‹ Le B. Albert le GrandChapitre 7 sur 18 · LOT · texte numérisé non relu

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sante Vierge, et que je la pressais un jour avec ardeur de vouloir bien me donner la lumière de la sagesse éternelle, et fortifier en même temps mon cœur dans la foi afin que jamais je ne fusse absorbé par la science de la philosophie, ni ébranlé dans mes croyances, elle m’apparut et me consola par ces paroles : « Persévère, mon fils, dans la vertu-et les travaux de l'étude, Dieu protégera ta science et la conservera pure pour le bien de son Eglise. Afin que tu ne chancelles pas dans ta foi, toutes tes connaissances, philosophiques te seront enlevées à la fin de ta vie. Tu redeviendras semblable à un enfant par l'innocence et la naïveté de ta foi ; après cela tu t'en iras à Dieu. Et quand un jour dans une leçon publique tu perdras la mémoire, ce sera le signe de la prochaine visite de ton Juge... »

« Mes bien-aimés, ce qui m'a été annoncé vient de s’accomplir. Je sais et reconnais maintenant que mon temps est écoulé et que le terme de ma vie est proche. Je confesse donc devant vous que je crois fermement tous les articles de la foi chrétienne, et si j'avais dit ou écrit quoi que ce soit, ou si à l'avenir je disais quelque chose qui ne fût point en rapport avec la croyance catholique, que cela soit anéanti! »

A partir de ce moment Albert ne s’occupa plus ni d’études, ni d'enseignement et se retira dans sa cellule, ne vivant plus que pour Dieu.

Ilcessatoutrapport avec les personnes du monde.

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Un jour l'archevêque de Cologne vint frapper à la porte de sa cellule en disant: Albert, êtes-vous là? Le vénérable vieillard n'ouvrit pas et se contenta de répondre: Albert n’est plus ici, il y a été autrefois. Le Pontife ravi d’admiration n'insista pas et, se tournant vers ceux qui l’accompagnaient, leur dit : C'est bien vrai, Albert n’est plus ici, il ne vit plus comme un homme, mais comme un ange, détaché de toutes choses, prêt à prendre son essor vers le ciel. I] visitait chaque jour le lieu où il devait être enseveli. Il soupirait comme saint Paul après la dissolution de son corps pour être avec le Christ. L'heure de la délivrance ne tarda pas à sonner. L'illustre docteur brisé par l’âge et le travail, sentit avec joie sa fin s'approcher et reçut avec d'admirables sentiments de foi les derniers sacrements de l'Eglise. Bénissant tous ses frères assemblés autour ‘ de lui, il leur fit de touchants adieux. Tous versaient des larmes en voyant ce saint vieillard assis sur une pauvre chaise et en l’entendant chanter avec enthousiasme ces paroles du roi prophète : Sicut audivimus sic vidimus. Ce que j'ai entendu dire, je vais le voir moi-même au ciel. C’est en redisant ces paroles qu’Albert rendit sa belle âme au Dieu qu'il avait si fidèlement servi. C'était le vendredi 15 novembre 1280. Albert était âgé de 87 ans, il en avait passé 60 dans l'Ordre de S. Dominique et plus de 50 dans l’enseignement. Il laissa de nombreux écrits dont nous parlerons tout à l'heure.

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