‹ Le 38me fauteuil ou Souvenirs parlementaires [microforme]Chapitre 2 sur 18 · RAP LE ME AS EN · texte numérisé non relu

RAP LE ME AS EN

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Au mois de novembre 1880, l'honorable George Baby, ministre du revenu de l’intérieur, accepta la charge de juge de la cour d'appel de Montréal. Le parti conservateur perdait en lui l’un de ses lieutenants les plus respectés, les plus dévoués, et l'Etat l'un de ses meilleurs administrateurs. M. Baby avait eu des succès là où la plupart de ses prédécesseurs avaient péniblement échoué.

Son départ valut à M. Mousseau de réaliser son rêve le plus cher, de devenir membre du conseil privé. C'est le rêve de maints députés, même de ceux qui ne devraient pas le caresser. Il prêta serment comme tel en même temps que sir Adolphe Caron qui, lui, remplaçait l'honorable Roderick Masson, amené par le mauvais état de sa santé à don-

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ner sa démission. M. Mousseau a dû inscrire ce jour parmi les plus beaux de sa vie. À red letter day. Un train spécial l'amena même à la capitale. Avec quel rayonnement il quitta ses amis de Montréal pour recevoir cette nouvelle dignité !

Deux ans plus tard, M. Mousseau changeait de poste avec M. Chapleau et devenait premier ministre de la province de Québec.

Cet échange ne lui porta pas bonheur, et il crut devoir accepter la place de juge de la cour supérieure, le 26 janvier 1884, en remplacement de feu M. Richard Alleyn. Malheureusement une maladie de quelques mois l’enlevait à l'affection de ses amis, dans l'hiver de 1886.

À peine délivré des affaires, M. Masson passa au 38" fauteuil qui venait de produire un ministre, Je ne pouvais souhaiter un plus digne successeur à M. Mousseau, d'autant plus que j'avais toujours été dans les meilleurs termes avec lui. Nous allâmes même voter ensemble à l'élection de 1872, pour sir George Cartier, l’ancien patron de M. Masson.

M. Mercier qui représentait M. Jetté, au bureau de votation. m'obligea de prêter serment parce que le copiste m'avait désigné comme ournalier au lieu de journaliste sur le cahier de votation. C’est en vain que j'alléguai une erreur cléricale, il me fallut prendre le ciel à témoin que j'étais le susdit personnage. Ces journalistes sont-ils assez maltraités ? Depuis nous n'avons jamais pu nous entendre. Que de flots d'encre l’ancien député de Rouville m'a fait couler!

Nos études nous avaient amenés M. Masson et moi sur un même terrain : les origines du Nord-Ouest. Je venais de consacrer les loisirs de dix années à préparer les Cana-

* diens de l'Ouest, qui parurent en 1878, et lui

songeait à imprimer une riche collection de

mémoires des ‘“ bourgeois ” de la fameuse Compagnie du Nord-Ouest. Trois jours durant, j'étais même allé compulser les originaux, tout poudreux, tout moussus, à sa superbe résidence de Terrebonne. Marié en premières noces à une fille de feu le lieute-

nant-colonel Alexander Mackenzie qui était

ou es.

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le fils de l'honorable Roderick Mackenzie,

ancien membre du conseil législatif et l’un

ie ces bourgeois, M. Masson était ainsi venu en possession de cette mine. J'ai rarement vu un avare prendre autant soin de son trésor. On n'est pas impunément l'ami intime de ce terrible collectionneur qui a pour nom le juge Baby. Ces mémoires nous ont valu deux superbes in-octavos, soigneusement annotés, et que consulteront avec fruit tous ceux qui écriront l’histoire primitive de cette

vaste contrée.

Puisque le nom de Terrebonne tombe sous ma plume, je me demande s’il n’est pas de coins de terre privilégiés où le talent pousse plus facilement qu'ailleurs. La Virginie se glorifie d'avoir été pendant un certain temps la pépinière des présidents des Etats-Unis.

Washington. Jefferson, Madison, Harrison, Tyler et Taylor étaient des Virginiens. Le comté de Buckingham a fourni cinq premiers ministres à l'Angleterre, dont le dernier, lord Beaconsfield, n’est pas le moins illustre.

Voyez donc ce qu'a produit la petite ville

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