CHAPITRE PREMIER
Don Chérubin de la Ronda va dîner chez sa soeur; ils se racontent ce qui leur est arrive depuis leur séparation. Histoire et aventures galantes de dona Francisca.
A mon retoar dans mon hôtel garni, j'ei» beau vouloir me procurer quelques heure» de sonuneil , mes esprits étaient dans une si grande agitation , qu'il me fut impossible de m^endormir.
Je n'étais pas peu curieux d'entendre ma sœur conter les ëyënemens de sa vie, quoique je ne doutasse nullement qu'elle ne m'en fît un rc'cit tronqué- De son côté , n'ayant pas moins d'envie de me revoir
que j^en avais de Tentre tenir , elle ne prit pas plus de repos que moi. Si bien que , mVtant rendu chez elle quand je jugeai qu^il y ^tait jour, je la trouyai qui m^attendait tout habillée dans son appartement : Venez , mon frire , me dit-elle , venez satisfaire ma curiosité, après cela je contenterai la vôtre. Hé bien , qu'avez-vous fait depuis que vous avez quitte' l'université' de Salamanque? Ma chère sœur, lui re'pondis-je, j'aurai bientôt rempli votre attente. En même temps je lui de'taillai fidèlement mes bonnes et mes mauvaises aventures. Lorsque j'eus cessé de parler , dona Francisca me lit compliment sur l'état présent de ma fortune. Ensuite, se disposant à me raconter son histoire, eUe la commença dans ces termes :
Après la mort de don Rober to de la Ronda, mon père , ou pour mieux dire , du corré- {{idor de Salamanque, vous prîtes, comme vous savez , votre parti , mon frère don Ce'sar et vous \ et je demeurai avec ma
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.mcre , a. qui la m^diociité de nos biens no permettait pas de me donner une belle e'ducation, ce. qui lui causa.tant de.chagrin, qu^elle en mourut. Heureusement don.a Melancia , ina marraine, «tdon Balthasar de FavaneUa , son époux , n'en furent pas plus tôt informés, qu'ils vinrent me chercher à Molorido ; et, comme ils n'ayaient point d''enfans , ils m Vm menèrent à Salamanque dans le dessein de m'éiever chez eux. Je retrouyai dans .ma marraine et dans son mari de nouveaux parens, qui , me donsont tous les jours de nouvelles marques de tendresse, me permettaient peu de sentir le malheur d'être orpheline. Quoique je n^eusse guère alors plus de da ans , j'étais si avancée pour mon âge , que je m'attirai l'attention de don Fernand de Gajnboa, jeune gentilhomme de nos voisins. Il venait souvent au logis avec son père , qui vivait dans une liaison si étroite avec don Balthasar, qu'ils étaient presque toujours ensemble. A la faveur de cette
union , don Femand ayait la> liberté de me \oir et de me parler quand il lui plaisait. Comme il n'avait que deux ou trois an^ nées plusquemoi.,'on ne croyait pas devoir encore ëpier nos jietits entretiens : cependant nous me'ritions déjà d'être observés ; « et peut-être s'en serait-on bientôt aperçu » si tout a coup on n'eût pas fait disparaître à mes yeux don Fernand. Mais son père l'emmena brusquement à la cour avec lui , pour le mettre dans la garde espagnole, ou il venait d'obtenir une enseigne par le crédit de ses amis. Je fus deux ou trois jour» fort affligée de la perte de nfon amant; mais enfin je m'en consolai comme une grande fille.
Peu de temps après le départ du jeune Gamboa , je fis naître une nouvelle passion. Don Baltbasar, quoique âgé de cinquante et quelques années, prit dans mes yeux un amour auquel je répondis d'abord sans m'cq apercevoir, recevant les caresses qu'il me faisait comme des marques innocentes do
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ramitiëd'un parrain, car je l'appelais ainsi. Ce vieux p^heur m'aurait infailliblement séduite, si par bonheur ma marraine n'eût pénétre et fait ayorter son dessein, en m'envoyant promptement à Carthagène , dans un couvent dont l'abbesse ëtait saparente. Après avoir évite deux ëcueils dangereux , j'entrai dans ce monastère comme dans un port , pu vraisemblablement je devais être à couvert des traits de l'amour. Mais ce dieu , attaché à sa proie , avait résolu de me poursuivre partout , et je ne crois pas qu'il y ait d'asile qui lui soit ina<^es-
sible*
Madame l'abbesse, a qui dona Mélancia m'avait fortement recommande'e , me prit en affection. Elle me mit au nombre des pensionnaires et des jeunes religieuses qui' composaient sa cour, et pai:nû.lesquelles il y avait des personnes d'une oeautë parfaite. Toutes ces filles à l'envi s'empressaient à la divertir parleurs talens. Celles qui avaient de la vois formaient des concerts avetf
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celles qui savaient joaer de quelque instrument, et celles qui dansaient avec grâce concouraient aussi au plaisir de Tabbesse , laquelle , environnée de ces gentilles pucelles f ressemblait à Diane au milieu de ses nymphes. Je voyais d^un œil d'envie les efforts que ces filles faisaient pour luiplaire, et j'aurais voulu rëunir en moi tous leurs divers talens pour lui devenir plus agrëable. Quoique j'eusse des principes de danse et que je ne manquasse pas de voix, je n'ëtais qu'une ignorante , ou du moins je n'ëtais pas. encore assez habile pour jcontribuer au divertissement de notre abbesse , qui , voyant ma bonne volonté, me fit apprendre à danser et à ohanter par deux excellens mat très.
