ACTE I, SCÈNE II
LÉ ANDRE
Cette méthode est sage autant que fine.
M. DE LA JOIE
Fort à propos ici vous êtes de retour,
Pour voir briller ma nouvelle doctrine.
Je dois, et vais la mettre au jour,
Dans une fête où la gaîté préside.
Elle ouvre, ce matin, par un dîner splendide,
Et finira, ce soir, par un ballet brillant,
LÉ AND RE
Eh ! qui donc est l’auteur de ce cadeau charmant
M. DELA J OIE
Moi.
LÉ ANDRE
Personne ne vous défraie ?
M. DE LA JOIE
Mais, je partage cet honneur Avec un marquis riche et d’agréable humeur.
Je prépare la fête, et c’est lui qui la paie.
LÉ ANDRE
Mais vous êtes vraiment un homme universel ! Vous réglez la cuisine aussi bien que la danse.
On n’a jamais rien vu de tel.
Cependant, monsieur, plus j’y pense,
Moins je voudrais, tout mis dans la balance, Choisir mon médecin pour mon maître d’hôtel.
M. DE LA JOIE
Vous avez tort, monsieur. Un médecin rassemble Toutes les qualités et tous les arts ensemble.
J’entends par arts, ceux qui, par leur gaîté,
Ont mérité le nom de talents agréables Et concourent à la santé,
Gomme au délassement de tous les gens aimables. Il est, tout à la fois, musicien, gourmet,
Poète, cuisinier, et maître de ballet.
De toute façon il s’escrime.
Il change, comme il veut, de ton et de maintien; Tantôt vif et badin, tantôt grave et sublime.
Tout digne enfant de Galien
LE MARI GARÇON
Doit être né comédien.
Notre profession n’est qu’une pantomime.
Adieu, je suis forcé de finir l’entretien ;
Car l’heure du dîner s’approche. •
Je ne veux point m’attirer de reproche ;
Et je suis surtout ponctuel Quand il faut ordonner un repas solennel.
(il sort.)