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Sergents, Hanriot jait halte pour haranguer des ouvriers auxquels il affirme que Ton a soudoyé des assassins pour tuer Robespierre; puis il se précipite au galop sur la place du Palais Égalité, arrête Merlin de Thionville qu'il fuit incarcérer au poste du Palais qu'occupaient les forces de la section de la Montagne. Mais 1.^ ' ;on>'i>!it!on'v^l n"eut pas
En-tête du papier à lettre du Coiiiitc de Surveillance de Lille. (Aichives Nationales.)
de peine, sitôt qu" Hanriot eut tourne les talons, pour se faire relâcher par des sectionnaires qui n'avaient rien de robespierristes (i).
Courtois et son collègue, Robin de l'Aube, dînaient che; le traiteur Berger à quelques pas du Palais Egalité. Ils avaient vu la scène et accoururent. Courtois réquisitionna le poste, tandis que Merlin haranguait quelques gendarmes sous le commandement d'un lieutenant et les entrain;iit au secours des Comités [i). Au Pavillon de Marsan, Hauriot
(1) Moniteur. Discours de Merlin. Séance de nuit du 9 thermidor.
(2) Rapport Courtois. Récit de Robin.
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avait pénétré sans difficultés jusque dans la salle où étaient enfermés Robespierre et ses amis. Il vit Amar se sauver à toutes jambes, tandis que Ruhl criait : « Arrêtez-moi ce scélérat! » H anriot s'élance sur Ruhl. Il rencontre l'étreinte d'un caporal. < A moi, ma gendarmerie! » crie-t-il. Alorô c'est une mêlée. Ruhl a disparu. Des sectionnaires de la Montagne arrivent. Robin amène ses gendarmes. Dossonville, premier agent du Comité, ordonne aux grenadiers de la Convention de cerner Hanriot et ses aides de camp. Quelques instants après, ils sont solidement garrottés. Robin les fait conduire au Pavillon de Flore où Barère et Billaud-Varennes les voient arriver à contre-cœur. Le Comité de Salut Public ne se soucie nullement d'attirer sur le pavillon où il est installé les efforts que la Commune peut tenter pour délivrer son général. On renvoie donc les prisonniers au Comité de Sûreté Générale. Ils traversent la cour au milieu des huées, car les sections fidèles à la Convention commencent à envoyer des renforts (i). Il est entre sept heures et sept heures et demie du soir. Les partisans de la Commune s'agitent encore dans la foule. Poultier saisit l'un d'eux au collet et le fait saisir (2). On remarque qu'Hanriot fait des signes aux deux Robespierre. On envoie donc les députés en arrestation au Secrétariat avec leurs gendarmes (3). On leur donne à dîner et on les dirige sur différentes prisons : Gouthon à La Bourbe, Saint-Just aux Écossais, Lebas à la Conciergerie, Augustin Robespierre à Saint- Lazare, Maximilien au Luxembourg. Dossonville n'est plus au Comité de Sûreté Générale. Il s'est rendu à la Force et là. il a réconforté le Concierge le persuadant de garder Vilate et de se mettre aux ordres de la Convention (4). Cette intervention se produisait en temps
(1) Dossonville. Papiers de mon cabinet. — Rapport Coiirlois. — Barère. Mémoires.
(2) Moniteur. Discours de Poaltier. Séance de nuit du 9 thermidor.
(3) Courtois. Rapport, p. 6G.
(4) Dossonville. Papiers de mon cabinet.
LA JOL'RNEE DU 0 THERMIDOR l5o
utile : Lebas. que l'on refusera tout à Theure à la Conciergerie, Augustin Robespierre que l'on refusera d'écrouer, au greffe de Saint-Lazare, y seront reçus et incarcérés, mais, depuis la visite de Dulac, le congierge de la Force n'avait eu aucune nouvelle des Comités et il recevait des administrateurs de police, de qui il dépendait, des ordres dictés par le dévouement à la cause robespierriste. Cette toutepuissance des administrateurs de police sur les prisons, était un reste des pouvoirs qu'avait usurpés la Commune de Paris, à la faveur des événements du 3i Mai. Deux de ces administrateurs, cependant, étaient réputés vendus aux Comités. C'étaient Michel et Benoît. On mit le premier en arrestation à 5 heures du soir. Faro et Jonquoy. malgré ses protestations, le traînèrent à la chambre d'arrêt de la mairie et Benoît l'y rejoignit bientôt après (i). Les autres étaient des solides, sauf Guyot que Courtois qualifie de trop honnête pour avoir eu le secret de ces messieurs. Celui-là, aussitôt qu'il arriva à la Mairie, on l'avait envoyé au conseil qui siégea de une heure et demie à près de trois heures dans la salle Egalité. Restaient Faro, Henr)', Lelièvre, Quenet, Tanchon, Bigant, Witchéritz. Faro. qui aspirait à être seul à la tête de la police de Paris, l'écharpe sur sa chemise, présida toute la journée les travaux du bureau déployant une activité fébrile ^2^ Pendant que se tenait la première séance du Conseil général, les administrateurs du département de Police avaient de la sorte adressé une circulaire aux concierges de toutes les maisons d'arrêt « leur enjoignant sous leur responsabilité, de porter la plus grande attention à ce qu'aucune lettre ni aucun papier ne puisse entrer ni sortir de la maison, dont la garde leur était contïée, et, leur défendant de recevoir aucun détenu ni de donner aucune liberté que par les
(1) Archives Nationales, F' 4774'<^. Déclaration de Minier, employé à la mairie.
(2) Courtois. Rapport, p. 51.