CHAPITRE XII
)es choses qi)i se passèrent après le mariage de don Alexis de Gelves. Da voyage de Toston à Alcaras, et de son retour à Madrid. Don Chérubin est flatte des nouvelles qu''il apprend de don Manuel et de sa famille.
DoirA HéLénàf chez qui s'ëtaît fait ce triage , aimait sa nièce comme une mère le sa fille unique; ne Toulant point se arer d'elle, cette bonne tante cëda la iti^ de son hôtel aux nouveaux ëpoux.
premier soin de don Alexis fut de repenser Toston d'ayoir contribué à son leur. Il ne se contenta pas de lui faire 3nt de trois cents pistolcs, il le fit son idant; poste moins considérable par u'il valait alors que par ce quUl rail; valoir un jour. Léonor, de son
cïôtë, n^en usa pas moins g^ërensement
avec Blandine , qui plus sensible à Pamitië
que sa mattresse avait pour elle qu^â Fin-
te'rét, lui était attachée de cœur et d^iQ*
dination : ce qu'il faut admirer dans une
soubrette.
Un matin , Toston, m'ëtant Tenu Toir, me dit: Seigneur ^lon Chërubin, je Tiens prendre congë de tous et reccToir tos ordres. Je partirai dans deux jours pour Alcaraz, pour contenter Penvie que j^ai de rcToir les auteurs de ma naissance. Don Alexis mon mattre^me permet de faire ce Toyage à conifition que je serai de retour dans deux mois. Mon enfant, lui dis-je, le dësir qui te presse et louable , et il est juste que tu le satisfasses , mais , quand ta auras passe quelques jours avec des per* sonnes si chères, reviens promptement à Madrid; tu connais Finconstance des grands seigneurs, tu pourrais perdre ta place, qai ne saurait manquer de te condoiiv à une fortune considérable. Oh ! ne craignez pat,
repliqaa-t-il, que je m'amuse à me dÎTer* tir a?ec mes aDciens amis ; j'ai déjà pris l'esprit de la cour, je ne pourrais plus rivre en proyince. Eh! par quelle voiture, fui dis'je, pnftends-tu t'en aUer? Sur un les meilleurs chevaux de nos écuries, re- >artiC-il , et suivi d'un laquais du logis , ui aura la livrée de Gelves, et qui sera [issi bien monté que moi. Un intendant ; grande maison ne doit pas voyager en cdin. Véritablement deux jours après , tsCon partit sur un superbe cheval , suivi m laquais revêtu d'une livrée brillante , chargé des dépêches que je lui remis ir mes beaux-fréres.
'endant son absence il arriva des chanlens heureux pour la maison de Gelves.
i Alexis , sVtant attaché à faire assidut sa cour au comte-duc 'd'Olivarès, eut >nheur de lui plaire à un point que ce stre le fît recevoir gentilhomme de la ibre du roi, ce qui était le pltis sint^moigaage d'affection ^'il put lui
donner, son excellence ëtant d^on caractère à ne Youloîr mettre auprès de la personne du monarque que des hommes aftid^. Ce ne fut pas tout^ dona Li^onor dcTÎnt en môme temps damé du palais de la reine par le crédit de madame d'Olivarès , qaî était camarera-mayor ; de sorte que Tas* ton, à son retour, trouva son maître et n mattresse à la cour dans des rangi qn^ib n'y tenaient pas à son départ.
L'impatience que ce nouyel intendant ayait de me rendre compte de son voyage , ne lui permit pas d'aller d'abord se montrer à sa femme, ni même a don Aleiisj il vint chez moi avec un empressement qui marquait bien qu'il m'aimait. Je ne le ris pas sans émotion paraître dans ma cham* bre j et ne sachant ce qu'il venait m'annoncer^ je lui demandai en tremblant si ce qu^il avait à m'apprendre devait m'affliger ou me réjouir. Je ne vous apporte que de bonnes nouvelles, me répondit-il; don Manuel et don Grégorio jouissent d'une santé
parfaite, aussi-bien que leurs épouses j ces dames, qui sont toujours fort aimables, ont encoi'e grossi la famille depuis votre départ l'Alcarazj yotre sœur, avec Francillo et es deux fîUes qu'elle avait, a présentelent un autre fils qui est en nourrice; et i bonne amie, outre le garçon qu'elle a eu [1 commencement de son mariage, a donné don Manuel deux fils en moins de vingt oisj tous ces enfans, continua-tril, tant tles que femelles , se portent à merveille, sont tous gentils. Votre fille entre aus est plus belle que le jour.
Tout cela me fait plaisir, interrompis-je, D ami; mais dis-moi, je te prie, cornât ma sœur et mes beaux -frères ont uté le récit que tu dois leur avoir fait mes aventures. T'ont-ils paru prendre uGoup de part à ma fortune ? Assuréity repartit Toston ; ils me firent des lions a l'infini, et je n'eus pas peu lire à contenter leur curiosité, chacun ^errogeant à son tour, «t quelquefois
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tous ensemble. Mais, quand je dëtaillaî la rencontre de Moncbique, et la manière dont il nous avait dit avoir si^ait dona Paula , taes auditeurs commencèrent à fondre en larmes, et principalement les dames, qui, voyant votre épouse pleinement justifiëe, déplorèrent amèrement son malheur. Après cela ils me questionnèrent sur dona Blanca ; ils me demandèrent de qnd caractère elle ëtait, et ils enrent lien de juger ^ par le portrait que je leur en fis, que , de tous les bienfaits que tous ares reçus de don Juan de Saladdo , sa fille nVtalt pas le moins consid<$rable.
Il ne me reste plus , ajouta Toston, qn^â vous remettre les dépêches de votre 6mille ] et voulez-vous bien après cela que je vous quitte pour me rendre auprès de mon maître; je vais savoir si mon absence ne m'a point fait de tort dans son esprit IVon , mon enfant, lui dis-je ; tu retrouveras don Alexis tel que tu Pas laissa. Xai pris soin, pendant ton éloignement, de ts
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rasenrer ses bonnes grâces. J'ai encore ae bonne noqjelle à t^annoncer : le roi a 7nor(f ce jeune seigneur d'une charge de ntilbomme de sa chambre, ce qui ne nne pas pen de relief à ton intendance. J'appris aussi à monsieur l'intendant e dtma. L4(onor était dame du palais de reine. Boni s'iécria-t-il plein de joie, là ma femme k la cour, cela Ta me fixer adrid. Je le souhaite , lui dis-je , et que vie de revoir ton jiays ne te reprenne ais. Oh/ monsieur, me rëpondit-il, c'en ait , je lui ai dit un étemel adieu ; je li été, comme tous sarez, que pour mon père et ma mère j je les ai trouves les deux morts et enterrés j j'ai rëu sur leur tombeau les pleurs que je devais, et je me suis détaché de ma ^ En achevant ces paroles il me remit pèches dont il était chargé, et me
35o LE BACHELIER.
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