‹ Le Bacille de Morgan N° 1: Bactériologie et Rôle PathogèneChapitre 14 sur 17 · I. ROLE PATHOGÈNE VIS-A-VIS-DES ANIMAUX DE LABORATOIRE · texte numérisé non relu

I. ROLE PATHOGÈNE VIS-A-VIS-DES ANIMAUX DE LABORATOIRE

Le rôle pathogène du bacille de MorGAN vis-à-vis des animaux de laboratoire paraît essentiellement variable avec les modes d’absorption des produits microbiens et la virulence des souches.

Au cours de l’épidémie de diarrhée estivale de 1905, MoRGAN avait obtenu de façon constante la mort de Jeunes Rats et de Lapins dans un délai de vingt-quatre heures. Les animaux présentaient une diarrhée violente et le germe pouvait être isolé à l’état pur dans la rate et quelquefois dans le sang. Mais ce syndrome n’était obtenu que par ingestion et non par voie parentérale même intraveineuse. En 1906, la sensibilité du Singe fut étudiée. Elle se montra très grande puisque l’absorption de produits microbiens cntraînait un syndrome de diarrhée profuse avec déshydratation rapide et mort, comme chez l'enfant. La Chèvre fit aussi preuve d'une très grande réceptivité, la mort survenant en dix-huit heures, à la suite d’une injection intraveineuse minime (dans le but d'obtenir un immun-sérum). Par contre, au cours des épidémies de 1907 et 1908 (qui. nous lPavons rapporté, furent moins graves), la virulence des germes était moindre, le Singe ne présentant qu’une diarrhée de huit jours, bénigne,

Pour ‘FRIBONDEAU et FicHETr, lanimal de choix est le Cobaye. L’injection intra-péritonéale de 0,2 em° d’une culture en bouillon de vingt-quatre heures donne une péri-

fonite séreuse diffuse avec exsudat louche, congestion intense de tous les organes abdominaux, taches ecchymotiques sur les intestins dont la muqueuse est œdématiée et lépithélium desquamé. Le contenu intestinal, l’exsudat péritonéal, le sang du cœur contiennent le germe à l’état pur. L’inoculation sous-cutanée aux mêmes doses ne donne pas de troubles graves : on observe seulement un œdème local et parfois une escarre. Ce mode d'injection développe chez le Cobaye une certaine immunité. L’injection intraveineuse de 1/25° d’anse de colonie sur gélose entraîne chez le Cobaye une paralysie du train postérieur et la mort en dix jours. Par contre, l’injection intra-rectale et l’absorption par la bouche ne donnent pas de troubles.

BESSON et DELAVERGNE [7] ont étudié la sensibilité du Lapin à l’endotoxine. Ils concluent que le bacille de MORGAN donne les mêmes lésions que les Salmonellas, et ils le rangent dans ce groupe: Une culture de dix-huit heures sur gélose, émulsionnée dans du sérum physiologique à la concentration de 5 milliards par cm’, chauffée à 70° pendant cinquante minutes puis placée à la glacière quatre Jours, est injectée dans la veine du Lapin, à la dose de 3 em. Trois heures après l'injection, l’état général est très atteint : dyspnée, inquiétude de lanimal qui meurt entre la dixième et la vingt-quatrième heure. À lautopsie, on constate une congestion intense des mésos et de l'intestin orêle. La paroi intestinale est parsemée de suffusions hémorragiques. Les plaques de PEYER sont hypertrophiées et hémorragiques. BESSON et DELAVERGNE concluent de ces résultats que le bacille de MorGaAN se rapproche des Salmonellas de type AERTRYCK, GARTNER. En réalité, on sait que si les lésions anatomiques observées dépendent bien de l’endotoxine bacillaire, elles ne sont pas spécifiques (REr1- Eu O0 Da

Nous avons nous-même essayé de vérifier le rôle pathogène de notre souche vis-à-vis du Rat et du Lapin. Le Rat adulte n’a présenté aucun trouble après absorption d’une

culture en bouillon. Par contre, l'injection intraveineuse et sous-cutanée de 0,5 em° de cette culture chez le Lapin entraîne la mort de l’animal en huit heures. A l’autopsie, nous avons retrouvé les lésions décrites par BESsoN et DE LAVERGNE, à savoir : une congestion intense avec piqueté hémorragique du tractus intestinal et génital.

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