‹ Le B. Albert le GrandChapitre 2 sur 18 · SAS · texte numérisé non relu

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avant tout de défendre l'Église par la prédication et de l’illuminer par la science. Or la science avait depuis longtemps passionné l'âme d’Albert.

Un de ses oncles qui habitait Padoue était loin d'approuver ce projet. Il lui représentait que sa naïssance, sa fortune et les étonnants progrès qu'il avait faits dans la science lui ouvraient toutes les carrières, qu'il serait mal d'aller cacher tous ces trésors dans l'obscurité du cloître. Le pieux jeune homme restait inébranlable dans sa résolution et il conjurait Dieu de lui fournir le moyen de l’exécuter: Le Ciel répondit à sa prière.

Un jour, accablé de tristesse, Albert entra dans l'église des Frères-Prècheurs. Il venait demander au divin captif de nos tabernacles de briser les derniers liens qui l’attachaient au monde. Le plus grand prédicateur de ce siècle, celui dont Paris, Rome et Bologne aimaient à entendre la voix, se trouvait en chaire. Avec une rare perspicacité, il dévoilait les artifices qu'emploie l’Ange des ténèbres pour éloigner les hommes du salut éternel. Séduit par la ravissante éloquence du Frère-Prêcheur, le jeune étudiant courut sans retard se jeter à ses pieds et lui dit tout en larmes : « Père, vous avez lu dans mon cœur. » Il lui dévoila l’état de son âme et lui demanda l’'habit de l'Ordre. Ce prédicateur n'était autre que le B. Jourdain de Saxe, successeur immédiat de S. Dominique dans le gouvernement général de l'Ordre. Sa puissante parole captivait la

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