‹ Le Bailli de Suffren dans l'IndeChapitre 17 sur 29 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

PIÈCES A TAPPUI.

Suffren (ancienne maison de Lucques.)

Hugon de SufEren vint s'établir en Provence dans le XrV"' siècle, lors des troubles de cette république. Cette maison a fourni trois branches ; il y en a une établie dans les pays étrangers , et les deux autres en Provence. Elles ont pour auteur commun :

Antoine de Suffren , chevalier, seigneur d'Aubes et de Moulèges, marié en 1571 , à Louise de Châteauneuf , fille de Laurent de Châteauneuf, chevaUer , et de Blanche de Simiane ;

Laurent de Suffren , fils de Joseph et de Marguerite de Montplaisir, marié en 1748, à Marguerite de Régis- Fuveau , fille de Louis , chevalier, et de Louise Jujardy , a pour enfants ; — 1" Palamède de Suffren , officier de marine, 2" Louis, admis pour être comte du noble chapitre de Saint-Victor-lès-Marseille ; — 3* Emmanuel, encoi*e jeune , aspirant pout être garde de la marine ; 4" — Félicité Perpétue, mariée le 27 mars 1776, à Charles-François de Rians ; — 6* et 6' AppoUonie et Colombe , non encore mariées.

De l'autre branche était Jean-Baptiste de SufFren, marquis de Saint-Tropez et de Saint-Cannat, baron de la Molle , seigneui' de Richebois , qui épousa Geneviève de Castellane, fille du marquis de Castellane-Saint-Jeurs , seigneur du Golphe de Grimaud , maréchal des camps et armées du roi , et de «Lame Marguerite de Sabin Janson , dont il a eu : — 1* Paul, qui suit ; — 2" et 3* Louis et François , chevaliers de Malte , capitaines dans Royal- Comtois; tués Fun et Taulre au siège de Douai ; — 4" et Madeleine de Suffren , mariée à Jean-Baptiste , marquis de Castellane-Esparon.

Paul de Suffren, premier procureur du pays de Provence en 1725, et procureur-joint de la noblesse en 1749, a épousé, le 3 septembre 1755 , Hiéronime de Bruny, fille de JeaurBaptistede Bruny, seigneur de Châteaubrun, et de dame Elisabeth de Châtaignier.

Leurs enfants sont : — 1* Joseph-Jean-Baptiste , qui suit ;— 2* Louis-Jérôme, évéque de Sisteron ; — 3'Pierre- Andi'é, commandeur de SainIrChristol , capitaine des vaisseaux du roi; — 4" Paul, chevaUer de Malte, capi» taine des vaisseaux de la Religion ; — 5** et 6" deux filles mariées, l'une à îï... d'Arnaud , baron de Vitrole , et la seconde au marquis de Pierrevert ;

Joseph-Jean-Baptiste de Suffren, marquis de Saint- Tropez, mestre de camp-cavalerie , a épousé , le 2 J février 1744, Louise-Pulchérie-Gabrielle de Goesbriant, fille du comte de Goesbriant , maréchal-de-camp , gouverneur du château du Taureau , et de Marie-Rosalie de Châtillon , dont : — 1" Pierre-Marie de Suffren , comte de Saint-^ Tropez , gouverneur de la ville et citadelle de Saint- Tropez , capitaine dans le régiment Royal-Lorraine ; — 2* Louis-Victor, chevalier de Malte, oflicier du régiment

Royal-Cravate; — 3"* Olympe-Emilie, mariée à Louis- Charles de la Baume, comte de Suze.

Les armes d'azur, au sautoir d'argent, cantonné de quatre mufles de léopards d'or.

« Dictionnaire de la noblesse.-— Deldi Chenaye-Desbois.»

Copie littérale de l'acte de naissance du bailli de Suffren; extrait des registres de Saint-Cannat.

L'an mil sept cent vingt-neuf et 1©^ 17 juillet, est nai noble Pierre-André de Suffren , fils de noble Paul de Suffren , chevalier, seigneur de Saint-Tropez , de Riche- Boislamole , marquis de ce lieu de Saint-Cannat, et autres places , et de dame Maiie-Hiéromée de Bruni-de-Suffren , dame de ce d. lieu de Saint-Cannat, mariés, et esté ondoyé dans le château de cedit lieu , ensuite de la permission de M . S' le grand vicaire de Marseille , ensuite de la permission le susdit jour, et les cérémonies du baptême ont esté supplées dans l'église parroissiale de ce d. lieu, le vingt-sept du susdi mois, par moy de Saint-Chamas, curé soussigné. Le perrin a esté noble Pierre-André Le Blanc , ancien capitaine de cavalerie de la ville d'Aix , et la merrine dame Thérèse Destienne de Villemus, épouse de M. de Saint-Pons, conseiller à la Cour des comptes de la d. ville d'Aix. Le père, le perrin et la merrine ont signé.

