‹ Le babillardChapitre 235 sur 356 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Je vous cherche de toutes parts,

Et, tout à coup, à mes regards Votre personne est disparue,

Sans que je m’en sois aperçue.

Dans les lieux où vous n’êtes point On n’y tient pas, belle comtesse,

Et l’ennui vient saisir au point Qu’il faut vous retrouver, ou mourir de tristesse.

LEANDRE, à la comtesse.

Mais, madame a pour vous une belle tendresse!

C ID ALI SE

Ah! vous voilà, monsieur, de retour : depuis quand?

LÉANDRE

J’arrive dans le même instant.

CID ALISE

Voue venez de la cour? Dites-nous des nouvelles : C’est la source en tous temps des grandes et des belles.

LÉANDRE

Point du tout, c’est l’endroit où l’on en dit le moins.

CID ALIS E

Vous avez dû, monsieur, en apprendre à la ville;

En nouveautés elle est toujours fertile.

LÉANDRE

C’est, à vous dire vrai, le moindre de mes soins.

Qui, mieux que vous, peut avoir connaissance Des nouvelles du jour,- et même du matin?

Vous devez les avoir de la première main;

Vous êtes en commerce avec toute la France

CID ALI SE

Il est très-vrai, qu’à tout Paris,

Trois fois par jour, exactement j’écris :

Mais il a tant de nonchalance,

Qu’il ne répond que tard à ses amis.

Sans" rattachement qui me lie A la comtesse votre sœur,

Oh! je serais déjà partie Pour lui reprocher sa froideur.

LÉANDRE

z, mademoiselle, en toute diligence;

E MARI GARÇON

LE MARI GARÇON

ià

Je dois vous dire de sa part Qu’il vous attend avec impatience.

CIDALISE

Comment I il me souhaite?

LÉ ANDRE

Oui ; partez sans retard.

LA COMTESSE

Non; pour moi, de rester, ayez la complaisance:

Vous m’êtes nécessaire et de votre présence,

Cidalise, en ces lieux, je ne puis me passer.

CIDALISE

Mon cœur se rend sans balancer;

Je vous donne la préférence Sur Paris, tout charmant qu’il est,

Autant que vous rien ne me plaît.

LÉ ANDRE

Vous avez pour ma sœur trop de condescendance; Paris ne fut jamais si brillant ni si beau,

En votre faveur il se pare De ce que l’art invente de plus rare,

De ce que la peinture offre de plus nouveau :

Le Louvre étale exprès plus d’un riche tableau ;

Votre portrait, surtout, attire l’affluence.

CIDALISE

Mon portrait est du nombre?...

Oui, vraiment; le pinceau À rendu tous vos traits avec tant d’élégance,

Qu’ils charment les regards de tous les spectateurs, Qui leur donnent la préférence,

Au jugement des connaisseurs,

Le peintre et vous, vous disputez de gloire;

S’il captive les goûts, vous enchaînez les cœurs : Chaque instant e£t marqué par plus d’une victoire. Pour voir et pour jouir d’un triomphe si doux, Abandonnez ces lieux, vite; qu’attendez-vous? cidalise.

Vous me flattez.

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