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LE BACCALAURÉAT ÈS SCIENCES ET SES VARIATIONS

A l’origine, nul ne pouvait prétendre au diplôme de bachelier ès sciences qui ne fût muni du diplôme de bachelier ès lettres. Et de même qu'il fallait, pour être admis au baccalauréat ès lettres, répondre sur tout ce qu’on enseignait dans les classes de rhétorique et de philosophie, il fallait aussi, pour être admis au baccalauréat ès sciences, répondre sur l’arithmétique, la géométrie, la trigonométrie rectiligne, l’algèbre et son application à la géométrie, c’est-à-dire sur tout ce qu’on enseignait dans la classe de mathématiques élémentaires des lycées (1). Comme le baccalauréat ès lettres suffisait pour donner accès à toutes les Facultés et bénéficiait de toutes les prérogatives attachées au grade de bachelier, le diplôme de bachelier ès sciences ne semble avoir été recherché jusqu’en 1820 que par un petit nombre de candidats désireux de poursuivre, à leur sortie du lycée, leurs études, soit à la Faculté des sciences, soit dans les écoles spéciales. Ce petit nombre de candidats était prévu par les règlements (2). Et de fait, les Facultés des sciences ne délivrèrent, de 1809 à 1818, que 143 diplômes de baccalauréat, soit moins de 15 par an.

En 1820, on décida que pour s'inscrire dans les Facultés de médecine, il faudrait, à partir du 1” janvier 1823, avoir obtenu, non seulement le grade de bachelier ès lettres, mais aussi celui de bachelier ès sciences (3). L’ordonnance qui prescrivait cette mesure et qui est, pour le baccalauréat ès sciences une vraie

(1) Cf. Décret du 17 mars 1808, art. 22. « On ne sera reçu bachelier dans la Faculté des sciences qu'après avoir obtenu le même grade dans celle des Lettres, et qu’en répondant sur l’arithmétique, la géométrie, la trigonométrie rectiligne, l’algèbre et son application à la géométrie. »

(2) Cf. Règlement particulier pour la Faculté des Sciences de Paris du 10 octobre 1809 : « Lorsqu'il y a plusieurs élèves d’un Lycée qui demandent le baccalauréat à la fin de leurs études, le proviseur en prévient le doyen et se concerte avec lui. »

(3) Cf. Ordonnance du 5 juillet 1820, art. 1,3, 4 Cf. aussi ordonnance du 23 février 1823, portant réorganisation de la Faculté de médecine de Paris, art. 24 : « Nul ne sera admis à prendre des inscriptions, s’il ne produit. le diplôme de bachelier ès lettres et celui de bachelier ès sciences. »

charte, au même titre et pour les mêmes raisons que l’ordonnance du 13 septembre 1820 nous est apparue comme la charte du baccalauréat ès lettres, ajoutait : « D’ici à cette époque, l’instruction requise pour ce grade, ainsi que pour les grades supérieurs de la Faculté des sciences, sera réglée de nouveau, et de manière que le grade de bachelier n’exige de ceux qui se destinent à la médecine que les connaissances scientifiques qui leur seront nécessaires » (1). C'était reconnaître qu’il y avait intérêt à distinguer, dans l’examen du baccalauréat ès sciences, ce qui convenait aux études médicales de ce qui était nécessaire pour être admis à la : Faculté des sciences ou dans les écoles exclusivement scientifi-

ques.

Aussi, dès le 25 septembre 1821, le Conseil royal de l’Instruction publique créait à côté du baccalauréat ès sciences mathématiques proprement dites, un baccalauréat ès sciences physiques et naturelles à l’usage des candidats qui se destinaient à des études de médecine. Tandis que l’examen du baccalauréat ès sciences proprement dites demeurait tel qu’il avait été réglé par le décret du 17 mars 1808 et par le statut du 16 février 1810, l’examen du baccalauréat ès sciences physiques et naturelles avait pour objet outre le programme de mathématiques de la classe de philosophie, « la connaissance des procédés généraux d'observation communs à toutes les sciences expérimentales et quelques questions spéciales » pour la physique ; « les notions générales et particulières », pour la chimie ; « les différences anatomiques des principales divisions du règne animal et la marche à suivre pour reconnaître un animal mis sous les veux », pour la zoologie ; «les principaux organes de fructification, les méthodes de Tournefort, de Linnaeus et de Jussieu, et les caractères essentiels des familles naturelles qui renferment un grand nombre de plantes officinales » pour la botanique ; «les principaux caractères qui distinguent les minéraux des êtres organiques, les bases de la distribution méthodique des espèces minérales et l'application de ces principes à des minéraux choisis parmi ceux que l’on emploie en médecine », pour la minéralogie (2).

(1) Cf. Circulaire du 19 juillet 1820. « L'article 4 de la nouvelle ordonnance, qui exige, à dater du 1 janvier 1823, le baccalauréat ès sciences pour les étudiants en médecine, sera également favorable au progrès des sciences et à ceux de l’art de guérir. La Commission va s'occuper incessamiment du nouveau règlement que cet article demande, après avoir consulté à cet effet des médecins et des savants dignes de confiance. Vous devez voir dans toutes ces dispositions, Monsieur le Recteur, avec ‘quelle sollicitude le Roi daigne s'occuper de ce qui peut donner à l’Instruction publique de l’étendue et de l'éclat, et développer les germes féconds que récèle l’organisation de l'Université. »

(2) Cf. Règlement du 25 septembre 1821. Cf. aussi l'arrêté du 10 novembre 1829, art. 3 : « Les cañdidats au baccalauréat ès sciences physiques devront répondre : 1° sur les mathématiques élémentaires qui entrent dans le cours de première année de philosophie ; 20 sur les éléments de la physique, de la chimie et des trois branches de l’histoire naturelle, suivant les programmes adoptés pour les collèges royaux ». É

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