SCÈNE III LE MARQUIS
Oh! pour le coup, mon malheur est affreux!
Et j’en sens un dépit horrible!
Il faut que, tout exprès, il se trouve pour moi Une suivante incorruptible,
Dont la droiture soit la loi!
Mais, la fortune aura beau faire,
Mon amour n’en veut pas avoir le démenti ;
Et je vais prendre le parti D’être, de mon ardeur, moi-même l’émissaire.
En vain j’ai contre moi, dans cette occasion,
Frères, amis, Gidalise, soubrettes.
Soyons plus forts que tout : trouvons l’invention D’apprendre, en dépit d’eux, mes souffrances secrètes A l’objet de ma passion.
Faisons, en vers, ma déclaration,
Et Décrivons sur ces tablettes.
Grâce à la nature, j’en fais,
Facilement, de fort mauvais;
J’en ai même donné des preuves très-certaines. J’étais un des meilleurs poëtes du Marais,
Dont j’ai fait les plaisirs le cours de six semaines Gomme, avec eux, les vers portent leur passeport,
Et qu’on lès croit sans conséquence,
Pour les faire accepter, il faut bien moins d’effort : La plus sévère en badine d’abord;
On y dit ce qu’on veut, sans quelle s’en offense.
Je trouverai, ce soir, sûrement les moyens,
A la faveur d’un peu d’adresse,
De donner, ou du moins de faire voir les miens A mon adorable comtesse;
Et j’aurai l’avantage, en prenant cet emploi,
De n'être, d’un tel bien, redevable qu’à moi...
Mais, voilà Gidalise ! Ah! qui peut la conduire?
Elle n’est pas contente; obstinée à me nuire,
De m’empêcher de lui parler,