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II. — L'EMPIRE. LA RESTAURATION

'Empire eul le ballet d'opéra dont les sujets furent tantôt conservés dans le genre Watteau (l'Amour à Cythère, Lucas et Laurette, l'Heureux Retour, etc.), tantôt empruntés à l'antiquité, ou plutôt à une soi-disant telle antiquité que Napoléon, les arts et l'industrie remettaient en honneur. Tels sont par exemple Achille à Scyros, le Retour d'Ulj-sse, Alexandre che\ Apelle, ballets héroïques, réglés presque tous par Gardel, grand maître des ballets. L'Enlèvement des Sabines, balletpantomime historique, en trois actes, fut représenté pour la première fois à Fontainebleau devant LL. MM. le A novembre 1810, l'année du mariage de Napoléon avec Marie-Louise, et passa ensuite à l'Opéra.

Des ballets allégoriques célébrèrent les grands événements du règne; c'est ainsi que l'Opéra représenta le 2 janvier 1807, au lendemain du décret de Berlin établissant le blocus continental, V Inauguration du temple de la Victoire, musique de Lesueur, paroles de Baour-Lormian, ballets de Gardel. Décor : le vestibule d'un temple antique, faisceaux de drapeaux aux colonnes, autel, trépieds sur lesquels brident des parfums. Personnages: un Poète récitant, deux Guerriers récitants, chœur des Poètes, les Muses, des Génies, chœurs et danses militaires. Le temple de la Gloire s'ouvre, Clio ei les Muses gravent sur des tables d'or le nom des braves morts dans les batailles...

De ■ même la naissance du fils de l'Empereur, du roi de Rome, fut célébrée le 27 mars 1811 par un opéra-ballet, tableau allégorique intitulé : le Triomphe du mois de Mars, ou le Berceau d'Achille. Les personnages étaient : l'Aurore, le Printemps, l'Été, l'Automne et l'Hiver, les différents Mois, Janvier, Février, Mars, etc. L'Espérance apportait le berceau du jeune roi et le confiait à Mars qui chantait :

Le fils d'Achille a reçu la naissance.

Et le premier j'aurai la gloire D'avoir vu naître un (ils au plus grand des Césars.

Et le chœur reprenait :

Le 01s d'Achille a reçu la naissance, Pour l'avenir un roi nous est donné; Nous soutiendrons ses premiers pas, Et dans les champs de la vaillance Nous le suivrons jusqu'au trépas.

( ! était, hélas! l'apogée après lequel il faut que décline toute gloire humaine, et dix ans après ce n'était pas le fils d'Achille qui trônait au Louvre près de son père, mais les Bourbons rentrés dans les fourgons de l'étranger.

Ils célébrèrent leur Restauration par des fêtes nombreuses, et, dans leur entreprise générale de rétablissement du passé, l'ancien ballet de Cour auquel prenaient part les plus hauts personnages, et non les professionnels, ne fut pas oublié; c'est ainsi que le

LE BALLET A TRAVERS LES VdKS

lundi gras 2 mars 1829, un ballet selon le type d'autrefois fut donné à la Cour, dans le pavillon de Marsan.

La Pandore, journal quotidien de la littérature, des spectacles et des n fait

mention en ces termes : « Le bal donné le lundi gras dans les appartements des Enfants de France a paru aussi brillant que nouveau. Les draperies elles décorations étaient en harmonie parfaite avec les différents trônes élevés pour figun rémonial des Cours.

Le premier groupe figurait la Cour de François II; on a vu paraître ensuite 1 Cour «le Jeanne d'Albret, la Cour de Henri VIII roi d'Angleterre cl celle de Catherine de Médicis. S. M. et LL. A\. RR. se sont rendues à ce divertissement. » Nous avons chez Castil Blaze qui n'est pas sérieux pour le passé, mais intéressant ici parce qu d'un fait

contemporain, toutes sortes de délails sur ce ballet ou les plus grands noms figurèrent, où Madame représenta Marie Sluart. ci Madame, dit-il, arrivée au pied de l'amphithéâtre, s'assied sur un trône qui lui avait été préparé. Les cheveux crêpés el relevt racine droite, la fraise goudronnée el parsemée de pierres précieuses; habillée d"i:ne robe de velours bleu sous laquelle elle porlail un vertugadin cl qu'ornaient des rivières de diamants dont le prix pouvait s'élever a plus de dois millions, Madame rappelait de la manière la plus frappante les poitrails de la reine d'Ecosse... Près d'elle, debout et découvert, sous le costume de François, dauphin de France, se tenait Monseigneur le duc de Chartres. Les autres personnages, chacun en Unir rang, prirenl place. Lors, un page de la reine mère d'Ecosse vint annoncer la visite de cette souveraine. Marie de Lorraine parut, appuyée sur le bras de François de Cuise, précédée de ses p s suivie de sa cour... Sur un ordre de Madame, les jeunes (illes les plus séduisanles de la Cour exécutent un quadrille réglé par M. Garde!. .le n'essayerai pas de donner une idée de cette danse qui ne fut ni une sarabande, ni une aulre figure chorégraphique du temps, mais dont les grâces naïves et modestes de celles qui l'exécutaient faisaient tout le charme...

« De tous les costumes qui parurent à cette fêle, le seul qui pût rivaliser avec l'ajustement de Madame par la fidélité des délails et la vérité historique, c'esl celui de M. le duc de Richelieu... Son manteau élail doublé d'une étoffe grise, à fleurs d'or, venue d'Orient et semblable à celle que Venise seule fournissait à l'Europe au seizièmi Les

boutons du pourpoint étaient de perles fines. L'épée qu'il portait, du travail le pi - exquis, était une arme de famille dont il avait hérité. »

Celte fêle ne fut pas'la seule de ce genre et l'aristocratie, suivanl l'exemph Cour,

en donnait de semblables dans ses salons. « On a un bal gothique aux i Palais-Bourbon, chez une favorite de la duchesse de Berrj une marq fort

d'avant la Révolution, ressuscite pour une nuit la Cour du roi Henri. Il si dans

ces fêtes costumées un mélange de Ihéàtre el de mondanités dont les le fondent. On quitte une pièce représentée sur le théâtre <,\'ur> salon pour -<■ e aux

quadrilles, et l'on conserve son habit du rôle. Mme de Puibusque a, tout a dément interprété son rôle dans une comédie, mai us -on diad<

de plumes, ce qui lui attire ce mol de M. Decazes : «Tiens, ui (Bouchot, la Restaura/ion).

Les fleurs étaienl alors forl à la mode dans la décoration des apparl réelles qu'artificielles; on en sculptait des corbeilles sur le bois des lits 0 pendules la forme de corbeilles fleuries. Cette mode eul son, influ des bals qu'on dansait alors, el l'on fit des ballets de fleurs anim

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