‹ Le Baccalauréat de l'Enseignement SecondaireChapitre 84 sur 447 · COR · texte numérisé non relu

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# 2 sn S D parfaitement distinct; et alors les matières présenteront un caracIere homogène, dont leur JaLbe HreIRÇREe pourra beaucoup plus aisémen

isir l’ensemble et les détails. 4 en Cet avantage est décisif et frappe tous les yeux. Par, là, ee a ae d’espérer que la rhétorique et la philosophie reprendront en ge eur rang et leur honneur parmi nous, Car Î , Chacune de ces deux € ASseS sera suivie d’un examen, c’est-à-dire d’une sanction immédiate e 2° chaque examen étant simplifié par la division proposée, la 1ACHR sera plus proportionnée à la capacité des élèves, et les matières de

chaque examen pourront dès lors être enseignées et étudiées plus à fond. pe

On aura donc manifestement des études plus sérieuses ; et cela pour une autre raison encore : c’est qu'on aurait aussi, et par là même de plus sérieux examens. Dans le système actuel, tout le monde le sait, et tous les examinateurs en conviennent, la compassion qu inspirent les candidats aux prises avec un si vaste programme rend les jurys d’examen très indulgents sur la philosophie et les sciences ; et même sur le reste, tandis que dans le système proposé ayant à examiner sur moins de matières à la fois MM. les examinateurs pourront et devront interroger plus à fond, et les jeunes gens certains dès lors qu’ils seront sérieusement examinés, ne seront plus tentés de remplacer les vraies études par des préparations hâtées et factices.

Il en résultera donc pour eux de meilleures études, une meilleure éducation de l'esprit, une éducation vraiment intellectuelle, vraiment libérale, c’est-à-dire une éducation qui donnera successivement l’essort à toutes les facultés, affermira leur pensée en même temps qu’elle enrichira leur mémoire, et fera de leur intelligence linstrument du vrai savoir, au lieu de la réduire à n’être qu’une sorte de bazar mnémonique où s’entassent pêle-mêle, sans lumière, sans ordre, sans aucune consistance, les notions les plus incohérentes totalement substituées à la réalité et au fond des vraies connaissances.

Ajoutons en ce dernier lieu qu’on enlèvera aux jeunes gens la tentation de supprimer comme ils le font trop souvent, soit la rhétorique, soit la philosophie.

Aujourd’hui qu’arrive-t-il ? C’est qu’un grand nombre d’élèves ne font point de rhétorique, et surtout point de philosophie, ce qui est encore plus désastreux. Les chiffres officiels sont là, et il n’y a pas à le nier. La statistique des examens prouve qu’un tiers, souvent même la moitié de ceux qui se présentent, n’ont point fait leur philosophie. Ce nombre, depuis 1867, suit, dans les Lycées et Collèges de Paris, une: proportion croissante, à partir du tiers. Au Lycées Henri IV et Charlemagne et au Collège Rollin cette proportion atteint la moitié des élèves ; elle est parvenue ‘au tiers au Lycée Saint-Louis et au Lycée de Versailles, et l’a dépassé au Lycée Louis-le-Grand. Dans ce dernier Lycée, depuis 1862 jusqu’en 1872, sur 433 élèves, 230, ainsi plus de la moitié, se sont présentés après la rhétorique, sans avoir fait leur philosophie. De ce fait déplorable une cause manifeste, c’est la nécessité où l’on s’est trouvé comme nous le disions tout à l’heure, par suite de l’étendue du programme, d’être d’une indulgence excessive dans les examens sur la philosophie. Sachant qu’il rencontrerait là peu d’exigence le candidat abandonnaït la classe de philosophie et le professeur et s’en tenait au manuel et au préparateur. Mais dans le système nouveau nous l’avons vu, l’examen deviendra nécessairement plus sérieux étant plus circonscrit. Surtout comme il faudra nécessairement une année d'intervalle constaté par le certificat daté de l’admission au premier examen, les jeunes gens n’auront plus la même facilité ni le même intérêt à supprimer leur philosophie, et ils auront le temps de la faire bonne.

