‹ Le babillardChapitre 236 sur 356 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

LÉAN DRE.

Je suis historien sincère :

Paris, par ses efforts, n’aspire qu’à vous plaire; Il fait tout pour vous engager A revoler dans son sein agréable.

CID ALIS E

Que ne puis-je me partager?

LA COMTESSE

11 exagère exprès.

LÉ A ND R E

Non; pour se rendre aimable, Paris a soin de ne rien oublier :

Vous allez voir, dans ce papier,

De mon discours la preuve véritable.

CIDALISE lit.

(Elle s’interrompt.)

« Nouvelles de Paris. «Des nouvelles' ah! ah! Vous ne vouliez pas m’en apprendre, Cependant, monsieur, en voilà.

LÉAND RE.

Plus agréablement j’ai voulu vous surprendre.

CIDALISE, lit.

« Un phénomène tout nouveau « Brille aux Italiens, et les rend à la vie,

« Presque au sortir de son berceau.

« Terpsichore est l’auteur d’un prodige si beau;

« A la prière de Thalie,

« De tous ses dons les plus brillants,

« Elle y fait admirer la force réunie « Dans un élève de quatre ans. »

(Elle s’interrompt.)

De quatre ans! bon! c’est une raillerie.

LÉAND RE.

Non, c’est un fait des plus constants;

Son oreille est parfaite, et sa grâce infinie.

Moi, qui parle, j’ai vu cette enfant si jolie,

Qui donne à tout Paris, dans les mêmes instants, Le plaisir de la danse et de la comédie.

Son frère, à sept ans et demi,

LE MARI GARÇON

Paraît presque un géant auprès de sa cadette.

Et, comme un danseur grave, il se voit applaudi,

LA COMTESSE

tTadmire les progrès que fait ce siècle-ci ;

Pour le coup, sa gloire est parfaite Dans l’enfance ou est accompli ;

Les talents sont à la bavette.

CID ALISE

Dites-moi, pendant ce temps-là,

Gomment se porte l’Opéra ?

LÉ AND RE

jouit, à présent, d’une santé complète ;

Mais cet écrit bien mieux vous Rapprendra.

Je suis sûr qu’à partir il vous obligera.

CIDALISE

Quelle joie ! A tout Forge il me tarde déjà D’en faire la lecture, et d’aller l’en instruire.

LÉ ANDRE

Aimable Gidalise, allez donc, courez-y ;

Aussi bien je dois seul entretenir ici.

Ma fem... ma sœur avec qui je désire....

LA COMTESSE

Non; vous n’avez plus rien d’important à me dire,

Et je ne puis quitter Gidalise aujourd’hui.

J’aime les nouvelles comme elle,

Elles dissipent mon ennui;

Nous allons toutes deux, d’une ardeur mutuelle,

En régaler tout le peuple buveur.

CIDALISE

Quel plaisir nous allons leur faire !

Partons, volons. Adieu, monsieur.

LA COMTESSE

Adieu, mon frère.

LÉ AN DRE

Adieu, madame ; adieu, ma sœur.

(Elles sorteut.)

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