Us eurent peu de peine à me perfection» ner dans ces deux arts , tant j'y avais de disposition. En moins d'une année ils me rendirent la meilleure chanteuse et la plus forte danseuse du couvent. J'appris aussi à pincer un luth avec délicatesse, de sorte
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que je devins peu à peu un sujet admirable et universel. Toutes les dames de Carthagène qui venaient prendre part à nos fêtes m^aceablaient de compliraens , et n'oubliaient pas d'en faire à madame Tabbessc 8or Tavantage qu'elle avait de posséder une fille d'un si rare mérite. L'abbesse, ellemême, se faisait bonnenr de mes talens, qu'elle regardait en quelque façon comme son ouvrage. Néanmoins , au lieu de s'applaudir de me les avoir fait acquérir, elle devait plutôt se le reprocher. Aussi eut^ elle bientôt sujet de s'en repentir. Un de ses neveux, qu'eUe aimait tendrement, et qui se nommait don Grégorio de Cléviilente, vint a Carthagène exprés pour la voir et pour passer quinze jours avec elle , ce qu'il avait coutume de faire une fois tons les ans. Ce cavalier était jeune, beau et très-bien fait. U soupait tous les soirs au parloir avec sa tante et ses pensionnaires favorites y du nombre desquelles j'avais l'honneur d'être. Les plus spirituelles te-
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liaient , pendant le repas , des discoure rcjouissatis pour dirertir don Grégorio; et, après le souper, toutes les personnes capables de former un concert s^assemblaient, et la fête finissait toujours par des danses.
Je remarquai, le premier jour, que Clé- Tillente, charmé de voir tant de beUes filles ensemble, promenait sur elles des regards incertains , sans pouvoir se décider pour aucune. Quand Tune le touchait par une voix moeUeuse, l'autre le ravissait par une danse remplie de grâces. Il était aussi embarrassé qu'un sultan qui veut jeter le mouchoir. Il se détermina pourtant, et devint amoureux de ma figure, au préjudice de plusieurs personnes qui valaient mieux que moi. Il me le fit assez connattre par les œillades qu'il me lança le second jour , ou plutôt il n'eut des yeux que pour votre sœur.
Je ne fispas semblant d'y prendre garde, et je ne repondis point à ses mines j mais
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le diable n'y perdit rien. Dés ie moment quHl me parut que je m'e'tais fait un amant de don Grëgorio, je me sentis naître de riaclination pour ce cavalier, que j'avais, auparavant, impunément regardé. Quelle joie pour lui s'il eût pu lire sur mon visage ce qui se passait dans mon cœur! Mais jY renfermai si bien mon amour naissant , qu'il n'en eut pas le moindre soupçon. Au contraire, s'imaginant que je n'avais fait aucune attention à ses regards, il entreprit de me déclarer sessentimens en termes formels { et voici de quelle manière il re'ussit dans son entreprise.
n fit confidence de sa passion à un jeuûe valet de chambre qu'il avait, et qui était un garçon fort adroit: Brabonel, lui dil-il ensuite , pourrais-tu bien faire tenir secrètement un biUet à dona Francisca? Pourquoi non ? lui répondit Brabonel ^ j'ai fait des choses beaucoup plus difficiles. J'ai lié connaissance avec une touriére de ce couvent, et je puis vous assurer que je l'enga-
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gérai facilement a tous rendre ce petit ser> Tice. Donnez-moi seulement votre lettre , et je me charge du reste.