Les hautes classes ne seront donc plus mutilées ou même totalement supprimées comme par le passé, et les professeurs de nos grands établissements d'éducation verront se rétablir la discipline et l’honneur des fortes études, sans que l’industrie privée ait au même degré la faculté de créer, comme actuellement, ses fabriques de bacheliers. Cest pour toutes ces raisons, Messieurs que nous n’avons pas hésité à approuver le projet de décret, de même que la réunion des proviseurs

et des professeurs et le Comité consultatif n’avaient pas hésité à l’accepter le recommandent ainsi, avec l’autorité de leurs lumières et de leur expérience, à votre propre acceptation.

Il y a ici cependant des difficultés pratiques qu’il faut signaler et sur la solution desquelles la seconde commission a senti le besoin d’appeler toute l’attention et les lumières au Conseil supérieur.

Et d’abord dans l’application du nouveau décret, il y aurait dit-on pour MM. les professeurs des Facultés chargés de l’examen des candidats, double peine et moins d'avantages.

Je rappellerai d’abord ici, Messieurs, que ce sont des Facultés de province qui ont les premières demandé ce nouveau décret. Et quant à MM. les professeurs de la Faculté de Paris, qui sont, par l'éclat de leur enseignement et par la haute distinction de leurs écrits, l'honneur des lettres françaises, leur dévouement, je le sais, se déclare prêt à ne reculer devant aucune fatigue, devant aucun sacrifice, pour assurer le succès de cette utile et nécessaire réforme.

On peut observer ensuite que l’examen étant désormais partagé, d’une part chaque examen «comportera moins de matières, et d’autre part il ne sera pas nécessairement fait par les mêmes professeurs.

De plus, ils pourront avoir des auxiliaires. En effet, le règlement qui est soumis à notre examen porte ceci

« Lorsque le nombre des candidats l’exige, plusieurs jurys siège- < ront simultanément.

« Des agrégés de Facultés et, à défaut, des docteurs choisis sur « une liste annuellement dressée par le doyen de la Faculté et proposée « au Ministre par le Recteur, peuvent être appelés à compléter le < jury d’examen. »

Quant aux avantages convenables et nécessaires attachés à ces honorables, mais très laborieuses fonctions, il sera facile au gouvernement de faire voter un crédit qui reconnaitra comme il convient chez MM. les professeurs de Faculté, un dévouement et des intérêts qui doivent être avant tout respectés.

A ce propos, la Commission émet le vœu que les frais d’examen pour les deux épreuves séparées restent ce qu'ils sont aujourd’hui, la seule preuve totale, et que les parents ne soient pas obligés à de plus grandes dépenses que par le passé.

Dans ce but, et pour éviter à un certain nombre d’élèves des frais de voyage trop considérables, on pourrait envoyer quelques commissions d'examens dans les lieux les plus éloignés du siège académique ; et des membres de l’Institut pourraient être à cet effet délégués par le Gouvernement.

En facilitant ainsi les examens, on se rapprocherait de ce qui se pratique en Allemagne pour les examens de maturité, où un Commissaire du Gouvernement préside dans les gymnases le jury qui fait passer cet examen et délivre les diplômes.

Quant aux candidats, une première objection est celle qui se tire de l’âge. On a dit : Dans le système du décret on pourra être bachelier ès sciences à l’âge de seize ans, tandis qu’on ne pourra être bachelier ès lettres qu’à dix-sept ans. Or, dans cette situation, voici ce qui arrivera : pour gagner une année, les jeunes gens se précipiteront vers le baccalauréat ès sciences. Ils déserteront de plus en plus la rhétorique ei la philosophie que vous voulez relever. Les études littéraires seront sacrifiées à la préoccupation exclusive de faire au plus vite sa carriere, et le remède que vous cherchez sera pire que le mal.

D’abord, nous l’avons vu, l'inconvénient existe aujourd’hui. Et nous avons démontré que le nouveau système amènera un plus grand nombre de jeunes gens à faire leur philosophie, et à la faire mieux. Ces raisons s’appliquent dans toute leur force aux jeunes gens qui ne se destinent pas aux carrières scientifiques. Quant à ceux qui s’y destinent, voici une réponse péremptoire :

Pourquoi ne fixerait-on pas le même âge pour les deux baccalauréäts ? On serait bachelier ès sciences à dix-sept ans comme pour les lettres.

