‹ Le babillardChapitre 48 sur 356 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

MONTV AL.

Donne-moi ce pinceau que ses doigts délicats Ont conduit pour orner ma figure brillante :

Qu’en atten tant j’y porte une lèvre pressante.

LISETTE

Dans leurs façons d’agir, que les amants sont fous ! A. baiser ce pinceau quel plaisir prenez-vous?

MO NT VAL

L’objet qui l’a touché le rend cher à ma flamme ;

J’en tiens un nouvel être et lui dois une autre âme.

(il regarde son portrait.)

De mes traits embellis je demeure enchanté.

Que je me trouve beau ! c’est sans fatuité.

Dans mon portrait, au fond, ce n’est pas moi que j’aime; C’est la main qui l’a fait, c’est Lucile elle-même. Puis-je trop le chérir? les Grâces et l’Amour Ont peint et retouché l’ouvrage tour à tour.

LISETTE

Elle vient, cachez-vous ; goûtez en amant tendre, Avant que de la voir, la douceur de l’entendre.

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