pogographe, p. $44 du t. XIY
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loi. Jamais un roi ne fut plus dignement entouré ;
les haillons de la vertu avaient pris la place de la domrede tous les vices. Ce peuple ne jeta sur le luxe royal que des regards de mépris; dans ses yeux se mariaient le reproctie et l'amour, le mécontentement et la retenue; sur ses lèvres était la vérité sans injure, et dans ses bras lut la force, la grande force sans attentat... Jamais roi n'eut une cour plus digne d*un père du peuple, et jamais lui-même n*eut une popularité plus touchante et plus calme; s'il eut un moment de défiance, bientôt elle fit place à la sécurité et se termina par l'admiration ^ » En terminant , Tomé s'élevait contre les suggestions pestiférées de la cour, les horreurs clandestines d'une procédure infernale, les machinations des Feuillants et de tous les animaux nourris à la ménagerie de la liste civile
Le conseil général de la commune, qui, comme nous l'ayons vu , avait jeté un blftme sur la conduite de ses deux premiers magistrats en prenant en considération la motion du courageux Cahier, eut
1 . Yoir le Journal de9 Débats et Décrets, p. 203, d*" 299, et le discours que Tomé fit imprimer à l'Imprimerie nationale. Ce discours n'occupe pas moins de vingt-six pages in-8^ toutes sur le même Ion.
2, L'évêque constitutionnel du Cher, qui était loin, on le voit, de profe-^er la mansuétude évangéli<|ue, «iemble f;^ire ici allusion à un abominable pamphlet, probablement dû à la plume d un de ses amis, puisqu'il se sert en pleine Assemblée des mêmes expressions qoe l'ignoble folliculaire. Nous avons re-
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à entendre son procureur-syndic se glorifier de nouveau de tout ce qu'il n'avait pas fait, le 20 juin, et des haines qu'il nourrissait contre la royauté constitutionnelle. Le jour de sa réinstallation à UHôtel de Ville, Manuel prononça le discours suivant :
0 Messieurs,
« Je reprends ma place, parce que je n'ai point mérité de la perdre. Le département et le roi ont pu me suispendre, mais j'étais plus fort qu'eux, j'avais pour moi ma bonne conscience et le sufiTrage,
on ne dit plus des honnêtes gens y mais des hommes
rrouvé deux éditions de cet écrit. Nous en citons ici tout ce qui peut en être bouiiètement extrait, pour faire deviner le reste :
Description de la ménagerie royale d'animaux vivants, établie aux Tuileries, pràs de la terrasse nationale^ avec leurs noms, qualités, couleurs et propriétés,
« Tl y a quelque tomps qu'il existe dans le château de Henri IV une ménagerie véritablement curieuse, tant par la rareté des animaux qui la composent que par la dépense excessive que son entretien coûte à la nation.
« Le public a examiné les hôtes féroces qui étaient dans leurs cages respectives dans ie parc de Versailles. Il peut voir plus commodément et sans se déranger beaucoup, une quantité de quadrupèdes rassemblés au Louvre. Nous allons citer les plus remarquables (le ces bAtes féroces, iiKliqiuT leurs habitudes et leurs inclinationSf Jeur manière de se nourrir et leurs propriétés, i»
Suit la description du royal Yeto, du royal Veto femelle, du Deiphînus» de la Madame Royale, d'Élisabeth Vélo, etc., etc.
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de bien. La commune n'a point à applaudir au retour de ses magistrats, c'est une justice qu'on leur a rendue ; ils n'auraient point voulu de grâce. Comme eux, l'Assemblée nationale a fait son devoir. Mon honorable exil m'a procuré un plaisir que je sentirai toute ma vie. J'ai reçu du peuple de ces marques d'estime et d'attachemeut que les déserteurs de la commune ne recevront jamais à la cour des rois qui n'ont encore que de l'argent à donner. Je n'avais pas besoin de cet encouragement pour le servir, c'est par principe comme par sentiment que j'ai toujours défendu ses droits, et avec mon cai*actère on ne change jamais. Mon ambition est et sera toujours la même : mériter l'estime des bons citoyens et la haine des méchants» n
Sur ces entrefaites fut célébrée la féte de la deuxième fédération. Elle fut aussi morne que la première avait été brUlante. Celle de 1790 avait été toute rayonnante de joie et d'espérance, celle de 1792 fut pleine d'angoisses et de troubles. Deux ans auparavant, les cœurs couraient au-devant des cœurs, les partis, à peine dessinés, oubliaient leurs dissenti-
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ments dans un embrassement fraternel. Après le
20 juin, les illusions étaient anéanties, les cœurs s'étaient ulcérés , les âmes débordaient d'amertume
et de colère.
Nous ne nous arrêterons pas à décrire la fédération
du 14 juillet 1792. Les céréiuouies ofiicïelles se ressemblent toutes. Les pensées secrètes des acteurs ne > sont que trop souvent en contradiction flagrante avec les discours qu'ils prononcent; on prête des serments que Ton sait ne pouvoir tenir; on déclare pompeusement que L'ère des révolutions vient de se cloref au moment même où l'on s'apprête à la rouvrir; on a sur les lèvres des paroles de concorde et de réconciliation^ au fond du cœur des sentiments de haine et de vengeance.
L'Assemblée avait réglé, par un décret du i2 juillet, le cérémonial qui devait être observé dans la fête du i&. Du baut de T estrade élevée au milieu du Champ de Mars, le président lut la formule du serment, chaque député répondit individuellement; puis le roi prêta celui que la constitution lui avait particulièrement imposé; enQn le serment civique lut prononcé par le commandant de la garde nationale parisienne, et tous les citoyens répétèrent en un chœur général ces mots sacramentels : Je le Jure.
Le roi était placé à gauche du président et sans intermédiaire. Louis XVI était triste et résigné. Lorsqu entouré des membres de F Assemblée nationale il monta les marches de l'autel de la patrie » on crut
voir, suivant la belle expression de M""* de Staél,
a la victime s' offrant voloataiiement au sacrifice. Tous les honneurs populaires furent pour Pétion, le véritable triomphateur du jour, traînant, pour ainsi dire, le roi de France derrière son char, comme au* trefois César victorieux traînait les vsdncus de la Gaule.
On entendsdt hurler de tous côtés : Péiim ou la mort! on voyait ces mots écrits sur toutes les bannières; les hommes à pique, les émeutiers des faubourgs les portaient inscrits à la craie sur leurs chapeaux. A voir l'enthousiasme dont il était Tob** jet, Pétion put croire à Téternité de sa popularité. Un an après, jour pour jour, il était mis hors la loi, et les mèuies individus criaient ; Pétion à la moiL ^ !
4 . Proscrit le 2 juin, mis hors la loi le 46 juillet 1793, Pétion erra, avec plusieurs de ses amis Girondins, en Normandie, en Bretagne et dans les environs de Bordeaux. Traqué d'asile en a&ile, il finit par se donner la mort de ses propres mains. On retrou VH , dans un champ de blé, son cadavre à moitié dévoré par les lotips.
Le 49 janvier 4793, Manuel, en butte aux menaces les plus violentes des tribunes de la Convention , donnait sa démission de représentant et se retirait à Montargis, sa ville natale. Il faiUit y être écharpé par la populace. Arraché tout sanglant des mains des assassins, il fut conduit prisonnier à Orléans, de là traduit au liibunal revoluUoiiiiaire de Pau» et condamue à mort, le 27 brumaire an u (47 novembre 479J).