‹ Le 6e brigade en TunisieChapitre 7 sur 16 · bœufs à 40 fr . 40.000 francs · texte numérisé non relu

bœufs à 40 fr . 40.000 francs

15 bons chevaux à 500 fr 7.500 —

(pour remplacer les chevaux morts dans les escadrons).

15 mulets à 500 fr 7.500 —

(pour remplacer les mulets des équipages du train).

100 flidges de tentes pour réparer les équipages de chameaux détériorés par l'usage 2.000 —

1 .000 charges d'orge de chameaux pour être substituées aux silos dont je suis maître et que je pourrais vider. 12.000 —

125 charges de blé à 20 fr. pour être données en gratification aux chameliers convoyeurs, cavaliers de la colonne . 2,500 —

Les troupeaux ramassés la veille par la cavalerie, par la colonne du commandant Malaper, restent la propriété de la brigade pour être distribués en partie aux hommes, en partie vendus aux bouchers.

Enfin les Ouled Ayar devront prêter, sans aucune indemnité, pendant tout le temps que la brigade en aura besoin, un équipage de 150 chameaux avec leur ou li liage et leurs conducteurs.

Les Ouled Ayar acceptent ces conditions et s'engagent à y satisfaire le dimanche 27 novembre.

Il est alors rendu compte de l'opération à M. le général commandant à Kairouan, et aussi à M. le général commandant à Tunis, en le prévenant en outre que, le

rôle do la 6e brigade étant terminé dans la division nord, elle prépare son départ pour le sud.

Cette expédition terminée et lesOuIed Ayar soumis, il ne reste plus qu'à organiser et pour cela il faudrait des instructions nettes et claires. Celles que j'ai reçues se gardaient bien d'en parler, aussi je me hâte de faire valoir que je suis de la division sud et que cela ne me regarde pas. Le généralJappy, qui commande à Tunis, en m'écrivant pour me remercier du concours de la 6e brigade à cette dernière opération, ajoute poliment que mon expérience et mon savoir-faire seraient encore bien utiles. C'est bien de l'honneur, mais j'aime mieux ne pas m'en mêler. Je ne désire qu'une chose, c'est m'en aller. Non pas qu'il me soit arrivé rien qui me mécontente personnellement, non ; tout le monde a été très aimable pour moi, mais je n'ai aucune confiance dans la bonne direction des affaires et je sens très bien qu'entre les trois pouvoirs : le résident, le bey et les militaires, il n'y aura pas entente, et que, comme en Algérie, les disputes des grands causeront les malheurs et multiplieront les souffrances des petits. Le 24, le général, avec les troupes, rentre à Makter, où le rejoignent, dès le 25, les bataillons du 33° et du 43e qui, sous le commandement du lieutenant-colonel Frayermouth, reviennent de Kairouan.

L'entrevue projetée avec le général d'Aubigny et le colonel de la Roque a lieu à Makter, et les Ouied Ayar se placent sous les ordres du colonel de la Roque, qui leur donne ses instructions. Le général offre aux autres colonnes de partager le produit de la razzia en

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bons camarades, mais ils trouvent qu'ils n'y ont aucun droit et refusent.

Le général reçoit à Makter les félicitations du général Etienne sur le succès obtenu et l'annonce que le général de division sera à Gabès le 25 ou le 26.

Ce point, où nous restons forcément quelques jours, a une importance stratégique considérable ; c'est un des passages les plus importants de la zone qui sépare le Tell de la Tunisie des plaines du sud. Aussi les Romains y avaient construit une grande ville. On y voit encore debout, défiant l'injure des siècles, des arcs de triomphe, des portes gigantesques, des ruines majestueuses de temples et des tombeaux nombreux couverts d'inscriptions. Désireux d'y trouver quelque souvenir, monnaies, statuette, etc., nous y avons entrepris des fouilles assez considérables, mais nous n'y avons vu que des colonnes de marbre, des statues en pierre de dimensions colossales. Il est vrai que nos fouilles n'ont pu durer que deux ou trois jours et que nous ne les avons pas poussées bien loin. Là, comme dans toute la Tunisie, nous nous sommes demandé comment ces nombreuses populations suffisaient à leurs besoins en eau. Il n'y a aujourd'hui qu'un petit ruisselet, à peine suffisant pour les besoins de la colonne. S'il avait été jadis d'un si faible débit, la ville serait morte de soif. Nous n'avons vu aux alentours aucune trace de citerne, d'aqueduc.

Nous sommes portés à croire que ces contrées autrefois étaient plus abondantes en eaux, qu'il y pleuvait davantage, ou que l'absence du travail humain pendant de longs siècles a laissé bien des fontaines se

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tarir, bien des ruisseaux se dessécher, et peut-être aussi que toutes ces contrées ont été déboisées et par suite desséchées. Ce qu'il y a de bien certain, c'est que si on suppose par la pensée le retour des populations nombreuses qui, sous la domination romaine, habitaient ces contrées, elles mourraient aujourd'hui certainement de soif.

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Tombeau à Makter.

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