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Quand le Bacillus Bifidus vit en symbiose avec une autre espèce comme le streptocoque, décoloré par la méthode de Gram, ses colonies sont plus grosses, bosselées, composées uniquement de formes naines et extrêmement bifurquées. S’il réensemence une de ces colonies mixtes, seul le Bifidus pousse, l'espèce qui lui était adjointe ne cultive plus.
Quand le Bacillus Bifidus vit en symbiose avec le cocco-bacille perfœtens, il empêche cette dernière espèce si gazogène de produire des gaz.
Les mêmes phénomènes s’observent avec le Bactérium Coli:
Tissier a recherché si le pouvoir empêchant du Bacillus Bifidus était dû à des produits sécrétés par la bactérie. Pour cela il cultive celle-ci en bouillon anaérobie, puis après avoir alcalinisé le milieu, il y ajoute du bouillon ordinaire stérile en quantité égale, et il constate qu'ensemencés dans de tels milieux, non privés d'oxygène (pour empêcher le développement du Bacillus Bifidus) le Bacterium Coli, l’entérocoque y pullulent très bien.
Pour Tissier le Bifidus n’agirait que par une sorte de concurrence vitale en absorbant toutes les substances nutritives du milieu.
Moro et Murath constatent que les excréments de l'enfant au sein, aussi bien que ceux de l'enfant au biberon exercent une action bactéricide sur un grand nombre de micro-organismes et pour les auteurs les substances empêchantes ont la valeur des sauvegardes naturelles.
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Ils supposent que le Bacillus Bifidus est actif lors de la formation deces substances, mais ils ne peuvent appuyer leur hypothèse par l’expérimentation.
Kling dans un mémoire paru en 1914 dans les Annales de l'institut Pasteur étudie le pouvoir empêchant du Bacillus Bifidus sur d’autres bactéries en particulier le bacille du côlon, le bacille protée, le staphylocoque. Il constate qu’une culture de Bacillus Bifidus en développement agit sur le Bacterium Coli et sur les espèces voisines comme « une substance bactéricide énergique » ; que cette substance est dissoute dans le liquide de culture et qu’elle peut traverser les filtres.
Nous avons cherché à voir comment se comportaient certaines bactéries intestinales comme le Bacille du côlon, le Bacille de Shiga ensemencés dans des filtrats de cultures en milieux liquides du Bacillus Bifidus.
Une souche de Bifidus de la collection de l’Institut Pasteur est ensemencée en bouillon glucosé à 1,5 % réparti en tubes d’Yvan Hall, après 3 à 4 jours d’étuve à 370, temps nécessaire, comme nous l'avons vu, à la culture de cette bactérie, et après vérification de leur pureté, les cultures obtenues sont filtrées sur bougie Chamberland L3. Le liquide filtré est alors réparti dans des tubes à essais stériles à raison de 8 à 10 centimètres cubes de filtrat par tube. Avant de donner le détail des expériences, nous allons indiquer rapidement la technique de fil-
tration que nous avons employée.
45 A ROUE Fe 3 . ES FE RAIN
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Technique de filtration.
La filtration a été faite de l'extérieur vers l’intérieur, l'aspiration se faisant au moyen de la trompe à eau et sous une dépression de 30 à 40 centimètres de mercure.
L'appareil à filtration complètement monté se compose |
4° Du filtre,
20 Du récipient destiné à recevoir le liquide filtré ; en l'espèce une bouteille flacon de 200 centimètres cubes environ ;
3° Des caoutchoucs qui servent à relier le filtre au flacon ;
40 De la tubulure de bronze à deux voies (appareil de R. Legroux).
a) Le filtre — C'est une bougie en porcelaine, système Chamberland L3 de 15 centimètres de hauteur et de 10 millimètres de diamètre intérieur.
Avec cette bougie on peut filtrer des quantités de liquide variant entre 100 et 150 centimètres cubes.
Avant d'employer ces bougies, neuves ou régénérées, il est toujours bon de s’assurer qu'il ne s’est point produit de fissures dans la porcelaine. Pour cela, on les immerge dans de l’eau et on insufile à l’intérieur de l’air au moyen d’une poire insuffla-
de Richardson. Lo ne fente laisse babes Ve air r'qui sort en bulles. |
De telles bougies sont à rejeter. Re:
La lumière de la bougie doit être parfaitement AL cylindrique. Lorsque les bougies sont défectueuses
ALTO PTT ER TO TUEULL
COLTETTOLL FE 61
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PJ. 1. — La tubulure de bronze à deux voies. , Pa
à ce point de vue on fore au moyen d’une mèche
métallique de 8 millimètres de diamètre l’intérieur
de cette bougie et on régularise doucement la cavité fe,
centrale.