L’objection alors disparait pleinement ; et voici comment, dans ce

système, les choses pourraient être organisées : la première épreuve, l’épreuve littéraire, celle qu’on pourrait subir dès l’âge de seize ans, serait commune aux deux baccalauréats. Tous les candidats seraient tenus de la passer. La deuxième épreuve seule différerait, et la partie scientifique y serait plus ou moins étendue, selon qu’on voudrait obtenir l’un ou l’autre diplôme. Mais la philosophie y aurait toujours sa place, et les candidats au baccalauréat ès sciences pourraient très facilement suivre un cours de philosophie, en même temps qu’ils feraient leurs mathématiques élémentaires. Rien de plus facile, en effet, dans un Cours de mathématiques élémentaires, que d’intercaler un cours de philosophie complet qui s’organiserait avec deux lecons de deux heures par semaine, ou mieux avec quatre leçons d’une heure chacune. Ils se prépareraient donc à la deuxième partie du baccalauréat et feraient une philosophie en même temps qu’ils feraient leur année de mathématiques élémentaires, et seraient préparés du même coup par leurs cours de mathématiques au baccalauréat ès sciences, qui leur est nécessaire. Ils passeraient l’année suivante aux mathématiques spéciales. Tout se trouverait par là concilié.

Ainsi donc, le système proposé, s’il ne peut pas supprimer cette inclination fatale qui porte à découronner de la philosophie les études libérales, la combat efficacement du moins, en offrant le moyen de combiner cette étude avec la préparation aux carrières, tandis que l’autre système succombait là déplorablement.

I faut de plus qu’on sache, pour réduire l’objection à sa juste valeur : en fait, très peu de jeunes gens prennent le baccalauréat ès sciences avant dix-sept ans. Et il n’est pas nécessaire, en effet, qu'ils le prennent plus tôt. Bacheliers à dix-sept ans, c’est-à-dire à la fin des mathématiques élémentaires, ils vont de là aux mathématiques spéciales et ils ont alors trois ans pour se préparer à l'Ecole polytechnique. Or, deux ans leur suffisent ; aussi beaucoup d’entre eux, je devrais dire la plupart, ne se font-ils recevoir bachelier ès sciences qu’à dix-huit ans.

S'il s’agit des candidats à Saint-Cyr, pour eux il y a moins de difficultés encore, car : 1° leurs études sont moins étendues que celles des candidats à l’Ecole polytechnique, et la limite d'âge est la même, ils ont donc du temps devant eux ; 2° les mêmes études à peu de choses près, qui les préparent au baccalauréat ès sciences, les conduisent à Saint-Cyr. Il n’y a donc pas de retard occasionné par la fixation du baccalauréat à dix-sept ans.

Mais la réponse que nous venons de faire suscite une autre objection, c’est que ce système retarde d’un an l’entrée dans les Ecoles du Gouvernement.

À supposer que cette assertion soit exacte, on avouera du moins que cet inconvénient n’en est pas un pour la très grande majorité des ieunes Français qui n’entrent pas dans les Ecoles Spéciales.

. Mais si l’on a bien suivi les réponses que nous avons opposées aux objections précédentes, on doit être convaincu qu’en réalité celle-ci n'est pas fondée, et que, pour la plus grande partie, je dirai la presque totalité des candidats, l’entrée aux Kcoles ne serait pas retardée. N’oublions pas qu'on ne peut entrer à Saint-Cyr avant dix-huit ans. Où serait alors le mal d’obliger ces jeunes gens à faire leurs études littéraires solides avant d'appliquer leur esprit aux études spéciales ?

Cette obligation ôtera aux études littéraires, aux vraies études, à celles qui forment l’homme, ce caractère artificiel et hâtif qui en fait la faiblesse et en prépare la ruine. Elle laissera aux élèves le temps nécessaire pour le développement régulier et vraiment fécond de leurs Facultés, et le diplôme qui couronnera leurs études sera alors ce qu’en Allemagne on appelle si justement le diplôme de maturité, c’est-à-dire la marque d’un esprit qui, loin d’être fatigué, affaibli et écrasé — comme il arrive trop souvent — par la masse de ces notions mal conçues, mal digérées, qu'il a Saisies, pour ainsi dire, au hasard et à la hâte se trouvera en possession de facultés solidement préparées et vraiment müries pour l'étude des sciences et pour les carrières spéciales auxquelles il se destine. Qui ne voit les grands avantages qu'il y aurait pour nos jeunes officiers à se présenter à l’Ecole militaire avec la vi-

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gueur et la distinction d’esprit, avec le goût du travail que donnent des humanités bien faites ?