« Le Blanc , Villemus de Saint-Pons , Suffren Saint- Tropez, de Saint-Chamas , curé. »

Ordre donné par H. le comte d'Estaing à H. le chevalier de Suffren.

M. le chevalier de SuiFren appareillera le plus tôt qu'il lui sera possible, avec les vaisseaux V Artésien et la Provence et avec les frégates la Fortunée, la Blanche et la Chimère, pouraller mouiller devant Fembouchure de Savanah, à la distance de terre qui lui sera indiquée par les pilotes pratiques. Il tâchera, par le relèvement de son mouillage, de bloquer dès actuellement tous les bâtiments anglais qui sont dans la rivière de Cok-pur ; il mouillera aussi près de terre qu'il pourra le faire sans danger, et il fera mouiller les frégates plus près de terre que les vaisseaux. L'objet du moment est d'empêcher de sortir. Lorsque l'escadre sera réunie, on pourra faire rapprocher du lieu de la descente les vaisseaux et les frégates^ qui serviront alors à déposer des troupes. Il sera utile de s'assurer promptement du fond et de constater , par des sondes réitérées, les connaissances, toujours très-douteuses, des pilotes américains. Toute l'escadre suivra au moment même que le gouvernail du Réfléchi permettra de le faire. J'espère que ce sera aujourd'hui.

A bord du Languedoc, le 7 septembre 1779.

Signé :ESTAINa.

Lettre du Ministre de la Marine , adressée au commandant de Brest.

A Versailles, le 81 juillet 1784.

Le roi, en prononçant, Monsieur, sur les grâces méritées par les officiers qui ont bien servi dans l'escadre de l'Inde, sous les ordres de M; le bailli de Sufifren, a pro^

nonce aussi sur le sort de ceux qui se sont mal conduits ; il y en a six de votre département :

Sa Majesté a cassé M. le chevalier de Gillart, capitaine de vaisseau, commandant le Sévère^ qui, au combat du 6 juillet, devant Négapatnam, avait amené le pavillon;

Elle a fait expédier la permission de retraite, ci-jointe, à M. de la Landelle-Roscanvre, capitaine de vaisseau, qui a demandé à quitter son commandement après l'affaire de Trinquemalay ;

Elle a donné la retraite, avec 600 £r. de pension sur le trésor royal, au sieur Tréhouret de Pennelé, lieutenant de vaisseau, qui, ayant obtenu le commandement du Bizarre j l'a perdu à la côte de Coromandel par son incapacité; vous lui remettrez sa permission de se retirer que je joins ici;

Elle a aussi donné la retraite , avec 800 £r. de pension sur le trésor royal, au sieur de la Boixière , lieutenant de vaisseau, qui était en second sur V Artésien au combat de la Praya ;

Enfin, elle n'a pu conserver au service, le sieur de la PaUière, enseigne de vaisseau, qui, se trouvant de quart sur l'Orient, et s6n père étant attaqué de la goutte, a perdu ce vaisseau sur une roche, par son entêtement et son ignorance ; sa permission de retraite est ci-jointe ;

Un autre vaisseau qui, n'était pas sous les ordres de M. le baiUy de Suffren, a été perdu par la désobéissance et la faute très-grave du sieur L'Héritier, lieutenant de frégate, embarqué sur le Sérapis. Ce vaisseau, se trouvant en relâche à Madagascar, le sieur Roche, qui commandait, ordonna un transversement d'eaux-de-vie et enjoignit, en môme temps, que les lumières fussent tenues soigneusement dans les fanaux, pendant cette opération. Le sieur L'Héritier, qui commandait dans la cale, fit sortir les lumières des fanaux, malgré les représentations de ceux qui y étaient, le feu prit auxeaux-^de-vie et brûla

le vaisseau. Ces faits sont constatés par un procès-verbal, et Sa Majesté a cassé le sieur L'Héritier pour sa désobéissance et le mal qu'elle a causé. J'envoie l'ordre, expédié poui" cet effet à M. Thévenard, commandant à Lorient, où le sieur L'Héritier se trouve.

