‹ Le bachelier de SalamanqueChapitre 65 sur 86 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

de cette glorieuse expédition. Du danger où rouva le père Cyrille , et du sage parti qu'il

de sVn tirer. Il se retire en son monastère, ïfoit un ordre de son provincial d'aller prc-

k. Mexique.

: si vigoureuse exëcation fit grand dans le pays. Les Indiens ventait convertis ne la de'sappro avèrent mais les autres, en beaucoup plus lombre, la considérant comme un 3 qu'il ne devaient pas laisser imnrent entre eux un grand conseil»

dans lequel il fut arrêté qu'une belle naît ils m'assassineraient dans ma maison.

Toutes leurs mesures étaient déjà prises pour faire ce coup , et ma perte était infaillible, si le ciel ne s'en fût pas mêlé. Mais les desseins qu'il avait sur moi intéressant sa bonté à ne me point abandonner, il permit que , la veille du jour de l'expédition projetée, je reçusse un billet anonyme , par lequel on m'avertissait du péril où j'étais, sans m'en laisser ignorer la moindre circonstance. Cet avis charitable me venait d'i^ne Indienne à qui l'un des conjurés avait révélé la conspiration , et qui, quoique idolâtre, avait préféré la vie d'un bonnéte bomme â la vengeance de soo idole.

Après avoir lu ce billet qui me parut mériter mon attention, je fis mon paquet, composé de tout mon argent, et, sans dire à mes domestiques un seul mot qui pût leur faire soupçonner mon dessein , je mon- Ui sur ma mule et pris le chemin de Goa-

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imala, sans vouloir être accompagne que e mon aoge gardien , qui , s^il me préserva i l'accident dont jetais menace, ne me rantit pas de la peuri. Je regardai mille s derrière moi pour voir si quelqu^un

me poursuivait point , et je fus enfin sz iieureux pour arriver sain et sauf à re monastère.

e contai à notre prieur ma sainte uesse , quMl loua moins que ma fuite.

; Cyrille, me dit-il, pour vous consoravoir manque la couronne de martyr les idolâtres vous destinaient, j'ai une ible nouvelle à vous annoncer : il faut KÎque un religieux de notre ordre qui

talent de la prédication. Les jésuites

cordeliers remportent actuellement tus dans cette ville-là : nous y avons

d'un grand sujet pour les balancer, ! avond jeté les yeux sur vous. Notre 3ial , sur le rapport que je lui ai ! applaudissemens que vos sermons us à Guatimala, veut vous envoyer

ïq8 le bachelier.

à Mexique. JVtais sur le point de tous écrire par son ordre, et de vous rappeler de Petapa. Vous ne pouvez venir ici plus à propos.

Cette nouvelle me fît d'autant plus de plaisir , que je souhaitais de voir Mexique^ et le père Cyrille ne se sentait pas peu flatté du choix qu'on faisait de lui pour aller dans cette belle ville disputer Thonneur de la chaire à des rivaux si redoutables. Je me préparai donc à obéir au père provincial qui, dans un entretien que nous eCtmes ensemble avant mon dffpart, m'exhorta particulièrement à travailler pour soutenir par mes sermons la bonne renommée que les prédicateurs de notre ordre ont toujours eue dans les Indes. Ensuite sa révérence m'assura que mes travaux seraient un jour bien récompensés^ et, joignant à cette assurance une lettre qu'elle écrivait en ma faveur au père prieur de notre couvent de Mexique, elle me donna sa bénédiction , avec laquelle je pris le

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emin de cette grande ville. J'avais pour iâe an Indien qui connaissait parfaito-

nt ia route, et qui eut Fadrcsse de m& •e e'viter la rencontre des nègres mars qui habitent les montagnes et dëtrous-

les yoyagears. Sans lui , ces honnêtes I se seraient peut-être empares de mes ^s, et de la montre du seigneur don COIS de Gastro j aussi je le payai fort ;nient.

int arrive à Mexique, j'allai saluer le !*, qui se nomme le père Athanase , et

remis la dépêche du provincial, qu'il la décsLchetût, il la haisa trèsr Liieusement. Il la lut touthas avec yn, et je remarquai qu'en la lisant ssait surpris et satisfait : Père Cye dit-il y après avoir achevé de la and cette lettre ne serait pas du I p^re provincial , elle contient un oge de votre mërite , que je ne

me dispenser de vous recevoir in homms envoyé du ciel pour

conserver la gloire de notre ordre. Non» ne pouvons assez nous réjouir de votre arrivée ; car enfin , poursuivit-il , les jésuites ont pris à Mexique le haut du pavé : c'est un fait constant j mais j'espère qu'ils nous le céderont bientôt. Si l'on en croit cette lettre, vous allez leur ôter le prix de la prédication.

Jç fis à ce compliment une réponse aussi modeste qu'il était flatteur; et, après on assez long entretien , dans lequel le prieur me marqua une vive impatience de m'entendre prêcher, je me disposai à le <M>ntenter. Je montai en chaire au bout de hait jours , et dès mon premier sermon je fis da bruit dans la ville. Que vous dira.i-je ? ce bruit augmente de jour en jour en dépit des jaloux, et je suis devenu le prédicateur à la mode.

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