‹ Le Baccalauréat de l'Enseignement SecondaireChapitre 65 sur 447 · MT · texte numérisé non relu

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< urnes des boules portant des numéros correspondans à chaque ques- « tion, etc. »

La composition écrite, discours français ou version latine, établie par arrêté du 9 février 1830, d’abord « ne consista guère qu’en un < simple exercice d'orthographe », et même avait « cessé d’être de- < mandée dans beaucoup d’académies », lorsque l'arrêté du 14 juillet 1840 la restaura, en exigeant « une version latine à peu près de la même force et de la même étendue que les versions qui se donnent en rhétorique » (Art. 15).

Ce règlement était accompagné de la publication « d’une liste d'auteurs grecs, latins et français » et de « programmes uniformes » divisés en série, selon les diverses matières de l'examen, chaque série se composant de cinquante numéros. Il consacrait de plus l’usage des boules, de l’urne et du tirage au sort (art. 21 et 22), et prescrivait, pour la première fois, d’insérer dans le certificat d’aptitude des notes sommaires sur la valeur de chaque examen.

Le but de ce règlement était de régulariser le baccalauréat en établissant les mêmes épreuves pour toute la France,

La réforme générale des études en 1852 entraînait une réforme corrélative dans l’examen pour le premier grade universitaire. Le baccalauréat ès sciences cessa d’être ce qu’il était depuis 1808, une épreuve spéciale et limitée supposant nécessairement l’épreuve du baccalauréat ès lettres, c’est-à-dire des études générales et communes. Ce fut un examen mixte, comprenant presque autant de lettres que de sciences, et qui, de même que le plan d’études, confondait à dessein ce qu’on

‘ avait jusque-là séparé, la pratique et la théorie. (Règlement et programme du 7 septembre 1852.)

Le baccalauréat ès lettres recevait une seule modification importante. Outre la version latine, l’épreuve écrite devait comprendre désormais « une composition latine ou une composition française, suivant que le sort déciderait >» (Règlement du 5 septembre 1852).

Un dernier règlement, en date du 3 août, supprima cette alternative et ne conserva que le discours latin.

Dès 1852, une nouvelle distribution des matières et la suppression de quelques parties de l’ancien programme avaient permis de réduire de quatre cents à cent quarante-six le nombre des numéros du questionnaire.

En 1857, il n’y en eut plus que soixante-neuf ; mais chaque numéro comprit des objets fort divers. En histoire, par exemple, les Assyriens avec Brunehaut et Frédégonde, les Médicis, Mahomet IL et la géographie de l’Afrique ne firent plus qu’un numéro. Il en fut de même pour les sciences, où les questions les plus disparates de mathématiques pures, de physique, de chimie, etc., se trouvèrent confondues sous un même numéro d'ordre.

Enfin ce règlement consacre, pour la première fois, officiellement, la distinction des boules noires, rouges et blanches, mais sans autori. ser l’opération par laquelle une noire (1) est rougie par une blanche.

Ainsi fut constitué par voie de création successive et par une progression continue du simple au composé, le système actuellement en vigueur pour l’examen du baccalauréat ès lettres.

Cet examen est-il en rapport avec le but pour lequel il a été établi ? Est-il réellement la sanction des études classiques et la preuve sérieuse de l'instruction générale du candidat ? Dès 1839, M. de Salvandy (2) croyait devoir rappeler ce caractère de généralité dont on s’écartait déjà : « Les principaux auteurs classiques, le programme d’histoire des Collèges royaux et le programme de philosophie sont la base de cet examen ; il importe donc que les élèves soient interrogés, non sur un petit nombre de passages connus d’avance, mais sur des passages choisis inopinément dans les textes complets. »

(1) J1 est dit seulement, à l’article 17: « Une boule noire, pour l’une des deux par ties de l’épeuve écrite, à moins que le candidat n’ait mérité pour l’autre une boulé blanche, entraîne l’ajournement. »

(2) Circulaire du 1° décembre 1839,

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