J'ai l'honneur d'être, etc.

Le Maréchal De CASTRIES.

Mémoire sur la nécessité de doubler en cuivre les vaisseaux du Roi.

Depuis que les Anglais ont doublé en cuivre quantité de vaisseaux et qu'ils continuent à les doubler avec tant d'activité qu'ils le seront tous dans peu , l'opération de doubler les nôtres ne doit point être regardée simplement comme avantageuse ; elle est d'une nécessité absolue. Sans cela , lorsqu'ils seront les plus forts , ils seront sûrs de joindre ; et , lorsqu'ils seront faibles , de nous éviter. Leurs armements seront plus prompts , leurs vaisseaux pourront être plus longtemps aux lies ; nous ne pourrons occuper aucune croisière avec avantage, tandis qu'eux , même avec des forces inférieures , désoleront notre commerce. On voit dans les relations de l'amiral Rodney avec quelle confiance il envoie trois vaisseaux dans la Méditerranée ; avec quelle témérité il en a fait croiser devant le Fort-Royal où nous en avions vingt-cinq. Sans les vaisseaux doublés, vu l'approche de la nuit et le mauvais temps , V Angara aurait pu échapper , le Prothé , doublé n'aurait pas été pris. Ces réflexions , qu'il est impossible à im marin de ne pas faire , m'ont affecté sensiblement en voyant échapper l'escorte du convoi que

rarmée combinée vient de prendre. Si le Zélé eut été doublé, il aurait joint et attaqué le Ramilies. Dans ma croisière précédente, j'aurais pris cinq corsaires que j'ai chassés, et un convoi très-riche, allant de Londres à Lisbonne, que j'ai manqué, pour avoir chassé seize heures im corsaire, qui m'a éloigné de vingt-cinq lieues de ma croisière que j'avais étabUe du cap de la Roqu^ aux BarUngues. Enfin, l'audace avec laquelle le commodore Johnston croise, avec un cinquante canons et quelques frégates, entouré de cinquante vaisseaux de guerre, est une bien forte preuve de ce que je viens d'avancer.

Il paraît, par les efforts qu'on a fait, pour doubler plusieurs frégates et quelques vaisseaux, qu'on a senti l'importance de cette opération ; ainsi, on ne s'occupera dans ce mémoire que des moyens de doubler promptement tous, ou presque tous les vaisseaux du Roi,

Il ne peut y avoir que deux obstacles : l' le manque d'argent ; 2 le manque de matière ouvrée, et peut-être même non ouvrée.

Quand au premier, l'importance de la chose doit l'emporter sur toute autre considération. Si on ne peut augmenter les fonds pour cet objet, qui serait de 7 à 8 millions, il vaudrait encore mieux diminuer les armements, suspendre les constructions, laisser les paiements en arrière. Mais un meilleur moyen , et infiniment plus avantageux, est un emprunt dont on assignerait l'intérêt et l'amortissement sur le tiers réservé à la caisse des Invalides, des prises faites par les vaisseaux doublés et à la paix, sur les fonds de la marine. En faisant croiser sur les côtes d'Angleterre, on ferait des prises immenses, et les corsaires seraient bientôt détruits.

Pour accélérer ce travail, dont la nécessité n'est que trop démontrée, il faut travailler dans les trois grands ports, et en même temps au port-Louis et à Marseille, où l'on peut envoyer les J&:égates et les corvettes. Il faut, en

conséquence, destiner les vaisseaux et autres bâtiments pour chacun des ports où l'on aura la matière et les ouvriers. Voici les moyens qu'on emploiera à Toulon : il y a en Provence deux ou trois martinets à raffiner et à laminer le cuivre, qui ne travaillent que peu, le Roi les prendrait et les donnerait à des entrepreneurs pour y faire travailler avec célérité et multiplier les fonderies, marteaux, engins, etc.

On emploiera à cet usage la forge qui est à Ardennes, près de Toulon. Oh pourra établir aisémment d'autres martinets sur la petite rivière de Gapeau, qui n'est qu'à trois lieues de Toulon, et sur l'Huveaune, qui est près de Marseille. Quand au cuivre, on peut en tirer de toutes les places de commerce, Gfônes, Livoume, Naples, Venise, qui en tirent des mines du Frioul, Constantinople, où il y en a immensément, Smyme, etc.

