‹ Le bal du prisonnier, comédie-vaudeville en un acte. Par Léon Guillard et Adrien Decourcelle. Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le théatre du Gymnase, le 27 octobre 1849Chapitre 11 sur 13 · SCENE XV · texte numérisé non relu

SCENE XV

HAMELIN

! justement, vous avez dit le mot... son estime ! Croyezs donc que cela suffise en ménage ?

BAUDELOT

btre dépit, capitaine, prouve à quel point vous l'aimez.

HAMELIN

NoD... vous dis-je... Et si vous connaissiez l'histoire de nos urs...

Comment?

HAMBLIN.

Le comte de Mailly avait jadis sauvé la vie à mon père; la révolution vint et me permit de payer ma dette. Grâce à moi, le comte put émigrer... Grâce à moi, les biens de mademoiselle de Mailly furent respectés... Mais plus tard, la proscription pouvait l'atteindre, je résolus d'en faire ma femme, et je jouai l'amoureux tant bien que mal... Mais comme en moi il n'y a rien que de paternel, en elle il n'y a rien que de filial... et je crois qu'en l'épousant je ferais une sottise sans atteindre mon but.

BAUDELOT

J'ai rencontré d'honnêtes gens dans ma vie, monsieur, mais jamais personne qui vous valût... Tant de droiture, d'abnégation...

HAMELIN

Assez, monsieur; ce ne sont pas des louanges que je viens chercher, c'est un conseil... et je vous crois plus à même qu'un autre de me le donner.

BAUDELOT

. Moi?

k: HAMELIN.

Yous.., [Avec effort.) Cette nuit vous avez causé longtemps ' avec M"® de Mailly, et peut-être avez-vous pu démêler ses véritables sentiments... qu'en pensez- vous?... BxvuELOTf aprè s un temps.

Franchise oblige, capitaine, et s'il faut vous le dire, je crois que le cœur de M"* de Mailly ne vous appartient pas. HAMELIN, se contraignant.

Ah!...

Dans le peu de mots qui lui sont échappés , j'ai cru voir de l'estime, sans doute, de la reconnaissance, assurément; mais je n'ai pas trouvé cette chaleur, cet abandon qui témoigne d'un cœur épris: Et... je crois... sauf meilleur avis, qu'elle vous aime... tout justement... comme vous l'aimez.

26 LE BAL DU PftlSOlSNlER.

' 7 -'H ût^->h»- • • hameÙn.

CSmraiâ jô l%iBâ? f A^ous le voyez, je ne m'abusais pas. Mais ce n'est pas tout : à mon défaut je veux lui trouver un appui solide... et les maris dignes d'elle sont rares par le tfmps qui court. Mais... fràtiôherilêîit, M"«> dé ftldilly nô touââ-t-ellé pas ditaillre chose?...

BAUDELOT, emharraBsé, A moi ?... que voulez-vous qu'elle m'ait dit ?

HAMËtm.-

Qu'elle vous.», aimait, par exemple?

BAUDÉLOT.

Comment?

HAMELtN, i}ite.

Est-ce qu'elle ne vous aime pas?...

BANDELOT.

Que vôUlez-vous dire?

HAMELiN, avec beaucoup d'émotion combattue.

je veux dire qu^elle vous aime,., puisqu'elle eât la. [Mouvement de Baudelot.) Je ne vous demanderai pas raison de votre bonheur et de ma disgrâce; cela convient aux amoureux; et vous voyez bieri que je ne lô suis pas, puisque la sachant ici, j'ai pu vous parler sans colère. "Son, la réparation qu'il me faut est celle qu'on doit à un père. Etes-vous prêt à épouser Amélie, monsieur le comte ?

Baudêlot, avec noblesse, a ^uL 1/

En doutez-vous, monsieur le capitaine? rj'hl *^ ^

HAMELIN

Merci; je n'en voulais pas s iVOir tfavantage. * (Allant à la porte ducahiiu'i.) Amélie, Amélie 1 Venez... mon enfant; dé qui avez-vous peur ici?... de votre... père, ou de votre époux? ne rougissez pas, votre choix est digne de vous, et moi seul j'ai h me faire pardonner des prétentions un peu ambitieuses; mais vous l'avez entunJu, votre- intérêt seul me guidait. Voilà qui est dit : Soyez h unîu'^e!.*. Dès que mon cœur n'eu soufTre pas... vous n'avez point de repro ih^s h voua faire... Pardon.,, je pleure... mais ce s.>nt les larmes dun père qui va quitter sa fille, [A Baudelot.) Allons, nionsieur le comtes le château de Mailly n'est qu'à deux lieues d'ici; prenez la main de ma... do votre fiancée... et Dieu vous garde.

rli 'j]f;/ 1. > i , AHitiB, Itii baisant la main,

Ah^t monsienr!

HAMELIN

Car vous l'aimez, n'est-ce pas ? ' '*

* Amélie, ^amelin, JUdudelot.

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