Mais on insiste encore, et l’on dit : la limite d’âge inférieure pour l'Ecole polytechnique est seize ans ; or les candidats qui sont en mesure d’entrer à cet âge, nous voulons qu’ils entrent sans retard, et sans être arrêtés par vos règlements, car ce sont toujours des jeunes gens très distingués, qui deviennent souvent des hommes éminents.

On conviendra d’abord que les candidats de cette catégorie sont de rares exceptions, et l’on peut se demander s’il faut faire une loi pour des exceptions. On conviendra encore que ce ne sera pas un médiocre avantage pour ces rares candidats de pouvoir entrer à l'Ecole avec une éducation générale plus forte. Mais admettons qu’on doive faire une loi exceptionnelle pour cette catégorie de candidats, je suis prêt à y souscrire, persuadé qu’elle ne saurait avoir de fréquentes applications, ni, par conséquent, de fâcheuses conséquences : ne pourrait-on pas établir que, par exception, un jeune homme admissible à l'Ecole polytechnique à seize ans, c’est-à-dire à la limite d’âge inférieure, sera admis à passer en une seule fois l’examen complet du baccalauréat ès lettres ?

Quant aux candidats qui seraient exceptionnellement en retard, on a proposé pour eux plusieurs solutions

1° Ne peut-on pas, a-t-on dit, leur accorder exceptionnellement de passer leur examen dans les mêmes conditions d’âge et d’examen qu'aujourd'hui ?

2° Nous avons montré plus haut comment pour eux tout se peut concilier, et comment, dût-on ne pas reculer l’âge pour l’entrée dans les Ecoles, ils trouveraient facilement trois années pour leur préparation.

3° Mais enfin cette limite d'âge, ne peut-on la reculer à vingt-et-un ans au lieu de vingt, pour l’entrée dans les Ecoles militaires ? Il est manifeste que ceci serait capital et d’une importance décisive pour relever dans nos collèges le niveau de la haute éducation intellectuelle de la jeunesse française (1).

Tant qu’on maintiendra les théories et les exigences actuelles, on condamnera, par la faute et la préoccupation des parents et des enfants, la haute éducation des jeunes intelligences dans notre pays a une irrémédiable infériorité. On verra de pauvres enfants de sept à huit ans jetés dans l’étude du latin, s’étioler dans ce labeur ingrat, avant même de connaître les éléments de la langue française. On verra une multitude d'élèves faire leurs classes sans faire leurs études. On verra la préparation hâtive aux examens annuler l'effet de toutes nos autres réformes, mutiler et décapiter les classes les plus élevées, et compromettre de plus en plus la haute éducation intellectuelle, dans notre pays. Les meilleures traditions seront impuissantes devant un système artificiel et factice, et l’on n’arrivera qu’à un abaissement continu des intelligences et des études, pour avoir voulu faire violence à l’invincible nature des choses.

En ne donnant pas aux jeunes gens le temps nécessaire, le temps sans lequel rien ne peut se faire de grand ni de durable, on n’aura donné à aucun, ni à ceux qui entrent dans les carrières civiles, ni à ceux qui se destinent aux carrières militaires, le goût de l’étude, l'amour de la science, l’habitude du travail. Or ce sont là les grands fruits de l’éducation. Mais où les recueille-t-on ces fruits si précieux ? En fait, sauf le mois qui précède l’examen, on ne travaille sérieusement et assi-

(1) IL faut souhaiter vivement que la limite d’âge pour les Ecoles soit reculée à vingt-et-un ans. Ce serait la solution la plus heureuse au point de vue de la haute culture intellectuelle, et celle qui laisserait le plus de temps aux études générales, si nécessaires dans l’éducation avant l’époque où les jeunes gens abordent les études spéciales. Mais cette réforme, peut-être ne faut-il guère y compter. Il y a longtemps qu’on la demande, et pour des raisons très puissantes, sans doute, que je m’abstiens d’examiner ici, faute d’une compétence suffisante, le Ministre de la Guerre s’y est toujours refusé. Il faut donc organiser les choses avec la limite actuelle de vingt ans. Or je crois que le système proposé ici répond à toutes les objections et résout toutes les

difficultés.