Brabonel ne se vantait pas sans raison d^étre des amis de la touriére, puisque effectivement dés le même jour elle me dit, en me coulant secrètement dans la maia un billet de Clërillente : Teiies, belle Francisca , lisez ce papier, vous y verrez quelque chose qui vous fera plaisir. Je lui demandai ce que cVtaitj mais, au lieu de me répondre , elle s'éloigna de moi avec une précipitation qui me fît soupçonner cette bonne touriére d'être un peu trop obligeante.
Je trouvai en effet dans la lettre de don Grégorio une de'claration d'amour des plus vives , et ce cavalier m'y pressait par des instances énergiques de lui permettre de me parler en particulier. J'aurais dû , je l'avoue , porter d'abord ce billet à madame Tabbesse, mais c'est ce que je ne fis point , et ce que je ne fus pas même tentée de*
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faire. Une fille de seize ans n'a pas tant de prudence. Plus flattée de la conquête d'un amant qui ne me déplaisait pas qu'irritëe de son audace , je pris le parti de dissimuler et de voir s'il persisterait â m'aimer, ou plutôt à vouloir me séduire; car il n'avait pas une autre intention. Il fit donc encore agir la touriére, qui ne se contenta pas de me remettre de sa part d'autres billets 'y elle eut l'adresse de m'engager à lui faire réponses, et de nous me'nager même une entrevue dans laquelle don Grégorio me fit entendre qu'il avait résolu de m^épouser ; mais que , pour y parvenir, il fal<lait qu'il m'enlevât, attendu que sa tante ne consentirait point , disaitril , à notre mariage.
11 eut peu de peine à me persuader; et, m'imaginant que je suivais un époux , je me laissai docilement conduire, sous un ha* hit d'homme , au châteaja de Qévillente , où , pendant deux mois, mon ravisseur eut pour moi de grande^ attentions. Il en eut
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moins dans la suite , et son amour enfin se refroidit. Je lui fis ressouvenir qu'il m'a- Tait promis^ de m'^pouser, et je le. pressai de me tenir parole ; il me paya de d<^faitea* Gela me de'plut; et, piquée de sa mauvaise foi, je commençai à le mépriser. Du mépris je passai à la haine; et, lorsque j'en fus là , j'eus bientôt pris la résolution de quitter le parjure : ce que j'exécutai courageusement. Un jour qu'il était allé à la chasse du côté d'Alicante, je m'échappai sous mon habit d'homme , et marchai vers Origuela, où j'arrivai sur la fin de la journée. J'entrai chez une bonne veuve qui tenait hôtellerie, et qui, jugeant a mon air que je devais être un enfant de famille qui courait le pays : Mon petit gentilhomme, me dit-elle, que veneZ'Tous faire à Qriguela ? Je viens , lui répondis-je , y chercher condition. Je servais à Murcie, en qualité de page, une dame dont je n'étais pas content ; je l'ai quittée , et j'ai dessein d'aller de viUe en ville jusqu'à ce
que j^aie trouvé une nouvelle mattresse , ou quelque seigneur qui veuille me prendre à son service.
Un garçon fait comme vous , me dit la fille de rhôtesse en se mêlant à notre entretien , ne sera pas long-temps dans la ville sans être bien placé.' Je répondis par une révérence à ce gracieux compliment , et je m^aperçus que la pei sonne qui venait de le faire me considérait avec une extrême attention. Je remarquai de plus que c^était une fille de vingt-cinq à trente ans , assez jolie et très-bien faite : observation qu'un cavalier à ma place eût faite peut-être avec plus de plaisir que moi.
Me sentant fort fatiguée d'avoir marché toute la journée, je demandai une chambre pour m'y aller reposer. Juanilla , dit alors rhôtesse à sa fille, menez ce petit poulet au cabinet qui donne sur le jardin , et où il j a un bon lit. Juanilla m'y conduisit aussitôt ; et lorsque nous y fûmes toutes deux arrivées , elle me dit : Seigneur
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page , TOUS serez ici comme un prince. Quand il vient loger dans cette hôtellerie quelque homme dHmportance, c^est dans cette chambre que nous le faisons couoher.
Pour mieux contrefaire un cavalier qui se trouve en pareil cas, je crus devoir faire le galant et prodiguer des douceurs : ce que je fis pourtant avec beaucoup de pru» dence , de peur d^aUumer un feu que je ne pouvais e'teindre. Mais avec quelque circonspection que j'affectasse de lui parler , tous les mots flatteurs qui m'échappaient étaient autant de flèches qui lui perçaient le coeur. Lorsqu'elle voulut se retirer, je Tembrassai, et cet embrassement acheva de lui faire perdre la raison. Néanmoins elle sortit brusquement de la chambre, comme une fille qu'agitent des mouvemens trop tendres, et qui craint de succomber à sa -faiblesse.
