‹ Le 9 Thermider; d'après les document a d'archives et les mémoiresChapitre 17 sur 22 · I) I Ill.KMIlioK · texte numérisé non relu

I) I Ill.KMIlioK

ordres de ladministration de police (i) ». Ainsi, a la chute de la nuit, malgré Taffluence de troupes et de foule qui entoure la Convention, la situation de celle-ci est précaire. Vouland. à qui un observdieur rend compte de ses impressions, se préoccupe de ce qui peut être tenté contre les Comités. Plusieurs députés n'ont pas osé s'éloigner de la Convention. D'autres y sont retenus par la pensée qu'il peut y avoir quelque bénéfice à tirer de leur assiduité. Du lac, un des agents du Comité, rencontrant entre sept et huit heures Barras, lui fait part dos inquiétudes de Vouland. Barras le regarde d'un air railleur et lui réplique avec un peu de dédain : « Je pensais que le Comité de Sûreté Générale avait entre les mains tous les moyens d'assurer sa propre sécurité (2) >, et pivotant sur ses talons, il va séances, où il cause avec

Cuurtuis.

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s'asseoir dans la salle des son ami Fréron.

Au contraire, place de Grève. Fenthoiisiasme était grand. Les gendarmes de l'Intérieur, les canonniers, les ci-devant

(1) Courtuis. Hajjporl. p. 102.

(2) Ra/iijorl Coiirioi.i. .\X\l.\. Rapport de Dulac. — Dulac .ttciisc Barras de no pas lui avoir Honiié d'ordres. Le comin.'indeincnl de B:ifras n'a i-otnnioncp qu'api c> rcnvaliir-.-^cim ni du Comité de Sùrctc générale par Ciilliniial.

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gardes des ports, manifestent la joie la plus débordante. On vient d'apprendre que la Société des Jacobins s'est assemblée à cinq heures et s'est déclarée en permanence, comme la Convention. Au lieu d'Élie Lacoste qui est conventionnel et suspect, elle a choisi pour la présider Vivier, ancien avoué, juge au Tribunal du 3^ arrondissement. Le Comité de Sûreté Générale lui a fait demander le manuscrit du discours lu la veille par Robespierre. L'assemblée vient de se déclarer incompétente pour répondre au Comité de Sûreté Générale. Ses sentiments ne sont d'ailleurs pas douteux. Brival, conventionnel qui a voté l'arrestation de Robespierre, est chassé ignominieusement et immédiatement radié (i). A la Commune de Paris, le Maire vient de convoquer le Conseil Général. Du département de police, une lettre de Faro et de Lelièvre lui parvient : « Nous avons reçu deux ordres des Comités de Sûreté générale et de Salut public pour mettre en arrestation les personnes décrétées aujourd'hui. Nous te prévenons que les ordres sont dans les cartons, que nous avons ordonné que Boulanger et Vilate soient mis en liberté. Nous renvoyons à la Commune Couthon qui vient d'être décrété d'accusation. Nous sommes fermes à notre poste et la République triomphera (2) ». Le Conseil Général de la Commune entre en séance.

(1) Aulard. La Société </fs Jacobins, M, 2.S9-2yL

(2) Courtois. Rapport, p. 101.

La Fin du Drame.

Il règne une telle confusion à l'Hôtel de Ville que Bochard, le concierge de la Maison commune, prétend ne s'être rendu compte de la révolte du Conseil Général que vers sept heures du soir, quand le Maire lui a ordonné de sonner le tocsin (i). Il y avait à ce moment une heure environ que sous la présidence de Fleuriot-Lescot^ le Conseil avait déclaré ne pas reconnaitre d'ordres des Comités, demi-heure qu'en réponse au décret d'arrestation d'Hanriot et des autres, il avait mis les citoyens décrétés d'arrestation, sous la sauvegarde du peuple, qu'il avait lancé mandat d'amener contre Lasne, commandant de la section des Droits de l'Homme, qui refusait de laisser sortir ses pièces de canon. Le début de la séance témoigne de la plus grande ardeur. Le Conseil délibérait dans un milieu chauffé à blanc, où toute opposition, toute résistance eussent été impossibles. Partout, les mesures militaires prises par Hanriot, le rappel, la générale battue dans les sections, le tocsin sonné aux environs de la Maison commune avaient rempli les rues de curieux et d'enthousiastes, encadrant les troupes des sections et l'artillerie qui marchaient vers l'Hôtel de Ville. Au premier moment, la Commune avait à sa disposition dix-sept compagnies de canon-

(\) Eckard. La Vérité rétablie sur quelques-uns des principaux événements du 9 Thermidor (an II I. Pièces justificatives, n" XXXVI. Uéclaralion positive du sieur Bochard, concierge de la Maison commune.

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