‹ Le 20 juin 1792Chapitre 37 sur 47 · I. Rapport de Santerre · texte numérisé non relu

I. Rapport de Santerre

LK 20 JUIN 179ti.

qui jouait iniioceiunient sur la table du Conseil.

Parmi les femmes les plus violentes « raconte M. Michelet, a une fille s'arrête un moment et vomit mille imprécations. La reine, sans s*étonner, lui de* maade si elle lui a fait quelque tort personnel. « Aucun « réplique-t-elle , mais c'est vous qui perdez

« la nation. — On vous a trompée, dit la reine, j*ai « épousé le roi de France, je suis la mère du Dau- «• phin , je suis Françsdse , je ne reverraî jamais mon « pays » je ne puis être heureuse ou maiiieureuse

qu'en France : j*étais heureuse quand vous m'aii( miez! » Voilà la fille qui pleure : u Âh! madame, « pardonnez-moi , je ne vous connaissais pas , je vois u que vous êtes bonne. »

Mais ce que ne raconte pas M. Hichelet, c'est qu'en voyant cette fille sangloter, Santerre s'écria: « Cette femme est saoule^. » .

Le roi délivré, plusieurs ofTiciers municipaux vinrent dans la salle où se trouvait la reine pour la tranquilliser et en même temps hâter l'évacuation de ses appartements. Le chef de légion Lachesuaye avait établi dans cette salle, dans les galeries qui la suivent et dans celle du lit de parade qui la précède, deux haies de gardes nationaux entre lesquelles la foule consentit à s'écouler. Plus d'un criait encore : A biis le Veto! et Vive la nation! Certains se demandaient curieusement les uns aux autres : Où est-il donc , le

4« Rapport Mandat.

groa Veto? Eut -ce là le lit du gros Veto? Ah! M* Velo a un plus beau lit que mus!

Vers huit heures et demie du soir, tous les appartements étaient évacués et la reine pouvait rejoindre le roi.

Dès qu'ils se virent, ils se jetèrent dans les. bras l'un de l'autre en versant des torrents de larmes Les députés présents étaient tous vivement émus. Merlin (de Thionville) lui-même pleurait. Mais tout à coup essuyant ses yeux» il s'écria : « Je pleure» oui, madame, je pleure, mais sur les malheurs d'une femme sensible et belle, d'une mère... Ce n'est pas sur la reine, je hais les reines et les rois... Telle est ma religion »

Pétion déploya, pour faire évacuer les Tuileries, toute l'énergie qu'il avait jusque-là tenue en rései-ve. On le vit, transporté sur les épaules de deux grenadiers, descendre le grand escalier, ordonner aux citoyens de le suivre au nom de la loi, s'établir à la porte principale sous le vestibule et y rester jusqu'au coaiplet écoulement du dernier flot populaire.

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