Il y a des mines de cuivre en Vivarais et en Auvergne, il n'y manque pas de positions pour y établir des martinets, supposé qu'il n'y en eût pas; et, par la Loire, on ferait passer aisément les matières ouvrées à Nantes, et de là à Brest. Les mines du Bigorre peuvent fournir le port de Rochefort.

Si l'on trouve qu'il soit plus expédient de faire venir du cuivre ouvré de Hollande, il faut se servir des frégates doublées et armées en flûte ; qui , n'ayant d'autre mission et marchant bien , éviteraient les croiseurs ennemis. On doit observer qu'il n'y a point d'endroits dans le royaume d'où l'on ne puisse faire transporter dans un des trois grands ports pour 15 francs par quintal ; la matière étant chère par elle-même , les frais de voiture- deviennent un petit objet.

On trouvera aisément au contrôle général l'état des mines du royaume , des engins , etc. ; elles ne peuvent fournir toutes les places de commerce : le Levant , l'Aile* inagne en peuvent fournir plus ou moins.

On ne doit rien négliger pour engager nos alliés à faire de môme; ils marchent si mal en général, qu'il est vraiment impossible de faire la guerre avec eux avec quelque espérance de succès. Dans ce moment nous sommes vingt-sept vaisseaux ; si l'amiral anglais , qui en a trentesix , venait dans ces mers , il conviendrait de manœuvrer de façon à éviter le combat ; tâcher de le réduire à une canonnade et profiter de la première circonstance favorable pour se retirer avec honneur. Cela ne serait pas impossible si la marche des deux armées était à peu près égale ; mais, dans le cas présent, presque tous les vaisseaux anglais étant doublés en cuivre, plusieurs de notre armée j carénés depuis deux ou trois ans , nous serions joints de très-près, et les anglais , étant forts supérieurs en nombre et en forces, notre armée courrait les plus grands risques. Jugez si l'objet mérite considération et s'il était mis sous les yeux du conseil du Roi , pourrait-il y avoir deux avis ? Je sens que j'en dis trop ; mais , l'importance majeure d'une opération qui peut accélérer la paix, la faire faire glorieuse , mérite votre indulgence , et je finis , crainte d'en abuser.

État des vaisseaux de Tescadre de H. de Suffren , à son départ de l'Ile-de-France, le 7 décembre 1781, et avec laquelle il a livré trois combats.

Le HéroSf de 74 canons, vaisseau neuf, construit à Brest (1799).

liAnnibal, de 74 canons, vaisseau neuf, construit à Brest (1799).

12 Orient, de 74 canons, vieux vaisseau , construit â Lorient en 1756, faisait partie de l'escadre de M. de Conflans, se perdit près de Trinquemalay.

Le Sphinx, de 64 canons, vieux vaisseau, construit à Brest en 1 753, faisait partie de Tescadre de M. de Gonflans, se perdit près de Trinquemalay.

Le Vengeur , de 64 canons, vieux vaisseau , construit à Lorient en 1756 , refondu en 1778 , condamné à Bourbon en mars 1784, malgré un radoub complet en 1783, à Trinmalay , et un nouveau à l'Ile de France ; il était arqué de 36 pouces.

Le Bizarre, de 64 canons, vieux vaisseaU; construit à Brest en 1750, fit les campagnes de 1755 et 1757, sous Dubois delà Mothe, refondu en 1779 , se perdit à Goudeloure.

Le Flamand, de 50 canons, vieux vaisseau, construit à Rochefort en 1764, élaitdans l'Inde depuis 1777.

Le Brillant, de 64 canons , vieux vaisseau , construit à Brest en 1759, était dans l'Inde depuis 1776:

L'Artésien , de 64 canons , vieux vaisseau , construit à Lorient en 1763.

Jj Ajax , de 64 canons , vieux vaisseau , construit à Lorient en 1768 ; il était parti armé en flûte.

Le Sévère, de 64 canons, vieux vaisseau, construit à Lorient en 1703 ; il était parti armé en flûte. M. de Cillard, dans son rapport au Ministre, dit que ce vaisseau n'était qu'un bâtiment de commerce nullement disposé pour faire la guerre , en un mot, im mauvais navire.

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