CROCHARD , AUGUSTE
AUGUSTE
El) î bien, qu'est-ce que ça signifie? on ne danse plus, on se repose. ( A part,) Je n'aperçois plus Pauline? où peut-elle être?
CROCHARD , s' approchant mystérieusement d* Auguste, Monsieur. . , j'aurais deux mots à vous communiquer.
AUGUSTE
Parlez, M. Crochard... je serai charme' de ra'entrelenir avec vous... Vous causez fort bien, vous avez des mots trcs-plaisans, que je ne serais pas fâché de retenir. . . ça peut se placer plus tard.
CROCHARD
Monsieur, mes mots n'ont pas besoin d'être placés, ils n'ont pas d'ambition, mes motsj il est inutile de m'en faire dire plus que je ne voudrais., ça viendra tout seul... D'ailleurs je ne crains personne. . , je suis un honnête homme.
AUGUSTE
Ah! ça, mon gros farceur, vous me dites ça d'un toa pathétique. . .
CROCHARD
Il est de fait que je ne peux pas vous parler comme .^ un individu quelconque; on vous connaît, monsieur, tout est découvert.
AUGUSTE
Comment?
CROCHARD
Votre existence sociale est de'voile'e.
AUGUSTE , à part.
Je suis reconnu, ah! tant pis.
#* CROCHARD, à part.
^oyez comme il se trouble ! ( Haut. ) Jeune homme , votre pre'sence en ces lieux est purement arbitraire... je dirai plus , elle est impolitique! Pourquoi humilier l'artisau ? pourquoi lui témoii^ner une méfiance hostile et captieuse ! . . . C'est fort bête î . . . Touvrier aime l'ordre ! . . . il respecte l'ordre... II a besoin d'ordre , Pouvrier!,.. Et puis après ça, on est étonne qu'il se révolte. .. Eh î bien, oui, il se révolte, il se révoltera toujours contre des snesures acerbes et délatoires. ( A part. ( Vlan !
AUGUSTE
Ah! ça, quel galimathias? vous divaguez , mon cher ami I - . .
Air du V audeville de Jadis et Aujourd'hui,
Non, je n'y saurais rien comprendre, Je suis las de vous écouter , Expliquez-vous sans plus attendre.
CROCHARD , à part.
Je ne voudrais pas l'irriter ,
Tachons de prendre un ton moins aigre ;
La douceur nie réussira j
Ce n'est pas avec du vinaigre
Qu'on attrap' ces animaux là.
Jeune homme , je ne vous en yeux pas. . . vous lue faites d(î la peine... et voilà tout... A votre âi^e , avec votre physionomie... comment se fait-il que vous ayez embrassé. . . .
AUGUSTE
Oh ! c'est parce que j'ai embrassé!., .
CROCHARD
Oue vous ayez eu»brass(; une c.irrirre comme la vôtre.
AUGUSTE
Je n'v suis pas du tout!.. .
CROCHARD
Rentre en tol-ménie, jeune suppôt d'un pouvoir occulte! renonce à ton existence illicite! contente-toi du salaire d'un travail honnête; tu mourras peut-être de faim , mais tn vivras honorablement.
AUGUSTE
Ah ! ça , père Crochard , voulez-vous vous moquer de moi.. . Où voulez-vous en venir, à la Gn?
CROCHARD
OÙ je veux en venir? Le voici... vous êtes incompatible avec la société estimable dans laquelle vous avez l'honneur d'être ... Je ne vous dirai pas de vous en aller. . • mais je vous prierai de ne pas y rester plus long-temps.
AUGUSTE
Plaisantez-vous ?
CROCHARD
Du tout, je parle très-sérieusement.
AUGUSTE
On dirait qu'il a juré de me mettre en colère, ce gros imbécile-là.
CROCHARD
Gros imbécile. . . il m'appelle gros imbécile , ( Criant. ) Pot-à-colle! Quelle humiliation! être insulté, et par qui? par un employé du quai des Lunettes !
AUGUSTE ) le prenant au collet.
Misérable !
CROCHARD
A moi ! . . . au secours ! ... à Passassin !
SCÈIVE XX.
LES MÊMES, M^^ DE REVEL, OLYMPE sorfant de In chambre à droite, tous les ouvriers sortant du baU
CHCECJH.
AIR : JVaveiir mortelle. ( rA[>olhicaiic. )
Le danger presse , Que l'on s'empresse, Dé{>échons-nous , Vite , au secours accourons tous.
CROCHARD
Accourez tous.