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Lettre du Ministre aux Recteurs

17 Décembre 1917

Diverses questions m'ont été posées au sujet de l’application du décret du 22 janvier 1917, qui a ajouté une interrogation de langue vivante aux épreuves orales de la deuxième partie du baccalauréat de VEnseignement secondaire (Philosophie et Mathématiques) :

1° On m’a demandé d’après quelle liste d’auteurs et quels programmes se fera cette interrogation et en quoi elle consistera.

L’article 19 (I et II) du décret répond à la première question. Il y est dit que les épreuves de l’une et l’autre séries (Philosophie. et Mathématiques) se font d’après les programmes des classes de Philosophie ou de Mathématiques? C’est donc l’un des auteurs inscrits au programme de l’une ou l’autre classe qui devra faire l’objet de l’interrogation. Quant à l’interrogation elle-même, j'ai décidé, après avoir pris l’avis de MM. les Inspecteurs généraux, qu’elle consisterait en la lecture à haute voix et l'explication d’un texte choisi dans le programme d’auteurs desdites classes et en un entretien sur le texte expliqué dans la langue étrangère choisie par le candidat.

2° Cette interrogation devra-t-elle être subie à partir de l’année 1918 par les candidats actuellement éliminés ou admissibles ?

La négative n’est pas douteuse. Il est, en effet, de règle constante qu'un candidat ajourné à un examen conserve, quand il se présente pour réparer son échec, le régime sous lequel il a subi la première fois les épreuves de cet examen. Toutefois, si le candidat en exprimait le désir dans sa demande d’inscription à l’examen, rien ne s’opposerait à ce qu’il fût autorisé à subir les épreuves conformément aux dispositions du décret du 22 janvier 1917.

Mais il doit être entendu que le candidat actuellement reçu à l’une des deux séries (Philosophie ou Mathématiques), qui se présentera pour la première fois à l’autre série, ne sera pas dispensé de l’interrogation de langue vivante, car il s’agira alors pour lui d’un examen nouveau.

Enfin, il va de soi que les candidats qui, à partir de l’année 1918, auront subi avec succès les épreuves de la série Mathématiques, d’après les nouvelles dispositions seront dispensés, s’ils se présentent ultérieurement à la série Philosophie, de l’interrogation de langue vivante, puisque cette matière est affectée, dans cette dernière série, d’un coefficient moindre que dans la série mathématiques (1/2 au lieu de 1).

3° Quelles modifications devront être apportées comme conséquence des dispositions nouvelles dans l'établissement des certificats d'aptitude de la deuxième partie ?

Il y aura lieu d’ajouter :

1° Aux visas, la mention suivante : « Vu le décret du 22 janvier

DOATESE 2° A la nomenclature des épreuves orales, et suivant la série : Série Philosophie — « Interrogation de langue vivante, coefficient 0,5 de 0

à 10. > L’examinateur, en notant de 0 à 10, fera ainsi automatiquement la multiplication de la note (de 0 à 20) par le coefficient (1/2) ; ou série Mathématiques —— « Interrogation de langue vivante, coef-

ficient 1, de 0 à 20. » :

Il est à remarquer que, par suite de cette nouvelle épreuve, la

moyenne est augmentée de 5 points pour la série Philosophie et devient 115, et de 10 points pour la série Mathématiques et devient 220.

II. — Lettre du Vice-Recteur de l’Académie de Paris aux Doyens des Facultés des Sciences et des Lettres.

28 Janvier 1918

Les deux questions suivantes ont été posées à M. le Ministre au sujet de l’application des dispositions de la circulaire du 17 décembre dernier relative à l’interrogation de langue vivante imposée par le décret du 22 janvier 1917 aux candidats à la deuxième partie du baccalauréat.

1° Comment l’auteur à expliquer sera-t-il choisi ? s 2° Le candidat pourra-t-il présenter la même langue qu’à la première partie du baccalauréat ? . e

M. les Inspecteurs généraux consultés sur ces questions ont fait la réponse suivante que M. le Ministre a adoptée à

L'épreuve de langue vivante de la seconde partie du baccalauréat est destinée à établir que le candidat a gardé la pratique de la langue étrangère et qu’il est capable de traduire un texte. Elle n’exige pas de lui des connaissances nouvelles et n’implique pas à proprement parler la préparation d’un programme. C’est seulement à titre d'indication qu’une circulaire a rappelé la liste des auteurs inscrits aux programmes aes classes de mathématiques et de philosophie. Les textes proposés pourront donc être choisis soit sur cette liste, soit dans un journal ou une reyue, soit dans un recueil d'extraits en usage dans les classes. Les candidats n’auront pas à présenter une liste d'ouvrages sur lesquels l’interrogation devrait obligatoirement porter.

Du caractère de la nouvelle épreuve, il résulte que les candidats devraient être interrogés à la seconde partie du baccalauréat dans la même langue qu’à la première, toutefois il n’y à pas d’inconvénients sérieux à ce qu’ils désignent une nouvelle langue.

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