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Dernières années et mort du B. Albert.
Le pape Grégoire X appela notre Bienheureux au concile de Lyon (1), qui s’ouvrit le 7 Mars 1274. Albert, malgré son grand âge, obéit sans hésitation aux ordres formels du vicaire de Jésus-Christ.
Arrivé au terme de ce long et pénible voyage, il trouva l'assemblée déjà réunie et fut reçu par elle avec beaucoup d'honneur (2). Ce dut être pour notre saint docteur une grande consolation et une grande joie que de contempler avant de mourir le magnifique spectacle que présentait cette auguste réunion.
D'après plusieurs historiens Albert prononça en présence du Souverain Pontife un discours en fa. veur de Rodolphe de Habsbourg, élu roi des Romains. À partir de cette époque le pape se déclara
(1) Mgr Tizzani, Histoire des Conciles, traduit par le R.P.Doussot, lecteur en théologie des Frères-Prêcheurs.
(2) L'Ordre de S. Dominique y était représenté par trois cardi— naux, trente évêques, sans compter un grand nombre de ses doc= teurs.
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pour ce prince, auquel il écrivit de se préparer à recevoir de ses mains la couronne impériale.
Albert intervint très activement dans les discussions avec les Grecs et prit une part considérable aux autres travaux de l’assemblée.
De retour à Cologne, il se remit à l'étude. C'est à cette époque qu'il-écrivit la Somme de Théologie-et deux opuscules ascétiques : le Paradis de Ame, et l'Union avec Dieu. La composition de ces savants ouvrages n'empêchait pas notre Bienheureux de continuer les leçons publiques de théologie. Un jour qu’il donnait son cours au couvent de Cologne devant une nombreuse et illustre assemblée, comme il cherchait péniblement des preuves pour confirmer sa thèse, la mémoire lui fit tout à coup défaut au grand étonnement de tous. Après avoir gardé quelque temps le silence, il se remit de son trouble et s’exprima en ces termes : « Mes bien chers auditeurs, je veux vous faire connaître le passé et le présent. Quand dans les jours de ma jeunesse je m'adonnai à l'étude, je choisis pour mon partage, sous l’impulsion de l’'Esprit-Saint et pour obéir à la bienheureuse Mère de Dieu, l'Ordre des Frères- Prêcheurs. Cette divine maitresse m'excita à m'y appliquer constamment à l'étude. C'est ce que j'ai fait avec de persévérants efforts et le secours de la prière. J'ai toujours obtenu par ce moyen ce que je ne pus puiser dans les livres. Or, comme je conjurais Souvent avec larmes cette douce et compatis-