se : Dans l’intérieur de cette bougie, on place un
tube à thermomètre qui plonge jusqu’au fond et
Rp de
dépasse de 1 à 2 centimètres l'extrémité ouverte de
cette bougie.
b) La tubulure à deux voies est constituée par une croix de bronze présentant trois tétines À, B, C, et un corps conique D traversé librement par une petite tige t. Le corps D est gaîné d’un anneau de caoutchouc qui obture l’orifice du flacon destiné à recevoir le liquide filtré. La tétine B est bourrée de coton cardé. Sur la tétine Ç on adapte un tuyau de caoutchouc de 12 millimètres de diamètre et de 2 millimètres d'épaisseur qui relie cette tétine au tube à thermomètre de la bougie. La tétine A est reliée à une pipette à extrémité effilée destinée à la répartition du liquide filtré.
La tétine C permet de mettre en communication l'appareil à vide avec la croix de bronze.
À la branche verticale inférieure du corps on adapte un tuyau de caoutchouc qui plonge jusqu’au fond de la canette. A la trompe à eau est toujours adjoint un appareil automatique de sécurité afin d'éviter les retours d’eau.
L'appareil monté est stérilisé à l’autoclave à 1150,
la bougie est immergée dans le liquide à filtrer.
La filtration (pl. 2).
Par la tétine C mise en relation avec l'appareil à vide, l’air contenu dans le flacon est aspiré à tra-
vers le corps D et le petit canal creusé à la base de
la tétine C. Le vide se fait dans le flacon et dans la bougie par l’intermédiaire des canaux L creusés à l'intérieur du corps et des tétines A et B.
PI, 2. — Appareil à filtration.
Le liquide qui enveloppe la bougie passe à travers les pores de celle-ci, remplit sa cavité centrale et arrive dans le flacon par l'intermédiaire du canal L de la tétine À et de la tige £.
Mie
La filtration terminée on place une pince sur le caoutchouc monté sur la tétine B. Ce caoutchouc est alors retiré et l’orifice de la tétine flambé est
RS bouché aseptiquement avec le bouton à vis.
Il ne reste plus qu’à répartir le liquide filtré au Ps : moyen de l'effilure répartitrice.
SE Pour effectuer les filtrations dans de bonnes con- ditions certaines précautions sont à prendre ;
Le a) Avant de stériliser les appareils à filtration, | introduire une petite quantité d’eau dans l’effilure de la pipette répartitrice ;
b) Avant de commencer la filtration paraffiner la jointure : tuyau à vide-bougie filtrante ;
c) Mouiller la bougie.
La filtration doit être lente, mais ne doit jamais se prolonger plus de 20 à 30 minutes.
Le développement du Bacillus Bifidus donnant aux milieux une réaction franchement acide — mauvaise condition de filtration — (le liquide à filtrer devant autant que possible avoir une réaction neutre), nous avons été obligé de pratiquer plusieurs filtrations successives, d’abord sur bougie LA puis sur bougie L3.
Au cours de la filtration, il arrive parfois que l’on NOR : voit sortir des bulles d’air du tube de caoutchouc A ù J qui plonge à l’intérieur de la canette. Il s’agit dans Ex ce cas d’une défectuosité dans le montage de l’appa- A Feil,
a) Il peut y avoir une solution de continuité sur
le parcours bougie-canette ou canette effilure répartitrice ;\ | Ke
b) Le tube à thermomètre placé à l’intérieur de la bougie peut ne pas plonger jusqu'au fond de celle-ci. Dans ce cas la cavité creusée à l’intérieur de la bougie n’a pas une forme parfaitement cylindrique comme il se doit, mais une forme tronc-conique défectueuse, car le liquide qui a traversé les parois de la bougie se collecte au fond de celle-ci et n’est aspiré ensuite qu'avec une certaine quantité d'air,
Les filtrats répartis en tubes stériles sont ensuite éprouvés durant 24 heures à l’étuve à 370.
Essais de culture dans ces filtrats.
Dans ces filtrats pris comme milieux nutritifs et dont la réaction est nettement acide au papier de tournesol, nous avons essayé d’obtenir des cultures de bacille du côlon et de bacille de Shiga.
Les résultats ont d’ailleurs été identiques pour l’une comme pour l’autre de ces bactéries.
Nous ne donnerons que les résultats obtenus avec le bacille du côlon : L
Le Dans du filtrat pur nous ensemençons chaque
jour et à des doses progressivement croissantes du
bacille du côlon (Souche H de l’Institut Pasteur).
Le premier jour une anse de platine d’une culture de 24 heures en bouillon ; Le deuxième jour de même ;