‹ Le Baccalauréat de l'Enseignement SecondaireChapitre 85 sur 447 · AST · texte numérisé non relu

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tant, c’est de leur laisser pour cela le moins de facilités possible. Or, nous l’avons démontré, c’est là précisément ce que fait le nouveau système.

Indépendamment d’ailleurs, de toutes ces raisons, nous pouvons invoquer encore, en faveur des réformes que nous proposons, je dois le redire en terminant, les autorités les plus graves et les plus compétentes. Ces réformes sont vivement sollicitées par plusieurs Facultés de province, par MM. les professeurs de philosophie des lycées de Paris, par plusieurs des Conseils académiques, notamment par ceux de Toulouse et de Douai, tant on a de toutes parts le vif sentiment de la grandeur du mal et de l’impérieuse nécessité d’y porter remède.

Mais pour rendre ces réformes vraiment utiles et efficaces, et fournir à la jeunesse de nos Ecoles le moyen de passer ces examens dans les meilleures conditions d’Âge et de maturité, la Commission, au nom de laquelle j’ai l'honneur de parler, m'a demandé d’insister sur la nécessité de faire disparaître tout d’abord un abus dont les conséquences ont été jusqu'ici désastreuses pour les bonnes études. Il existe, en effet, dans certains lycées et Collèges, des cours ou des classes qui comptent jusqu’à 40, 50 et même 60 et 80 élèves confiés à la direction et à la surveillance d’un seul professeur. Aussi, qu’arrive-t-il le plus souvent ? Le professeur est écrasé de travail, la moitié, les trois-quarts des élèves échappe à toute direction véritable, à tout sérieux contrôle : il n’y à d'exception que pour un tout petit nombre d’élèves laborieux et privilégiés. Pour les autres, les études vont au hasard, et les classes restent encombrées de cette triste foule d’élèves nuls ou incapables, qui en entravent la marche et sont tout à la fois le désespoir des maitres et le fléau des études.

A ce mal il y a deux remèdes. Il faudrait d’abord poser en règle qu'un professeur n’aura jamais plus de 25 élèves dans les classes de grammaire, et plus de 30 ou 40 dans les classes élevées. Dès qu’une classe dépasse ce chiffre, il faut la dédoubler et lui donner deux professeurs, et plus encore, s’il y a lieu, comme cela peut arriver dans les crands collèges qui comptent pour une seule classe jusqu’à 150 élèves. Il suffit d'indiquer ceci pour comprendre quelle puissante amélioration une telle réforme apportera dans l’ensemble des études.

Ce qui importe en second lieu, c’est de maintenir avec une vigueur inflexible le niveau des examens de passage d’une classe à une autre, et cela pour toutes les classes sans exception. Et pour faire de cet examen une épreuve sérieuse, pour rendre cette sanction puissante et efficace, il faut y mettre le contrôle de la publicité, en permettant, comme en Allemagne, aux parents des élèves et à des personnes notables de contrôler les examens. Cette mesure stimulera lardeur des uns, poussera aux abois la paresse des autres, éliminéra peu à peu des classes la catégorie désespérante des incapables et des fruits secs, établira en pratique comme en principe qu’il n’est plus permis de faire ses classes sans faire ses études, et on arrivera ainsi à former pour les examens finals une génération d’élèves rompus par l’habitude du travail aux plus difficiles épreuves. Et en dehors des grands établissements d'éducation classique, où régnerait cette noble et sévère discipline, il y aurait d’autres établissements d’un autre ordre, où serait donnée une instruction différente, et où seraient recueillis les élèves incapables des hautes études intellectuelles.

Telles sont, Messieurs, les principales dispositions du décret que vous avez commis à notre examen, et que nous vous proposons d’adopler:

Telles sont aussi les difficultés qui se présentent et qu’il importe de résoudre. Pour préparer cette solution en parfaite connaissance de cause, la seconde Commission a proposé l’ajournement de votre décision.

Sur cette proposition, ainsi que pour le fond du décret, et pour la solution des difficultés, la seconde Commission s’en réfère avec une entière confiance à la sagesse et à la parfaite compétence dont le Conseil supérieur donne, chaque jour, dans la discussion de ces difficiles et délicates questions, des preuves éclatantes, auxquelles, pour ma part, je suis heureux de rendre ici un profond hommage.

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