dûment presque nulle part, même dans les Ecoles les plus célèbres le noble, le généreux travail, les grands écoliers d’autrefois, où sont-ils ? Sans doute il y en a encore, mais c’est le très petit nombre ; puis, qui ne J’a vu, qui ne l’a déploré ? l’examen passé, ces pauvres jeunes gens laissent là tout, les livres, le travail, l’étude: et dans les diverses carrières, sauf de rares exceptions qui par là même sont infiniment honorables, ils abandonnent ensuite leur jeunesse et leur avenir à une oisiveté honteuse, meurtrière, par la triste raison qu'ils n’ont jamais connu ni les nobles plaisirs de l’esprit, ni les joies austères de l’étude, ni le bonheur du travail. ;

Enfin, comme dernier remède, ou plutôt comme complément nécessaire de la réforme que nous nous proposons, il faudrait diminuer le programme des sciences et ne pas étendre indéfiniment le programme d'histoire. Ici encore les hommes les plus éminents, les plus compétents en matière de sciences, nous recommandent, non seulement à nous mais aux différents départements ministériels, dans l’intérêt des études et de la haute éducation intellectuelle, de faire décharger, dans une proportion notable, les programmes scientifiques d’entrée aux diverses écoles, particulièrement celui de l'Ecole polytechnique ». L

À cette question donc se rattache le remaniement, la simplification des programmes des cours scientifiques dans les classes de lettres. Et ceci, c’est le vœu unanime des professeurs de sciences eux-mêmes. Tous déplorent le peu de fruit que porte cet enseignement, et ils en trouvent la cause dans le développement excessif des programmes d’études et d'examen.

Et de ceci le Conseil Supérieur a reçu un témoignage décisif, entre autres,

« Dans une réunion toute récente de MM. les proviseurs et directeurs des lycées et collèges de Paris et de Versailles, sous la présidence de M. le Vice-Recteur, le vœu a été de nouveau exprimé, que l’enseignement scientifique dans les classes littéraires soit réduit et simplifié, et qu’il n’y ait plus qu’une classe de sciences au lieu de deux, en seconde et en troisième.

Tous les chefs d'établissements, moins un, se sont prononcés pour cette mesure, qui rendrait immédiatement aux classes littéraires un temps précieux, sans nuire aux études scientifiques. »

Il y aurait donc tout à gagner à réduire et simplifier ces programmes ; les élèves les comprendront mieux, d’une part ; et, d’autre part, On pourra y consacrer moins de temps. Les heures gagnées de ce côté pourront être reportées avec fruit sur l’enseignement littéraire. Et qu'on ne craigne pas que la préparation aux Ecoles en souffre. Il vaut mieux un petit nombre de notions nettes et précises, déposées dans l'intelligence des élèves avant le moment où ils abordent les grandes études scientifiques, qu’un amas de matières indigestes et confuses, dont la presque totalité ne tire aucun profit. Il .n’y à pas un professeur qui n’aime mieux avoir à faire à des élèves neufs qu’à des élèves mal appris, qui ont contracté la mortelle habitude de se résigner à ne rien savoir qu'à peu près et en l'air.

Si enfin, monobstant toutes ces raisons, On vient encore nous dire : < Vous avez beau faire, les élèves sont plus habiles que vous, et se voyant astreints désormais à deux épreuves, ils trouveront toujours un moyen de se soustraire à l’une où à l’autre », à cela on peut répondre :

de Le mal existe, nous l’avons vu, puisqu'il est établi que depuis

des années un tiers et plus des élèves ne font pas de philosophie. Le nouveau système y porte du moïhs un remède sérieux. 4 2° Car dans ce nouveau système, l’examen sera bien plus difficile à passer pour des élèves qui n'auraient fait que des classes de lettres, et qui essayeraient de se présenter à l’examen sans avoir fait leur philosophie ;

3° D’ailleurs que gagneraient-ils à ne pas faire leur année de philosophie, puisqu'ils sont nécessairement obligés, après l'épreuve de rhétorique, d’attendre une année entière avant d’être admis à subir l’épreuve finale pour obtenir leur diplôme de bachelier ès lettres ?

Enfin il faut bien en convenir, il n’y a pas de règlement que l’intérêét mal entendu et la mauvaise foi ne parviennent à élucider. L’impor-

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