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LÉANDRE, LA COMTESSE

LA COMTESSE

Comment vous portez-vous, mon frère?

Pour vous revoir, j’ai tout quitté.

LÉANDRE

Personne ne nous voit dans ce bois solitaire.

Trouvez bon que je prenne une autre qualité,

Et qu’étant votre époux, je puisse, en liberté,

Vous parler un moment comme on parle à sa femme. Le rôle que je fais coûte trop à mon âme ;

Et, puisqu’il faut vous l’avouer,

Je me lasse de le jouer.

LA COMTESSE

Vous m’étonnez par ce langage !

Et vous manquez de goût, d’amour également.

Passer pour frère et sœur, quand l’hymen nous engage; Mais, rien n’est plus divertissant !

Et le mystère séduisant Prête à ces noms je ne sais quoi de tendre,

De doux, ensemble, et de piquant,

Qui fait qu'on aime à les entendre.

Et qu’à les répéter on trouve du plaisir ;

Mais, un plaisir qu’on ne peut rendre l Il n’est permis de le comprendre Qu’à ceux qui savent le sentir.

LÉANDRE

Je goûterais fort ce mystère,

Si j’en tirais le fruit que j’en devrais avoir;

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