‹ Le 20 juin 1792Chapitre 6 sur 47 · Journal des Débats et Décrets, p · texte numérisé non relu

Journal des Débats et Décrets, p

amnistiés et rend compte du vif intérêt qa*ils ont

rencontré. « Intérêt accordé pour leur patriotisme, s'écrie-t-il, et, si j'ose dire, pour leur innocence... Puissent leurs fers que vous avez brisés, législateurs, être les derniers dont le despotisme enchaîne jamais les ardents amis, les défenseurs déterminés de la liberté! n

La gauche et les spectateurs applaudissent, le président Dorizy répond sèchement :

« L'Assemblée a prononcé en votre faveur une amnistie; elle a ajouté à ce premier bienfait la permission de vous présenter à la barre , pour recevoir les témoignages de votre reçonnaissauce. £Ue s'est empressée de briser vos fers, jouissez de sa bienfaisance, et qu'elle soit pour vous un motif puissant d'amour pour vos devoirs et d'obéissance aux lois. L'Assemblée nationale vous accorde les honneurs de la séance. »

Les amis des Jacobins, contents de leur triomphe, ne relèvent pas ce que contient d'amère ironie cette dernière phrase, où le président parlait de devoir et de respect des lois à des individus qui les avaient si ouvertement méconnus; on se contente d'applaudir avec frénésie les quarante Suisses, au moment où, avec leur défenseur, ils prennent place dans l'intérieur de la salle. Aussitôt commence le défile de l'escorte qui les accompagnait depuis Versailles; car, par une suite de concessions arrachées à sa faiblesse, l'Assemblée admettait à défiler devant elle des gardes

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nationaux, des bataillons de voluniait es, et jusqu'à des députations de sociétés populaires. Ëlle perdait ainsi une paitie de ses séances à entendre des harangues où la raison , le bon sens et la langue française étaient violemment outiagés, où des menaces et des insultes lui étaient souvent prodiguées; elle n'avait pas même le courage de faire respecter sa propre dignité, en imposant sileuce aux manifestations intempestives et aux vociférations tumultueuses de ces singuliers visiteurs.

Des détachements de la garde nationale de Versailles ouvrent la marche avec leurs tambours battant aux champs; puis viennent des gardes nationaux et d'anciens gardes -françaises sans armes, criant à tne*téte: « Vive la nation l o Us sont suivis d'un nombreux cortège de cito} ens et de citoyennes, armés de piques, coiffés du bonnet rouge, et de représentants des diverses sociétés populaires de Paris et de Versailles.

Gonchon parait à la barre , tenant à la main une

pique surmouiee d'un bonnet phrygien. Après avoir juré de défendre l'Assemblée, la liberté et la Constitution, il termine sa harangue en s'écriant; « Nous vous en dirions bien davantage, mais nous avons déjà tant crié: vive la liberté, vive la Constitution, vive l'Assemblée nationale, que nous en sommes enroués ^ »

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