‹ Le 20 juin 1792Chapitre 35 sur 47 · Déclaration Lecrosnier. — Rapports Patris et Champion · texte numérisé non relu

Déclaration Lecrosnier. — Rapports Patris et Champion

LE SO lUIN 1793.

manifeste du peuple. Retirez-vous^ je le répète, et,

en restant plus longtemps, ne donnez pas occasion d'incriminer vos intentions respectables. »

Les paroles du maire ayant provoqué tpielques applaudissements , le zélé et honnête Champion se jette dans la foule ; il est suivi par un officier de paix, muni de son bâton dlvoire. Tous deux, ils adjurent les citoyens de se retirer; on semble vouloir les écouter, mais les plus animés disent encore : u Nous attendons que le roi réponde aux demandes qui lui ont été adressées. » D* autres s'écrient : « Le maire va parler, nous voulons l'entendre. »

En effet, Pétion répète ; « Si vous ne voulez pas que vos magistrats soient injustement accusés, re^ tirez-vous! » Le roi ayant lui-même annoncé qu'il a fait ouvrir les appartements du Château » la curiosité entraîne quelques individus*.

Pour généraliser le mouvement, les officiers muni* cipau:^ présents se dispersent à travers la salle. Sergent, prés de la porte de sortie, détache de sa ceinture son écharpe municipale, et, T agitant au- ' dessus de sa téte, crie : u Citoyens, voici le signe de la loi; en son nom , nous vous invitons à vous retirer et à nous suivre 1 »

Le déûlé commence, mais très*lentement, car les

Déclarations de Montmorin, de Fontaine. — Rapport Sergent. £xpofié de la conduite tenue par le maire. — Rapport Champion.

IM LE 30 JUTN 1792.

meneurs s'obstîtient à rester et à retenir la foule sous prétexte que le roi n'a encore rien accordé.

Sous le vestibule et dans les escaliers, des précautions étaient déjà prises pour empêcher d'entrer, quand arrive la députation envoyée par l'Assemblée nationale , ouvrant la voie à de nouveaux flots d'hommes ai'més et de curieux.

<c Sire, dit le représentant qui la préside, Brunck, l'Assemblée nationale a envoyé vers vous vingt-quatre de ses membres pour s'informer de l'état de votre personne, maintenir votre liberté constitutionnelle, et partager vos périls, si vous en courez ^ — Oui, s'écrie un autre député, l'Assemblée vient partager vos dangers; chacun de ses membres est prêt à couvrir votre corps du sien. — Ce sont des citoyens égarés^ ajoute un troisième; sire, ne craignez rien. — L'homme de bien ne craint rien, » réplique le roi.

Et prenant, comme trois heures auparavant, la

I . Bappori de Brunck k TAssemblée, Journal de8 Débats êt Décrets, p. 283.

LK 20 JLIN i79a.

niaiii (1 uii garde national, il la porte contre sa poitrine, en répétant : a Voyez si c'est là le mouvement d'un cœur agité de crainte*. »

Répondant à la députation entière, il ajoute : u Je suis sensible et reconnaissant de la sollicitude de l'Assemblée nationale : ma conscience ne me iieprocbe rien; je suis tranquille au milieu de mes amis, au milieu du peuple français. »

Cet échange de paroles n'a pas arrêté le défilé. Sergent, Patris, Champion sont même parvenus à établir, de la porte d'entrée à celle des grands appartements intérieurs, une haie de gardes nationaux qui font écouler la foule. Toujours monté sur un fauteuil, le maire indique du geste aux éraeutiers qu ils doivent s'éloigner.

L'embrasure de la fenêtre, dans laquelle le malheureux roi était retenu captif depuis près de trois heures, est peu à peu rendue plus libre, grâce au zèle déployé par Gbampion et par deux officiers de paix, Dorival et Dossonville. Acloque propose alors à Sa Majesté de se retirer; le roi accepte ce qu'il avait par deux fois refusé, quand c'étaient des officiers municipaux suspects qui le lui offraierit. A l'appel du chef de légion , la députation de l'Assemblée nationale se range autour du souverain, les grenadiers ouvrent la marche , et le cortège passe à

4 . Rapport de Dalioz, Journal des Débais et Décrets, p. 284 ; Mcmteur, p. 7S4.

travers la foule dans la salle du lit de parade ; de là, le roi est conduit devant une porte dérobée qui s'ouvre et se referme sur lui. Son supplice était fini ^

Le supplice de la reine durait encore. Séparée de

son mari, elle avait été obligée de rester dans la salle du Conseil avec le prince royal, sa fille et plusieurs des dames de la cour, entre autres M'"^' de Tourzel et de Lamballe. Madame Élisabeth était venue la retrouver. Le lieutenant général de la 17* division, M. de Wittenghoff, et le mmlstre des affaires étrangères, Chaaibonnas, élaieni, dès le premier moment, accourus auprès d'elle avec quelques grenadiers^.

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