daient formellement que Ton maintînt aux galères les Suisses de Ghâteauvieux ^ Cette discussion pour ou contre leur mise en liberté dura avec des phases diverses pendant la plus grande partie de Thiver de 1791 à 1792. Le parti jacobin employa , pour intéresser les Parisiens en faveur de ses protégés, une tactique que nous avons vue plus d'une fois réussir entre les mains d'habiles chercheurs d'une popularité factice : des écrivains affidés firent représenter sur les théâtres populaires })lusieurs pièces dont ces soldats, encore aux galères, étaient les héros et dans lesquelles on les offrait à Tadmiration des spectateurs comme les victimes de la tyrannie et les martyrs de Ja liberté'.

Dans les bas-fonds de la société des jacobins s'agitait un homme qui, à tout prix, voulait jouer un rôle, et qui bientôt après devait s'acquérir une éclatante et effroyable renommée. CoUot-d'Uerbois, histrion

sifflé^ écrivain médiocre, dèclamateur furibond, se

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