CHAPITRE Xm
De la secrète et curieuse convenation que *« Chérubin eut un jour avec le comte de Gelt«. Relation de l'enlre'e que fit le duc dX)ssoiie à Madrid-, ce qui l'a perdur
Quoique le comte de Gelvcs, comme il a été dit, eût rapporté deslodesde grandes richesses , il avait affecté par ayarice et par politique de ne pas imiter les vioe-iob qui reviennent de leurs gouvcrneineii»; il »« se montrait dans les .rues qu'accompagné de peu de monde, et il rendait ses visites, pour ainsi dire, sans éclat, et dans an équi* page trop modeste pour un goaven|enrdn Mexique. A Fégard des présens qu'il avait faits tant au roi qu'auiL infans don Ferdi' nand et don Carlos , ce n'est pas la peine
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d'en parler, puisqu'ils ne consistaient qu'en (quelques ouvrages de plumes , et autres semblables bagatelles. Aussi le public, qui leosure tout, quelquefois sans examen, ne oiKiit^ilpassoQ humeur magnifique.
Ce seigneur n'ignorait pas ce qu'on pentit de lui dans le monde , et il me dit un ur : j'aime mieux passer pour un a^are le de m'exposer à me perdre par un faste li ne fait qu'exciter l'enyie. L'exemple t duc d'Ossone qui Tient de mourir dans e prison doit bien instruire les Tice^ s. Ce grand homme yiyrait peut-être lore s'il n'eût pas eu l'imprudence de e son entrée dans Madrid avec une ipe plus convenable à un souverain I un gouverneur qu'on rappelait pour demander compte de son administray s'il n'eût pas fait de si riches présens cour , et s'il n'eût pas enfin étalé ses ;sses aux yeux de ses ennemis et de ses rux. Peut-être n'avez-vous pas entendu r ile cette fastueuse entrée. Il faut
que je tous en fasse un dëtail, moins pour TOUS en faire admirer la magnificence , qa« pour "VOUS montrer Fostentation de ce yioeroi de Sicile et de Naples.
Quatre trompettes avec douze gardes napolitains et douze autres siciliens commençaient la marche. Le mattre-»d*h6teU cheyaly et vingt-quatre mulets couTerU de housses brodées d^or, conduits par vingt palfreniers, précédaient trois litières et trois superbes carrosses de la duchesse d'Ossone, que son maftre-d^hôtel et celai de son fils suivaient avec des chevaux de main que menaient vingt palefreniers. Apre* quoi paraissait le majordome du duc, accompagné de douze pages à cheval vêtus i Fespagnole, et de douze hallebardiers habillés à l'italienne. Don Juan Telles venait ensuite à la tête de trente gentilshommes espagnols, napolitains on siciliens, tous richement Vêtus â la hongroise , et monta sur des chevaux de prix. Après cela, le duc , sous le même habillement , paraûsait
clans un carrosse dç la dernicrc raagriifîcenco ivec dona IsaboUa de Sandoval , sa belleîJîfl, àjant quatre estafiers à chaque por- IvTC et vingt hall ebardicrs, suivis de trente arrosscs pleins d^amis ou de parens , sans ympter six autres de réserve. Enfin cette discrète et folle marche était fermée par le foale d'olEciers, de pages et d'esclaves rcs.
Voilà poursuivit le comte de Gelves, n me le duc d'Ôssonc entra dans Madrid [acclamations d'un concours prodigieux peuple accouru de toutes parts pour le -. Vous jugez bien qu'une pareille enne diminua point le nombre des enis secrets qu'il avait déjà ; et pour suri d'indiscrétion , il exposa pendant ze jours dans son hôtel, à la curiosité ublic , les richesses qu'il avait appori'Italie , se faisant un vain plaisir de lontrcr aux Espagnols, comme des lilles des Turcs, et de glorieux mons des victoires qu'il avait remporttfw
sur ces infîdt-les. Je n'ai donc pas mal fait, ajouta le grand-ccuyer, dp tenir une conduite opposée à la sienne, moi surtout qui sors d^un gouvernement où toutlemoode me soupçonne dWoir amasse dHmmensci trc'sors. Par mon entrée modeste, j^ai pré- Tenu FenTie que je n'aurais pas manqué d'armer contre moi par un plus grand air tTopulencc. '