ACTE II, SCÈNE II
Qui ne voit les amants que d’an œil cle courroux, Monsieur, auprès d’elle, pour vous,
Mon ministère est inutile.
Si je me chargeais, entre nous,
De lui rendre vos billets doux,
Je tromperais votre amour trop facile,
Et je volerais vos bijoux.
LE MARQUIS
Mais cet amour est pur autant qu’il est extrême.
FINETTE
Monsieur, expliquez-vous vous-même.
LE MARQUIS
Je ne saurais près d’elle en trouver le moment. Essayez de donner...
FINETTE
C’est inutilement.
Je ne servirais pas, croyez-moi votre flamme;
Et je me mettrais mal dans l’esprit de madame.
LE MARQUIS
Recevez la bague toujours :
Si votre soin à ma tendresse,
Ne peut être d’aucun secours,
De la restituer vous serez la maîtresse.
Par cet accord...
FINETTE
Non, monsieur le marquis :
Voilà ce que jamais on ne me verra faire,
Car jamais je ne rends ce qu’une fois j’ai pris :
C’est encor là mon caractère.
LE MARQUIS
Je vois que mon présent est trop mince à vos yeux : J’y joins la boite d’or que ma main vous présente.
FINETTE
Ah! vous êtes, monsieur, un homme dangereux;
Et, de peur qu’à la fin tant d’éclat ne me tente,
Je me retire vite, et suis votre servante.
(Elle s’enfuit.)
LE MARI GARÇON