Je fus ravie de sa retraite j et, m'ëtant couchée un moment après, le sommeil s'empara de mes sens. Je me re'veiUai au
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milieu delà uuit, et, entendant marcher quelqu''un dans la chambre, je demandai qui c^ëtait. Aussitôt une Toix me rc^pondil d^UQ ton bas et plein de douceur : Beau page, qui goûtez le repos que tous 6tez aux autres , reveillez-vous pour apprendre Totre yictoire. Vous avez enflamme Juanilla, qui mourra de douleur et de désespoir si tous dédaignez son cœur et sa main.
Je feignis, pour Famuser, d''étre sensi^ ble a son amour, croyant que j'en serais quitte pour des discours passionnes j mais elle s'approcha de mon lit, et m'agaça de manière qu'il me fut impossible de la tromper plus long - temps. Ma chère Juanilla, lui dis-je , que ne puis-je sceller votre pas* sion du sceau de l'hyménëe ! Vous éles la personne du monde pour qui j'aurais le plus de goût, si le ciel m'eût fait homme au lieu de me faire naître fille comme vous.
Si les ténèbres de la nuit ne m'eussent
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pas c^ché son yisage, je suis sûre que je l'aurais Vue changer de couleur à ces jiarôles j et, quand elle ne put plus douter de ma sîncéritë, je crois qu'elle fut un peu fâchée d'être détrompée. Néanmoins, prenant en fille d'esprit le parti de rire de son erreur, elle se soumit de bonne grâce à la nécessité. Par ma foi, s'écria-t-elle , je suis plus heureuse que sage , et il faut avouer que je l'ai échappé belle. Quand je songe à la faiblesse que je me sentais pour vous, je frémis d'un péril où je ne me suis point trouvée.
Lorsque je vis que Juanilla le prenait sur ce ton , je suivis son exemple, et, après nous être toutes deux répandues en plaisanteries sur cette aventure , nous nous vouâmes l'une à l'autre une étemelle amitié. Pour m'engager à lui conter mes affaires , elle me fit confidence des siennes ; et j'eus tout lieu de juger par son récit qu'elle n'avait pas toujours rencontré des filles sous des habits de garçon. La fran-
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chise de Juatiilla excita la mienne. Je lui fis un détail fidèle de mon enlèvement, et lui appris pourquoi je mVtais séparée de mon ravisseur. Elle me loua d'avoir eu la force de m'éloigner de ce lâche et perfide suborneur. Ensuite elle me conseilla de cesser de me travestir , afin , ajouta-t-elle en souriant, que d'autres filles n'y soient point attrapées.
Je n'ai pas, lui dis-je, une autre intention que celle de me mettre auprès de quelque dame de' qualité; et je suis eii état d'acheter des habits de fille , en me défaisant d'un gros brillant que je tiens de don Grégorio. Gardez yotre diamant, interrompit Juanilla, et me laissez suivre une idée qui me vient. Je suis connue , et j'ose dire aimée d'une riche et vertueuse dame qui fait son séjour à Origuela depuis la mort de son mari , qui était gouverneur de Majorque. Je ne yeux que l'entretenir de vous* un moment, et je ne doute pas qu'elle ne veuille vous avoir.
Je laissai agir Juanilla , qui me dit clés le jour suivant : J'ai parl<^à la comtesse de Saint-Agni ; et sur le portrait que je lui ai fait de tous , cette dam/e a te'moignë qu'elle serait bien aise de tous avoir. Je lui ai , à la ve'ritë , raconte yotre infortune j pardonnez>moi cette indiscrétion, je ne tous en ai que mieux servie. La comtesse est la meilleure femme que j'aie jamais connue { une jeune fille qui a été séduite lui parait plus digne de pitié' que de mépris. En un mot, elle compatit à votre malheur , et n'impute votre faute qu'au traître qui vous l'a fait commettre.
Vous êtes donc à. madame de Saint- Agni , continua la fille de l'hôtesse. Allez la trouver tout à l'heure ^ elle veut vous voir en page, après quoi elle vous fera donner un autre habillement. Je remerciai Juanilla du service qu'elle m'avait rendu, et m'étant fait enseigner la demeure de la comtesse, je m'y transportai sur-lechamp.