‹ Le babillardChapitre 146 sur 356 · ACTE IV, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VII

Elle écrit une lettre, ou je suis fort trompé.

Elle ne pense pas, comment peut-elle écrire ?

Parbleu! voyons un peu de son style pour rire.

(a Lucile.)

Puis-je, sans me montrer curieux indiscret,

Vous demander pour qui vous tracez ce billet?

LUCILE, avec surprise.

Ah!

LE BARON

Que notre présence un peu moins vous étonne Ne craignez rien.

lucile.

Monsieur, je n’écris à personne.

Ce sont des mots sans suite, et mis pour m’essayer.

LE BARON

N’importe; montrez-moi, s’il vous plaît, ce papier.

Ne me refusez point, lorsque je vous en prie.

LUCILE, à part.

Le cruel embarras !

LE BARON

Voyons.

LUCILE

J’orthographie...

Et peins trop mal, monsieur... Jamais je n’oserai.

LE BARON

Pourquoi ? vous avez tort, je vous corrigerai.

LUCILE

Vous ne pourriez jamais lire mon écriture;

Et vous vous moqueriez de moi, j’en suis trop sûre.

LE BARON

Bon! vous faites l’enfant.

LUCILE

Je suis de bonne foi.

Je sais l’opinion que vous avez de moi;

Et c’est pour l’augmenter.

LE BARON

Ah ! mauvaises défaites !

Donnez, pour mettre fin aux façons que vous faites.

( Il lui prend la lettre des mains, et lit. )

L’HOMME DU JOUR

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