ÉRASTE, LUCINDE, MARTON, FRONTIN
MARTON, à Lucinde.
Tout est perdu; je viens, la tristesse dans l’âme,
LE SAGE ÉTOURDI
Je viens pour vous chercher de la part de madame.
LUGINDE.
Paurquoi ?
MAR TON
Mademoiselle, on n’attend plus que vous; Léandre, sans délai, va se voir votre époux.
Son père est arrivé tout exprès pour conclure ; Madame du contrat presse la signature.
ÉRAS TE.
Quelle nouvelle ! ô ciel I elle glace mes sens.
LUGINDE.
Toute ma joie expire à ces mots foudroyants.
Quelle noce fatale !
ÉRASTE
Ah î votre effroi me charme.
Léandre vous déplaît, puisqu’elle vous alarme :
Voilà ce qu’en secret je brûlais de savoir.
LUGINDE.
Et voilà ce qui fait mon juste désespoir.
ÉRASTE
Pour rompre ce lien que votre âme redoute,
Parlez, j’oserai tout, quelque effort qu’il m’en coûte.
LUGINDE.
Ce serait m’affranchir d’un supplice cruel.
ÉRASTE
Quel moyen employer?
M ART O N
Mais un très-naturel.
Vous avez pour Lucinde une estime très-grande;
A sa tante, monsieur, faites-en la demande ;
A votre empressement on pourra l’accorder,
Si Léandre surtout daigne vous seconder.
FR ON TIN, bas à Éruste.
Fuyez plutôt ; prenez vers Paris votre course,
Ou vous êtes perdu sans espoir de ressource.
MA RT O N
Le mariage au fond est ce qu’on veut qu’il soit. Dans le monde, monsieur, tous les jours on le voit, Son joug est si léger qu’on le porte sans peine ;