‹ Le babillardChapitre 237 sur 356 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LÉANDRË, LE MARQUIS.

LÉ AN DRE

Ne me trompé-je point?

le marquis.

En croirai-je ma vue?

LÉ AN D RE

Àh ! Florange 1

LE MARQUIS

Ah ! Léandre 1

(Ensemble.)

Est-ce toi que je voi?

LÉANDRE

Par quel heureux hasard ? dis-moi.

Quel bonheur surprenant...

LÉANDRE

Quelle joie imprévue...

LE MARQUIS

De rencontrer à Forge un de mes bons amis !

LÉANDRE

De rejoindre en ces lieux mon aimable marquis !

(ils s’embrassent.)

LE MARQUIS

Comment vont les plaisirs? Gomment va la fortune?

LE MARI GARÇON

GîO

Et qu’as-tu fait depuis mon départ de Paris ?

LÉ AND RE

J’ai voltigé de la blonde à la brune;

J’ai suivi, tour à tour, quatre inclinations, L’amour, le jeu, le vin, la bonne chère;

J’ai mis enfin au jour toutes les actions Qui peuvent signaler un jeune militaire;

Et j’ai toujours, avec un scrupule sévère,

J’ai rempli les devoirs, j’ai fait les fonctions,

Et mené la vie exemplaire D’un capitaine de dragons.

LE MARQUIS

Tant de sagesse m’édifie,

Et ton état, Léandre, est un bien que j’envie.

LÉANDRE

A ton tour, marquis, apprends-moi,

Avec la même bonne foi,

Tes occupations pendant quatre ans d’absence.

LE MARQUIS

J’ai beaucoup voyagé, mais sans aucun plaisir. J’ai d’abord visité la France,

Mais avec tant de diligence,

Que je n’ai pas eu le loisir De m’ennuyer, ni de me divertir.

J’ai parcouru, sans faire résidence, L’Allemagne, la Suisse, où l’on m’a forcément Enseigné l’art de boire alternativement En même pot qui fait la ronde,

Et de m’enivrer proprement Pêle-mêle avec tout le monde.

Puis, j’ai vu la Hollande, où l’esprit, l’agrément, Où le plaisir paraît un être imaginaire,

Où le vrai savoir-vivre, où le grand art de plaire. Est l’art de commercer toujours utilement.

J’ai fait le tour de l’Italie ;

Là, j’ai pendant dix mois, subsisté de concert,

Ou n’ai vécu que de dessert.

En décoration, ou bien en symphonie,

On vous y traite, on y fait les honneurs;

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